Actualités VIH

Texte publi� le lundi 7 septembre 2009.

FRÉQUENCE VIH :

RECHERCHE : Une nouvelle molécule pourrait bloquer l’entrée du VIH - FRANCE : Vivre et vieillir avec le VIH - CHINE : Le mystère des seringues du Xinjiang - ÉTUDE : Le raltégravir paraît prometteur pour les traitements de première intention contre le VIH - CLINIQUE : Le point sur abacavir et risques cardio-vasculaires - RÉFLEXION : Retour sur... CROI (2009) over - SUISSE : Chasse au sida dans les rues chaudes - ENTREVUE : « La vie circule beaucoup plus dans les prisons des pays voisins. » - FRANCE : Automédication : des brochures pour savoir - KENYA : Sexualité : Une étude sur le sida primée - FRANCE : Grippe A/H1N1 : les Séro+ parmi les personnes à vacciner en priorité

Arrêt-Stop

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RECHERCHE : Une nouvelle molécule pourrait bloquer l’entrée du VIH

7 septembre 2009

Actualité publiée il y a 5h31mn

La revue Nature Chemical Biology publie les résultats de recherche d’une équipe de recherche française ayant réussi à développer une nouvelle molécule appelée CD4-HS capable de bloquer l’entrée du VIH dans les cellules. Une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse visant à agir bien avant l’entrée du virus dans la cellule. Les chercheurs sont issus de cinq organismes, le CEA, le CNRS, l’Institut Pasteur, l’Université Joseph Fourier et l’Université Paris-Sud 11.

Contrairement aux traitements actuellement disponibles, qui visent à bloquer la réplication du virus, cette alliance tout à fait originale entre un sucre et un peptide représente une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse visant à agir bien avant l’entrée du virus dans la cellule. Depuis le début de l’épidémie du Sida, 60 millions de personnes ont été infectées par le VIH et plus de la moitié en sont décédées. La mise au point de quelques 25 molécules thérapeutiques a considérablement augmenté la survie des patients. Néanmoins, la plupart d’entre elles cible la réplication du virus dans la cellule, aucune ne permet son éradication. En outre, l’utilisation de ces molécules s’accompagne d’effets secondaires importants souvent difficiles à supporter et l’on observe l’apparition de nombreuses résistances. L’étude du virus reste donc indispensable pour définir de nouvelles stratégies thérapeutiques. Parmi ces stratégies, certaines visent à bloquer l’entrée du virus dans la cellule. La glycoprotéine gp120 située sur la membrane du virus pourrait être une cible pharmacologique de choix puisqu’elle permet la reconnaissance par le virus d’un récepteur sur la cellule, la molécule CD4. La fixation de gp120 sur CD4 induit un remaniement conformationnel2 aboutissant à l’exposition d’un nouveau site qui est impliqué dans la reconnaissance d’une deuxième molécule cellulaire agissant comme corécepteur3. C’est cette reconnaissance qui va permettre l’entrée du virus dans la cellule. La difficulté à utiliser gp120 comme cible réside donc dans le fait que le site dont le blocage conduirait à l’inhibition de l’entrée virale n’est accessible que lorsque le virus est déjà lié à CD4 et a déjà engagé le processus qui conduira à l’infection. Depuis plusieurs années, les chercheurs de l’Institut de Biologie Structurale (IBS) abordent les étapes d’interactions entre le VIH et les cellules hôtes sous un angle différent, en caractérisant l’interaction entre la gp120 du VIH et un troisième partenaire : les héparanes sulfates (HS) qui présentent la propriété d’interagir avec de très nombreuses protéines, dont ils régulent les activités biologiques. Le virus VIH utilise cette propriété pour se fixer à la surface des cellules. S’appuyant sur des études précédentes ayant montré que les HS pourraient être utilisés pour bloquer l’entrée du virus dans les cellules, ces chercheurs ont conçu une nouvelle molécule : CD4-HS. Ce composé exposerait le domaine de liaison aux corécepteurs, le rendant ainsi accessible pour être alors reconnu et bloqué par HS… (suite de l’article)

Source : http://www.santelog.com/

FRANCE : Vivre et vieillir avec le VIH

lundi 7 septembre 2009

Sida Info Service lance une enquête auprès des personnes séropositives de 40 ans et plus afin de faire un état des lieux des conditions financières (ressources, logement, etc.), sociales (minima sociaux, parcours professionnel, etc.) et affectives (entourage) de ces personnes.

Ce questionnaire s’adresse à toutes les personnes vivant avec le VIH et âgées de 40 ans et plus. La participation est anonyme. Si vous êtes concerné(e)s, merci de participer à cette étude

En 2008, Sida Info Service a écouté les inquiétudes de près de 6 000 personnes vivant avec le VIH. Plus de la moitié étaient âgées d’au moins 40 ans. En soutenant et en accompagnant depuis près de 20 ans les malades, Sida Info Service a une place privilégiée pour relayer les difficultés des personnes séropositives.

Source : http://www.sida-info-service.org/

CHINE : Le mystère des seringues du Xinjiang

Par Arnaud de la Grange le 6 septembre 2009

La mystérieuse affaire des attaques à la seringue au Xinjiang et les troubles qui en ont découlé ont fini par secouer le pouvoir chinois. Le patron du Parti communiste d’Urumqi, Li Zhi, a été limogé samedi. La tête du responsable de la police de la région est tombée aussi, aux termes de trois jours de manifestations qui ont fait 5 morts et au moins 14 blessés.

Si Urumqi avait renoué ce week-end avec un calme précaire, la tension restait vive et les rues quadrillées par des milliers d’hommes des forces anti-émeutes, qui ont encore du faire usage de gaz lacrymogène pour disperser une manifestation. Les troubles avaient commencé jeudi, quand plus de 10 000 manifestants avaient protesté contre la détérioration de la sécurité. Sujet de l’ire, une vague d’attaques à la seringue qui a conduit 531 personnes à demander des soins dans les hôpitaux. Selon les autorités, 171 d’entre elles d’entre elles seulement portaient des signes apparents de piqûre. Ce « terrorisme à la seringue », comme le disent des internautes chinois, reste bien nébuleux. On ne sait ce que ces seringues contenaient et même si elles étaient remplies. Personne pour l’heure n’aurait été infecté. Des médecins militaires ont rassuré la population en disant hier qu’il n’y avait pas de risque de contamination du Sida, même si 22 personnes étaient suivies pour des risques d’infection. Il reste difficile de faire la part de réalité et de psychose alimentée par la rumeur. L’agence Chine Nouvelle reconnaissait d’ailleurs ce week-end que beaucoup de ces piqûres se sont avérées être des attaques de moustiques ou d’autres causes qu’une aiguille de seringue. Ces attaques auraient surtout visé des Hans et sont imputées à des Ouïgours, même si cette communauté aurait aussi été touchée. Les autorités ont cependant annoncé avoir arrêté 25 personnes, des Ouïgours. Quatre d’entre eux (des toxicomanes apparemment) ont été inculpés pour « mise en danger de la sécurité publique » et quatre autres devaient être formellement arrêtés… (suite de l’article)

Source : http://blog.lefigaro.fr/

ÉTUDE : Le raltégravir paraît prometteur pour les traitements de première intention contre le VIH

Date d’affichage : 04/09/2009

Sean R. Hosein

Les chercheurs étudient différents médicaments anti-VIH possédant une puissante activité antivirale dans le but de déterminer leur potentiel à titre de traitements de première intention contre l’infection au VIH. Un de ces médicaments s’appelle le raltégravir, qui est vendu sous le nom d’Isentress.

Le raltégravir appartient à une nouvelle classe de médicaments anti-VIH appelés inhibiteurs de l’intégrase. L’action de ces médicaments consiste à inhiber une enzyme dont le VIH a besoin pour faire de nouvelles copies de lui-même. En Australie, au Canada et dans l’Union européenne, le raltégravir est approuvé pour le traitement des personnes séropositives déjà traitées, à condition qu’il soit utilisé en combinaison avec d’autres médicaments. À l’heure actuelle, ce médicament est à l’étude à titre de traitement de première intention (traitement donné à une personne qui n’a jamais pris de médicaments anti-VIH auparavant). Des volontaires séropositifs qui n’avaient jamais reçu ni de raltégravir ni d’éfavirenz (Sustiva, Stocrin) ont été recrutés pour un essai clinique appelé STARTMRK. Plusieurs lignes directrices stipulent que les traitements à base d’éfavirenz sont à privilégier pour le traitement initial de l’infection au VIH, ce médicament s’offrait donc comme choix logique pour cette étude. Pour réduire la possibilité d’une interprétation biaisée des résultats, les pharmaciens qui fournissaient les médicaments utilisés dans cette étude ont également fourni des pilules factices (placebos) de raltégravir et d’éfavirenz. Ni les participants ni les chercheurs ne savaient qui recevaient quoi avant la fin de l’étude ou encore jusqu’à l’abandon de celle-ci par un participant. Au bout d’un an, les chercheurs ont trouvé que les deux combinaisons (éfavirenz ou raltégravir avec d’autres médicaments) étaient très efficaces. De plus, dans un éditorial publié dans la revue Lancet, d’autres chercheurs ont affirmé que, à en juger par les résultats de l’essai STARTMRK, « le raltégravir semble avoir l’avantage sur l’éfavirenz en ce qui a trait à l’innocuité et à la tolérance »… (suite de l’article)

Source : http://www.catie.ca/

CLINIQUE : Le point sur abacavir et risques cardio-vasculaires

Par Laurence Slama, Hôpital Tenon (France) 09/09/09

L’abacavir (ABC), molécule antirétrovirale de la famille des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) parmi les plus prescrites, a fait beaucoup parler d’elle cette année à la CROI.

Cet article a été publié dans Transcriptases n°141.

Déjà en 2008, lors de la Conférence de Mexico (lire Transcriptases n° 140), l’association entre ABC – ainsi que d’autres molécules – et un surrisque cardio-vasculaire était ressortie de façon inattendue des analyses statistiques. Pour cette CROI 2009, la question était de savoir si les données françaises de la French Hospital Database on HIV (FHDH) allaient infirmer ou confirmer les données issues d’autres bases à l’instar de Data collection on Adverse events of anti-HIV Drugs (DAD). Rappel des événements puisque ces données ont bel et bien été corroborées par l’étude française présentée lors de la CROI 2009.

Bien que la morbi-mortalité des patients infectés par le VIH ait diminué de façon drastique depuis la mise à disposition de thérapeutiques antirétrovirales hautement actives (HAART), d’autres problématiques ont émergé et en particulier celle d’une possible augmentation du risque cardio-vasculaire induite par les traitements antirétroviraux. Le débat s’est focalisé majoritairement sur la seule molécule d’ABC mais le risque de maladies cardio-vasculaires, et en particulier celui de l’infarctus du myocarde (IDM), reste plus élevé dans les populations infectées par le VIH comparées à la population générale. La durée d’exposition aux antirétroviraux et en particulier aux antiprotéases boostées par le ritonavir (IP/r) a largement été décrite comme facteur de risque pouvant expliquer ce surrisque. Manifestement, les données actuelles présentées largement lors de la dernière CROI complexifient un peu plus le débat… (suite de l’article)

Source : http://www.vih.org/

RÉFLEXION : Retour sur... CROI (2009) over

Par Gilles Pialoux, vih.org 04/09/09

Après un voyage confortable mais épique(1), la CROI 2009 devait sentir bon le sirop d’érable et la francophonie... Las, cette première CROI au Québec n’a pas mis la francophonie à l’honneur (les assertions en français à l’adresse des francophones tant de la part de John Mellors – « il fait froid dehors mais j’espère que la science vous tiendra chaud... » – que des orateurs français ont plutôt fait un bide devant une conférence restée, en dépit du move, typiquement US...). Mais elle aura bénéficié aux orateurs/trices français(e)s puisqu’il en était tous les jours qui causaient : Anne-Geneviève Marcellin, Yves Levy, François Clavel, Dominique Costagliola, Karine Lacombe, etc.

Cet article a été publié dans Transcriptases n°141.

Le programme 2009 a vu certaines sessions céder plus à l’effet-mode qu’à la nouveauté scientifique, à l’image de la session 10 sur les nouveaux outils de réduction des risques sexuels. Là où d’autres attendaient d’hypothétiques résultats en termes de PrEP qui ne viendront au mieux qu’en 2010. Sharon Hillier (CO #19) a néanmoins dressé les fonds baptismaux de cette recherche préventive pré-exposition en présentant notamment le design de l’essai IPrEx, mené sous les bons hospices de la fondation Bill Gates sur 11 sites, quatre continents, avec la participation de 3000 MSM à « haut risque VIH » et présenté comme « le seul essai d’efficacité chez les gays ». D’autres études de PrEP étant menées sur d’autres populations, telles que les femmes : CAPRISA 0004, FEM PrEP, VOICE study pour « Vaginal and Oral Inter­vention to control the Epidemy »... Dans l’attente, on a dû se contenter de mises à jour sur des outils – ou non-outils – connus dans la prévention du VIH. Outils/non-outils dont certaines des données sont publiées depuis plus d’un an, quand ce n’est pas depuis huit années pour ce qui est des études sur les couples sérodiscordants dans la province de Rakai (Ouganda). Avec en filigrane la question de la transmission (hétéro)sexuelle et l’échec actuel des microbicides. Même si, comme cela a été rappelé à cette CROI, on est en train de passer des produits « non efficaces voire toxiques » (nonoxynol 9) à ceux « moins efficaces qu’attendu ». A noter néanmoins sur le front des gels microbicides deux points issus de l’essai HPTN 035 invité en late breaker (#48 LB) qui méritent attention : 1) L’observance est une donnée sans doute majeure des études de prévention sexuelle. Ainsi dans l’étude Caraguard, l’utilisation d’un « mouchard » électronique contrôlant l’ouverture du tube de gel de microbicide a montré un écart saisissant entre utilisation contrôlée (42%) et utilisation « self-reported » (96%) ! Sans que l’on sache précisément d’où viendrait ce « gap » et le mensonge qui l’accompagne : sous-utilisation du gel ou sur-déclaration des relations sexuelles ? 2) On a sans doute sous-estimé que l’insuffisance de l’utilisation des microbicides masque, dans les pays du Sud, un autre problème, celui des grossesses observées durant les essais de microbicides : 44/100 personnes année dans un essai conduit au Ghana. D’où la nécessité de développer des barrières génitales pour les femmes qui puissent être utilisées en cas de grossesse.

Omniprésence de la neurologie

Autre effet de mode, le poids US en plus, pour ce qui est de l’omniprésence dans cette CROI 2009 de la neurologie. Plus précisément il s’agissait des « troubles cognitifs » et d’une lecture très américaine, si ce n’est très « pensée unique », de la survenue (croissante ?!) des troubles cognitifs au cours de l’infection à VIH. Pour mémoire (!), les critères Charter qui classent les molécules antirétrovirales en trois scores – zéro, 0,5 ou 1 – en fonction de leur degré de passage dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) ont, depuis la CROI 2008, tant et tant agité les prescripteurs, les personnes atteintes et plus encore les industriels du médicament antirétroviral. A commencer par les firmes des molécules classées « zéro » ! Autant critiqué qu’utilisé, ce fameux score de Charter/Letendre vaut depuis à son inventeur, Scott Letendre, de faire le tour du monde pour le présenter. Mais la neuro-VIH, malgré plus de quatre sessions et une multitude de posters est bien complexe. Et l’épreuve du temps est parfois cruelle puisque sont parus depuis dans AIDS les résultats tant attendus de l’essai ACTG 736(2), cosignés par le même Scott Letendre, et où il apparaît en conclusion que si les neuro-HAART, celles qui présentent précisément un bon score de pénétration dans le LCR, permettent bien de mieux contrôler la charge virale intrathécale (dans le LCR), il n’y a aucune corrélation avec le contrôle des troubles neuro-cognitifs ! Donc une certaine prise de position négative quant à la question de savoir si la classification Charter a le moindre impact clinique. Les grands essais thérapeutiques randomisés ont été – si l’on fait abstraction de la suite et fin des essais cliniques menés avec l’IL2 – boutés en posters. Soit qu’il s’agisse de sous-études (EASIER, ARTEMIS, STARTMRK...) soit qu’il s’agisse de résultats à la semaine 96 (BENCHMRK, STEAL...). Pour les pays du Sud, la CROI est désormais dans le concept de réalité avec une session spécifique centrée sur les traitements de deuxième ligne en Afrique ; session africaine, certes, mais totalement anglophone (Afrique du Sud, Kenya, Zambie, Ouganda...). Nord et Sud trouveront néanmoins leur compte dans les sessions dévolues à l’enfant (qui grandit avec le VIH), à la grossesse sous antirétroviraux (tenofovir, atazanavir...), et au passage de ces molécules dans le lait maternel comme possible outil de prévention. Reste que cette CROI 2009, au-delà du clin d’œil à la francophonie, sera aussi celle d’un peu d’humilité : c’est si rare de ce côté de l’Atlantique... Une session y est en effet consacrée aux « Learning from negative trials ». C’est dire.

Antirétroviraux et toxicité

Pour ceux qui se penchent plus précisément sur les antirétroviraux et leur toxicité, cela va être de plus en plus complexe ! Complexe à interpréter d’abord, complexe pour les personnes atteintes et traitées, complexe pour les prescripteurs, complexe pour les experts qui doivent émettre des recommandations, complexe pour les laboratoires impliqués, complexe pour les agences d’évaluation... Et la récente mise à jour du rapport d’experts 2008, dit rapport Yeni, n’atteste que très partiellement de cette complexité là. D’où une affluence des grands jours dans la salle 710, plus remplie que pour un match de hockey local, les pom-pom girls en moins. Si l’on exclut une présentation de pharmacocinétique sans intérêt, plusieurs « matchs » semblaient se jouer, là, dans cette session à guichet fermé. Celui de deux grandes cohortes tout d’abord : DAD sorti de la confidentialité des posters de la CROI 2008 d’une part et notre french cohort DMI2 (FHDH) d’autre part. En filigrane une question qui semblait monopoliser toute l’attention : la FHDH viendrait-elle contredire la DAD study sur le risque d’infarctus du myocarde accru sous exposition récente à l’abacavir ? En fait non ! Globalement, les deux études cas-contrôles épinglent un risque accru pour l’exposition à deux nucléosidiques et à deux inhibiteurs de protéases. Même si à la marge les résultats sont différents. Mais pour peu émergerait en post CROI 2009 un discours commun pour la prise en charge des troubles cognitifs, des facteurs de risques cardio-vasculaires et même des troubles hépatiques : tout cela est multifactoriel et commençons par « balayer » les facteurs de risques objectifs et corrigibles avant de se pencher sur le rôle éventuel des antirétroviraux. Ici dans le neuro-cognitif on peut citer comme facteurs indiscutables de vieillissement cérébral les toxiques, l’alcool, l’hyperinsulinisme, le VHC, etc., là dans le cardio-vasculaire le tabac, l’inactivité, le BMI, les dyslipidémies... Autre match, celui qui opposait les présentations sur l’altération de la fonction rénale en début de session versus les deux communications sur le risque cardio-vasculaire : qu’est-ce qui a le plus d’impact clinique ? Chacun, en la matière, était sans doute venu avec ses bébittes(3). Le principe de précaution – spécialité ô combien française – qui voudrait que l’on « écarte », faute de preuves tangibles ou dans l’attente d’études complémentaires qui peuvent ne jamais arriver, les molécules présentant un risque accru pour le myocarde devrait en effet logiquement s’étendre à celles qui favorisent l’altération des fonctions rénales, la dyslipidémie, le syndrome métabolique, la lipodystrophie, la stéatose hépatique, les troubles cognitifs, l’ostéomalacie, le vieillissement accéléré, la baisse de la libido... etc. En clair, à la sortie de la dite session 9 et des posters qui pullulaient sur les troubles cognitifs ou les atteintes rénales, une seule question : que restait-il à prescrire ?

NB : ce texte reprend en partie la chronique tenue quotidiennement par l’auteur sur le site de la Lettre de l’Infectiologue en partenariat avec BMS

1. Regard amusé de nos hôtes d’Air Canada devant les quatre heures d’attente dans l’avion à l’aéroport de Roissy suite à un petit centimètre de neige !

2. Marra CM et al., « Impact of combination antiretroviral therapy on cerebrospinal fluid HIV RNA and neurocognitive performance », AIDS, 2009, 23, 11, 1359-66

3. « préjugés » en québécois

Source : http://www.vih.org/

SUISSE : Chasse au sida dans les rues chaudes

PRÉVENTION | Milieux médicaux et association de défense des prostituées battent le pavé dans le quartier chaud lausannois. Objectif : sensibiliser les clients à la nécessité de se protéger du sida. Reportage.

PASCALE BURNIER | 07.09.2009

Talons aiguilles, la jupe qui recouvre à peine les formes, la dentelle sexy qui orne la poitrine aguicheuse. Les prostituées ont rejoint chacune leur secteur. Avec elles, le début de la valse des voitures. A chaque paire de jambes, l’accélérateur s’assoupit, histoire de faire son choix. Sévelin et ses rues chaudes de Lausanne. 22 heures, une scène quasi banale.

Ordinaire, si ce n’est que ce jeudi, les amateurs de sexe tarifé se font aussi aborder. Un « bonsoir » et un préservatif offert comme appât. Pas de préliminaires, on parle de sexe, mais surtout de prévention. « Est-ce que vous vous protégez ? » lâche sans artifice Yolande, médiatrice. Quelques secondes, les bons mots, et la voiture se range sur le côté. Deux jeunes, à peine 20 ans, vêtements étudiés avec soin, petite chaînette en or. « On vient juste mater. Nous, on n’a pas besoin de ça », tient à préciser l’un d’eux.

Trop de lacunes

Ici, pas de jugement. Munie d’un questionnaire, Yolande aborde la question de leurs pratiques sexuelles et leur propose un test de dépistage VIH sur place. Deux bus à l’abri des regards et quinze minutes suffisent pour savoir si le virus a sévi. Nom de l’opération : Don Juan. Secondés par l’association de défense des prostituées Fleur de pavé, la Policlinique médicale universitaire (PMU), le CHUV et le Département de la santé et de l’action sociale réitèrent, pour la deuxième année consécutive, un dépistage de cinq jours au cœur des rues chaudes de Lausanne. Yolande poursuit la conversation et distribue aux deux jeunes une petite fiche détaillant les statistiques des personnes infectées par le sida et autres infections sexuellement transmissibles (IST). Les deux hommes sont perplexes. « Le sida, je sais ce que c’est, mais la sy-phi… lis, c’est quoi ? » Les lacunes sont là. Sur le trottoir, Marie, 34 ans. Au Brésil, elle était infirmière. Pas assez d’argent pour vivre. Elle a décidé de quitter son pays pour vendre son corps au plus offrant. La journée, elle enchaîne les ménages, et trois nuits par semaine elle rejoint Sévelin. Les risques d’infection, elle connaît. « Plus de la moitié des clients me demandent de ne pas mettre de préservatif », balance-t-elle avec son accent chantant. « Moi, je refuse. Mais, chez les prostituées aussi, c’est la crise. Les Espagnoles et les Dominicaines cassent les prix. Avant, c’était 100 francs pour la pénétration et la fellation. Aujourd’hui, certaines descendent jusqu’à 50 francs. Alors, lorsqu’un client paie plus pour un rapport non protégé, certaines filles acceptent. »… (suite de l’article)

Source : http://www.24heures.ch/

ENTREVUE : « La vie circule beaucoup plus dans les prisons des pays voisins. »

vendredi 4 septembre 2009

Entretien réalisé par Alain Miguet pour Sida Info Service

Questions à…

Florence Aubenas, nouvelle présidente de l’Observatoire international des prisons (OIP)

Sida Info Service (SIS) : En 2008, 115 suicides se sont produits dans les prisons françaises, un record (hausse de 20 % par rapport à 2007), sans compter les suicides de gardiens. Avez-vous l’impression que les choses peuvent changer en 2009 ?

Florence Aubenas (FA) : La configuration actuelle et le jeu de mesures que propose le gouvernement ne me laissent rien espérer. La population carcérale continue d’augmenter et les services de soins sont débordés sans que l’on songe à accroître le personnel pénitentiaire. Quand un détenu se trouve dans un moment de détresse, il n’a personne à qui parler. C’est un peu la configuration SOS Suicide Ne quittez pas ! Il n’y a personne au bout du fil. Pour le coup, parler de contacts humains dans un contexte de surpopulation carcérale, ça paraît grotesque.

SIS : L’OIP a-t-il eu des contacts directs avec le nouveau ministre de la Justice Michelle Alliot-Marie pour parler de ces questions ?

FA : Aucune rencontre n’a eu lieu car nous n’en avons pas sollicitée, ce qui ne nous empêche pas de critiquer les récentes mesures annoncées par le garde des Sceaux. En ce qui concerne la prison, le fond de la question, ce sont les droits de l’homme et les traitements inhumains et dégradants occasionnés aux détenus. De nombreux rapports, qu’ils soient français ou européens, témoignent de cette situation. Nous ne parlons pas de l’absence de plantes vertes à l’infirmerie, de télécommandes détériorées, ou de la nourriture qui serait servie froide. Nous parlons droits de l’homme, et les pouvoirs publics nous répondent en l’occurrence pyjamas qui ne se déchirent pas ! [Le ministre de la Justice propose des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons - NDLR] Ces « réponses » ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu.

SIS : Comment des pays comme l’Allemagne ou l’Italie parviennent-ils à réduire le nombre de suicides dans leurs prisons ? Y aurait-il au moins une mesure dont la France pourrait s’inspirer ?

FA : La France accumule une situation de surpopulation carcérale et un manque de personnel à tous les niveaux. Les modalités de circulation dans les prisons « portes ouvertes portes fermées » changent en fonction des problématiques sécuritaires. Plus qu’une mesure particulière et universelle, je constate que la vie circule beaucoup plus dans les prisons de nos voisins. Un psychiatre de l’OIP a une analyse intéressante sur le suicide en France. Dans la vie du dehors, les gens qui réussissent leur suicide sont des personnes âgées. Les jeunes font des tentatives de suicide mais se ratent. En prison, ces mêmes jeunes réussissent leur passage à l’acte. Pourquoi ? Parce qu’à l’extérieur quelque chose va venir interrompre l’idée du suicide. Finalement, l’idée passera comme elle est venue. Le portable sonnera, un copain ou une copine passera à l’improviste... Et la vie reprendra son cours. En prison, rien ne vient interrompre ce moment. On est seul avec son mal-être et on rumine. Rien ne vient troubler cet état : le gardien qu’on appelle et qui ne vient pas, la visite à l’infirmerie qu’on attend depuis trois semaines... Cette analyse me semble assez bien vue, même si les mécanismes sont complexes bien sûr… (suite de l’article)

Source : http://www.sida-info-service.org/

FRANCE : Automédication : des brochures pour savoir

Le 07 septembre 2009

Cinq nouvelles brochures consacrées à l’automédication sont diffusées par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Leur objectif est d’informer et d’éduquer les personnes à un bon usage des médicaments en accès direct dans les pharmacies. Les nouvelles fiches concernent notamment la diarrhée passagère chez l’adulte. Il y a un an, le gouvernement prenait la décision, pour des raisons économiques (puisque vous n’êtes pas remboursés dans ce cas), d’autoriser la mise à disposition en accès libre d’un certain nombre de spécialités pharmaceutiques. Plus de 250 médicaments sont concernés par ce libre accès devant le comptoir. Ces dépliants intitulés "Bien vous soigner avec des médicaments disponibles sans ordonnance" visent à "encadrer" cette pratique de l’automédication qui n’est pas anodine. Ces documents complètent une première série de dépliants (sortis en 2008) qui concernaient la douleur, l’herpès labial, le rhume, la conjonctivite, etc. Par ailleurs, un autre dépliant portant, lui aussi, sur l’automédication existe dans les pharmacies : "Tout ce que vous devez savoir sur les médicaments en accès direct dans votre pharmacie". Ce dernier rappelle les sept règles du bon usage de ces médicaments. Plus d’infos et accès aux brochures sur http://www.afssaps.fr/, rubrique Dossiers thématiques.

Source : http://www.seronet.info/

KENYA : Sexualité : Une étude sur le sida primée

Sources : Onusida

Date : 05-09-2009

Le prix IAS a été créé en 2006 pour récompenser l’excellence des travaux d’une chercheuse d’un pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires. Il concerne le domaine de la recherche ou de la pratique, sur les femmes, les filles et les questions sexospécifiques relatives au VIH.

La Société internationale du sida (IAS) et ses partenaires ont choisi Dr Linnet N. Masese, du Kenya, comme lauréate pour cette année du Prix de la jeune chercheuse sur la question des femmes, des filles et du VIH pour cette année 2009. Elle a réalisé une étude prospective des effets des traitements antirétroviraux sur les comportements sexuels à risque dans une cohorte de femmes kenyanes très exposées au risque d’infection. La récompense, comprenant une prime de 2 000 dollars, a été remise pendant la session plénière de l’IAS du 22 juillet, par le Dr Julio Montaner, président de la Société internationale du sida, et le Dr Catherine Hankins, conseillère scientifique principale de l’ONU/SIDA.

Pathogénie

Le Dr Linnet N. Masese a obtenu son diplôme de médecine à l’Université de Nairobi (Kenya) en 2003. Elle est également titulaire depuis 2008 d’un master en santé publique (épidémiologie et santé internationale) de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis). Elle dirige actuellement la section clinique de l’Université de Nairobi et du site de l’Université de Washington à Mombasa. Elle bénéficie du soutien du Centre international Fogarty sous la forme d’un poste universitaire dans le pays attribué par le programme international de formation et de recherche sur le sida de l’Université de Washington. Dans le cadre de cette fonction, elle dirige deux études intitulées « Étendre la durabilité des traitement de première intention : étude pilote sur les traitements antirétroviraux administrés directement » et « Santé vaginale : une approche comportementale innovante visant à réduire la transmission du VIH et des IST »… (suite de l’article)

Source : http://www.lexpressmada.com/

FRANCE : Grippe A/H1N1 : les Séro+ parmi les personnes à vacciner en priorité

04/09/2009 G.L. - Actualités Gay

Le Parisien-Aujourd’hui en France révèle la liste des personnes prioritaires pour la vaccination, liste qui sera soumise lundi au Haut Comité de santé publique avant arbitrage ministériel...

Ce ne sont pas moins de 15 millions d’habitants français qui seraient jugés prioritaires pour la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 selon Le Parisien-Aujourd’hui en France qui révèle le périmètre de priorité vaccinale établi par les experts du Ministère de la Santé.

Cette liste concerne avant tout des personnes fragilisées par des infections respiratoires ou immunodéprimées. Sans surprise, les séropositifs font partis des personnes à vacciner en priorité compte tenu de l’affaiblissement de leur système immunitaire. Pour les personnes « en bonne santé », 800.000 femmes enceintes et 2 millions d’enfants de moins de 2 ans sont considérés comme personnes à vacciner en priorité compte tenu des cas cliniques déjà observés. Sont également concernés les personnels soignants. La liste des pathologies chroniques concerne 9 millions de personnes : asthmatiques, insuffisants respiratoires, immunodéprimés et insuffisants cardiaques. La grippe saisonnière habituelle atteint annuellement 5 à 15 % de la population mondiale et ferait entre 250 000 et 500 000 décès. Alors que les personnes les plus touchées par la grippe saisonnière sont les personnes âgées, elles seraient moins à risque pour la grippe A/H1N1. Toutefois, comme la grippe classique, la grippe A/H1N1 touche particulièrement les personnes affaiblies, atteintes de maladies chroniques. Si la vaccination n’est pas obligatoire, elle est fortement recommandée pour ces populations. Déjà, concernant les séropositifs, une recommandation vaccinale anti-pneumococcique (vaccin Pneumo 23®) a été relayée, la grippe A-H1N1 pouvant entrainer des syndromes de détresse respiratoire, cause principale des complications graves constatées et des décès répertoriés… (suite de l’article)

Source : http://citegay.fr/

[1] Wikimedia Commons Steven Spell : Bilingual stop sign in Ottawa, Ontario



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