Actualités VIH

Texte publi� le lundi 7 décembre 2009.

QUÉBEC : INSP : Injection de drogues : Superviser pour éviter les maladies - LIVRES : Pour une éthique de la prévention - FRANCE : Enquête : Disparités dans la connaissance du VIH chez les jeunes Français - OPINION : Internet dans la prévention du VIH chez les gays - TRAITEMENTS : Premier traitement : nouvelles recommandations US - TRAITEMENTS : Kaletra® moins sûr en une prise par jour qu’en deux - SUISSE : Ma vie quotidienne avec le sida - NOUVELLE-ZÉLANDE : il va être jugé pour avoir inoculé le virus du sida à sa femme....pendant qu’elle dormait - CONGO BRAZZA : Un taux de VIH moins élevé, mais toujours des inquiétudes - ANGOLA : Un couple séropositif plus heureux que jamais

UDI

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QUÉBEC : INSP : Injection de drogues : Superviser pour éviter les maladies

Mise à jour le dimanche 6 décembre 2009

L’Institut national de la Santé publique (INSP) veut que Québec permette aux toxicomanes de se piquer dans des sites supervisés. L’organisme fait cette recommandation dans un avis en ce sens publié vendredi et que Radio-Canada a décortiqué.

Selon le rapport de l’Institut, ces sites sont peut-être la solution au problème de propagation du VIH et de l’hépatite C. Ces maladies ont une grande incidence chez les toxicomanes. De nombreux organismes communautaires et de services sociaux, qui aident les toxicomanes, demandent depuis longtemps l’ouverture de sites d’injections supervisés. Le ministre de la Santé Yves Bolduc est plutôt réfractaire au projet. Au Québec, 30 000 personnes, soit l’équivalent de la population de Rouyn-Noranda, s’injectent de la cocaïne, du crack, de l’héroïne ou du dolodyl, la drogue « chouchou » des toxicomanes en ce moment. Roger Gaudet a longtemps pris de la coke. « Moi, je me suis injecté dans des caisses populaires, des banques de Montréal, j’ai été partout l’hiver. Es-tu capable de t’injecter à moins 40 degrés dehors ? Tu te crisses ça dans le bras, la coke gèle, pis tu te pètes la veine. Regarde, c’est plus de méfaits, moi je suis pour les centres d’injections. » L’Institut national de la Santé publique aussi croit que les sites d’injections supervisés peuvent régler une foule de problèmes. Lina Noël est chargée de projet à l’INSP. « Souvent les personnes souffrant de toxicomanie, qui sont fortement intoxiquées, vont se retrouver à l’urgence. Dans les villes où il y a des sites d’injections supervisés, on a constaté que l’achalandage des urgences était diminué. » Les sites d’injections pourraient aussi aider à limiter les infections liées à la consommation. C’est ce que croit Sophie Sénécal de l’Association québécoise pour la défense des droits et l’inclusion des personnes qui consomment des drogues. Au Québec 17 % des personnes qui consomment sont infectées au VIH. Quand on parle de l’hépatite C, on parle de 68 % des gens avec qui qu’on travaille. Chaque année on en voit mourir, pis c’est des morts qui pourraient être évités. » Les sites d’injections supervisés font consensus dans les milieux médicaux et communautaires depuis quelques années. L’ex-ministre de la Santé Philippe Couillard avait d’ailleurs ouvert la porte à l’idée, mais son successeur Yves Bolduc l’a complètement refermée. Le ministre Bolduc croit que le Québec n’est pas prêt pour cela. Le porte-parole de l’opposition péquiste sur la Santé, Bernard Drainville, croit que le ministre se trompe. « Moi, ce que je dis, c’est que là, Monsieur Bolduc, vous avez un rapport qui vous dit que ça du sens. Mettez de côté vos opinions personnelles, pis regardez les évidences scientifiques qui disent si tu veux aider les personnes qui utilisent la drogue par injection, si tu veux réduire le risque de retrouver des seringues souillées dans les parcs, pis diminuer les coûts en santé, les sites d’injections sont une bonne idée. » Le ministre Yves Bolduc n’a pas voulu commenter les conclusions du rapport de l’INSP… (suite de l’article)

Source : http://www.radio-canada.ca/

LIVRES : Pour une éthique de la prévention

dimanche 06 décembre 2009

Titre du livre : Le principe de prévention, Le culte de la santé et ses dérives

Auteur : Patrick Peretti-Watel, Jean-Paul Moatti

Éditeur : Seuil/République des idées

Date de publication : 01/11/09

N° ISBN : 978-2021009958

Fanny VERRAX

Si vous avez passé un peu de temps sur le Web avant de venir nous rendre visite sur Nonfiction.fr, vous êtes peut-être tombés sur le trailer de la Mairie de Paris destiné à décourager les jeunes de s’adonner au binge drinking, cette pratique consistant à boire un maximum d’alcool en un minimum de temps. Le film a pour slogan « trop boire c’est le cauchemar » et montre des adolescents qui se transforment en zombies dangereux sous l’effet de l’alcool (pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de voir ce petit bijou : http://www.thebinge-lefilm.com/#/trailer). Par ailleurs, le site propose également un concours de « films d’horreur » sur le thème du binge drinking. Cette campagne illustre parfaitement « le principe de prévention » tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, et que s’attachent à comprendre le sociologue Patrick Peretti-Watel et l’économiste Jean-Pierre Moatti dans leur livre Le principe de prévention, Le culte de la santé et ses dérives.

La genèse du principe de prévention

Le principe de prévention naît de la « mise en risque » du monde, et des avancées de l’épidémiologie. Celle-ci établit des relations statistiques entre des conduites individuelles et des problèmes de santé, puis la prévention s’empare de ces conduites pour inciter les individus à y renoncer, et ce même si personne ne comprend le lien entre la « conduite à risque » en question et la pathologie développée, d’où le nom black box epidemiology. En pratique, le développement de l’informatique et des capacités de calcul, a entraîné une prolifération sans précédent des conduites étiquetées « à risque », dans la mesure où un résultat statistique suffit à « découvrir » un facteur de risque, sans qu’il soit nécessaire pour cela d’avoir compris comment ce facteur agit sur la santé. Par ailleurs, ces conduites « à risque » donc, contreviennent à un idéal de la bonne santé comparable au salut religieux. Paraphrasant le penseur Ivan Illich, les auteurs écrivent : « Dans nos sociétés désenchantées, la santé aurait remplacé le salut, et les médecins seraient tout à la fois les théologiens, les prêtres, les missionnaires et les inquisiteurs d’une nouvelle religion. » Mais ce sont surtout deux tensions structurelles provoquées par le culte de la santé que les auteurs s’attachent à mettre en valeur : d’une part il ambitionne d’éradiquer les risques pour conquérir une santé parfaite, alors même que le principe de prévention exclut le risque zéro et tend à relever toujours plus de conduites dites « à risque », d’autre part, il exhorte les individus à devenir entrepreneurs de leur propre santé, mais privilégie toujours le point de vue des experts et délaisse la compréhension des conduites individuelles. Après avoir mis en lumière le culte quasi religieux de la santé et la naissance du principe de prévention comme mythe moderne, les auteurs s’attachent à définir les effets délétères de ce principe, et, dans un esprit proche d’Illich, sa contre-productivité.

Les maux nécessaires de la prévention

Trois inconvénients de la prévention sont ainsi mis à jour : la stigmatisation des personnes ayant des conduites à risque, l’alliance avec un certain conservatisme moral, et la cristallisation d’enjeux commerciaux considérables. Les auteurs remarquent en effet que la prévention, dont l’objectif premier est de nous inciter à adopter certains comportements (faire de l’exercice régulièrement, manger cinq fruits et légumes par jour, etc.) et à abandonner certains autres (tabagisme, consommation d’alcool), a également pour effet d’assimiler les conduites à risque, pour la santé, à des conduites immorales, dignes de susciter dégoût et réprobation. Car « si la prévention vise à informer, conseiller, encourager les personnes qui n’ont pas de bons comportements de santé, cette main tendue finit toujours par montrer du doigt ceux à qui elle s’adresse. » Ce kalos kagathos moderne, c’est-à-dire cette identification du bien, du sain et du beau, ne serait pas un effet pervers et involontaire des campagnes de prévention, mais un de leurs objectifs, depuis l’introduction de techniques marketing agressives dont le but avoué est de provoquer le dégoût. Pour la France, les auteurs datent l’introduction de ces techniques à 1976 avec la première grande campagne antitabac. L’arrivée du SIDA aurait toutefois changé la donne, les acteurs de la lutte contre le virus se rendant compte que la stigmatisation des séropositifs et d’une population à risque était dommageable pour cette population et contre-productive pour la santé publique. Cette prise de conscience n’affecterait toutefois pas la lutte anti-tabac, qui continuerait à stigmatiser les fumeurs, victimes d’une discrimination croissante. D’où la question que posent les auteurs : « Est-il admissible que la prévention contribue à disqualifier certains individus ? » Ils remarquent que d’un strict point de vue sanitaire, il peut s’agir d’une technique efficace pour améliorer la santé des populations dans certains cas, mais qui peut aussi s’avérer contre-productive. Surtout, ils soulignent que la stigmatisation pourrait constituer une stratégie préventive admissible si et seulement si elle était non pas niée mais assumée par les acteurs de la santé, l’assistance apportée à ceux qui tentent de modifier leur comportement était renforcée, et une analyse coût-bénéfice en termes de santé publique était menée. Il faut également prendre garde à ce que la prévention ne devienne pas réactionnaire, en se servant de la santé comme d’un prétexte pour soutenir un certain conservatisme moral. Les exemples du SIDA et du cancer du sein sont dans cette perspective paradigmatiques : la contre-révolution sexuelle va utiliser le SIDA pour prôner les valeurs de la fidélité et du mariage, et le cancer du sein va devenir le symbole de l’affection de la femme moderne qui a transgressé certaines règles (contraception orale, grossesse tardive, etc.). La santé publique peut ainsi se trouver parasitée par les « entrepreneurs de morale », expression empruntée au sociologue Howard Becker, ou à l’inverse heurter certains conservatismes, comme dans le cas du vaccin contre le papillomavirus, perçu comme une véritable sex license par certains conservateurs américains… (suite de l’article)

Source : http://www.nonfiction.fr/

FRANCE : Enquête : Disparités dans la connaissance du VIH chez les jeunes Français

Par Aude Segond, Crips (France) 07/12/09

L’Ifop et Maximiles ont réalisé pour Sidaction une enquête auprès des jeunes Français de 15 à 25 ans à propos de leurs connaissances sur l’infection à VIH. 89 % des jeunes interrogés pensent être bien informés mais seuls 22 % d’entre eux se considèrent "très bien informés" et ces chiffres recouvrent d’importantes disparités.

Cette étude a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne, du 20 au 24 novembre 2009, auprès d’un échantillon de 604 jeunes Français, âgés de 15 à 25 ans, représentatifs de la population (méthode des quotas). Les questions ont abordé l’estimation de son niveau de connaissances par le jeune, des points précis de prévention, les sources d’information consultées, la dispensation d’une information en milieu scolaire et l’intervenant l’ayant délivré, le dialogue avec un nouveau partenaire à propos du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST). 89 % des jeunes se disent « plutôt bien informés » (67 %) ou « très bien informés » (22 %). Ce niveau d’information est en lien avec le nombre d’enseignements spécifiques dispensés dans le cadre de la scolarité et avec la profession du chef de ménage, les enfants d’ouvriers et d’employés étant moins bien informés que ceux de cadres et de professions libérales. Mais les réponses à des questions précises relativisent l’apparente bonne information des jeunes sur le VIH. Il apparaît alors de fortes lacunes dans les connaissances des 15-25 ans sur des aspects essentiels de la prévention.

- Plus d’un jeune sur trois (35%) se dit mal informé sur les lieux où se faire dépister, ce taux montant à 46% chez les jeunes Franciliens et à 50% chez ceux qui n’ont jamais bénéficié de séances d’information à l’école.

- 40% de l’ensemble des jeunes et 36% des filles sont mal ou très mal informés sur l’existence et l’intérêt du préservatif féminin. Ce taux est encore de 25% chez les jeunes qui ont pourtant bénéficié de plusieurs séances d’information à l’école.

- La moitié (51%) des répondants sont mal informés sur le traitement après une exposition à un risque. Ce chiffre atteint 73% pour les jeunes n’ayant pas eu d’information en milieu scolaire et reste de 35% chez les jeunes ayant bénéficié de plusieurs séances d’information à l’école.

Internet en tête des sources d’informations

Lorsqu’on interroge les jeunes sur leurs sources d’information (deux réponses étant possibles, le total est supérieur à 100%), internet vient largement en tête (40%), loin devant les médias (28%), les parents (25%), le médecin (18%) ou les enseignants (12%). Il est clair que le recours à des modalités d’information préservant l’anonymat est privilégié. Ceci dit, lorsqu’on détaille les réponses par tranche d’âge, des différences notables apparaissent. Les plus jeunes (15-18 ans) s’adressent d’abord à leurs parents (49%) puis à internet (34%) et à leurs amis (26%) ; les plus âgés (21-24 ans) cherchent l’information principalement sur internet (49%), puis dans les médias (35%) et auprès de leur médecin (22%). Nonobstant la richesse et la diversité des moyens d’information existants, 11% de ces jeunes n’ont jamais cherché d’informations sur le VIH, ce chiffre atteignant 16% chez les 19-20 ans. Plus de quatre jeunes sur cinq (87%) ont bénéficié durant leur scolarité d’une intervention spécifique sur le VIH et 29% de ceux-ci plusieurs fois. Cette information est dispensée dans la moitié des cas (53%) lors d’un cours de sciences de la vie et de la terre, dans 39% des cas par un intervenant extérieur et dans seulement 14% des cas par un médecin scolaire. L’infection à VIH et, plus largement, les IST restent difficiles à aborder avec les partenaires sexuels. Seuls 27% des jeunes en parlent « systématiquement » ou « le plus souvent » lorsqu’ils recontrent un nouveau partenaire. Notons toutefois que 31% de ces jeunes n’ont pas de relations sexuelles. Si l’on considère les plus âgés (21-24 ans), 90% ont des relations sexuelles mais plus de la moitié (53%) n’abordent « jamais » ou qu’« occasionnellement » ce sujet.

Référence

- Les jeunes et l’information sur le VIH/sida : résultats détaillés (PDF, 608 Ko) / IFOP (Institut Français d’Opinion Publique), Maximiles, France. - 24 novembre 2009. - 20 p.

Source : http://www.vih.org/

OPINION : Internet dans la prévention du VIH chez les gays

par Stéphane Delaunay

Stéphane travaille depuis dix ans dans la communication pour les Institutions. Il a été pendant 5 ans en charge de la communication sur le VIH à l’Inpes. Il n’est pas militant mais facilement révolté. Il est fasciné par les photos de reportage, et fan de la revue Books.

Faire d’internet le fer de lance de la prévention du VIH chez les gays, pour reprendre l’expression utilisée dans un article de Minorités sur le récent rapport sur la prévention gay en France, est sans aucun doute aujourd’hui le seul moyen d’offrir une vraie renaissance à une prévention devenue atone, pour ne pas dire inexistante si l’on met à part les rares bannières qui servent de bonne conscience à certains sites de rencontres. Des lignes semblaient pourtant tracées et les projets initiés par l’INPES et le CRIPS, s’il est toujours difficile d’en mesurer à court terme la portée sur les comportements, ont indéniablement permis d’offrir une nouvelle offre d’information et de drainer un public peu enclin à s’intéresser à ce sujet, notamment parmi les jeunes homosexuels. Internet offre de vraies opportunités pour donner un nouveau souffle à la prévention : la première, évidente, est la manière dont il a envahi la vie de chacun, quelle que soit son identité sexuelle. Il offre de ce fait la possibilité de toucher non seulement les gays « communautaires » mais également les gay « hors milieu », ce que les actions dans les établissements gay ne permettaient pas. A l’heure où les jeunes multiplient les expériences et où les frontières entre orientations sexuelles se font plus poreuses, cet avantage n’est pas des moindres. Le temps passé aujourd’hui sur le net, que l’on soit chez soi, au travail ou sur son smart phone peut donner le vertige. On s’y informe, on y partage, on s’y rencontre, on s’y drague…. Tous ceux qui cherchent à communiquer s’y intéressent et une marque commerciale ne saurait désormais exister sans présence sur internet. Beaucoup tâtonnent encore, mais qu’importe. L’accession de la génération internet aux fonctions de responsabilité permettra une plus grande maîtrise de la communication on line. Elle est déjà en route. On s’en réjouira – ou pas – pour le secteur commercial, mais pour les institutions, et plus particulièrement la prévention, il est permis d’être plus pessimiste du fait de la lenteur avec laquelle on accède aux responsabilités dans les fonctions publiques… (suite de l’article)

Source : http://www.minorites.org/

TRAITEMENTS : Premier traitement : nouvelles recommandations US

vendredi 4 décembre 2009

Le premier traitement anti-VIH d’une personne séropositive devrait être initié entre 350 et 500 CD4/mm3, selon les nouvelles recommandations américaines sur la prise en charge du VIH.

Jusqu’au 1er décembre 2009, le taux de CD4 à partir duquel un premier traitement devait être envisagé aux États-Unis était fixé à 350 CD4/mm3 par le Département de la Santé. Ce taux a donc été relevé. Il est intéressant de savoir que les experts américains étaient partagés en deux groupes quasi égaux sur l’opportunité d’adopter un nouveau seuil encore plus élevé : 500 CD4/mm3. Ce nouveau seuil étant supérieur à celui actuellement en vigueur en Europe (à partir de 350 CD4, pour la règle générale / sauf pour certains groupes de patients), les personnes séropositives naïves de traitement résidant aux USA se verront désormais proposer leur première multithérapie plus tôt que celles résidant en Europe. Cette décision prévisible confirme une pratique déjà validée puisque de plus en plus de personnes commencent déjà leur premier traitement avant d’avoir atteint 350 T4 - du moins dans l’hémisphère nord. Ce relèvement du seuil de T4 au premier traitement est en partie lié à de récentes découvertes et rendu possible par la meilleure tolérance des dernières générations d’antirétroviraux. Il s’agit là d’une évolution globale dans la prise en charge du VIH puisque l’OMS vient d’éditer une recommandation suggérant d’initier un traitement à partir de 350 et non plus à partir de 200 CD4 dans les pays à ressources limitées, à la suite des résultats de l’étude Cipra HT 001. Cette actualisation des recommandations américaines sur la prise en charge du VIH contient d’autres révisions importantes, notamment sur le choix du premier traitement, avec entre autres l’apparition du raltégravir (Isentress®) parmi les « options préférées » et la sortie du Kalétra® (lopinavir/ritonavir) vers le groupe « options alternatives ». Plus d’infos sur Aidsmap (en anglais)

Source : http://www.sida-info-service.org/

TRAITEMENTS : Kaletra® moins sûr en une prise par jour qu’en deux

Par Aude Segond, Crips (France) 03/12/09

La revue Prescrire de décembre (Vol. 29, n° 134) signale les risques d’une moindre efficacité à long terme avec une prise uniquotidienne de Kaletra®.

Le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) du Kaletra® a été récemment modifié. Cette association de deux inhibiteurs de protéase, le lopinavir et le ritonavir, fait partie des traitements antirétroviraux de première ligne. Le schéma posologique d’une seule prise par jour chez les adultes naïfs de traitement antirétroviral s’appuie sur les résultats d’un essai de "non-infériorité", randomisé, non aveugle, comparant le Kaletra® en une prise versus deux prises par jour chez 664 patients et ayant montré une efficacité identique dans les deux bras : charge virale (CV) indétectable au bout de 48 semaines pour 77,2 % des patients versus 75,8 %. Cependant, au bout de 96 semaines de traitement, la proportion de patients ayant une CV indétectable baisse dans le groupe une prise par jour sans que la différence soit significative (64,9 % versus 69,2 %). Ce qui fait craindre une moindre efficacité virologique à long terme. Les diarrhées, effet indésirable fréquent du Kaletra®, ont été en outre un peu plus fréquente dans le groupe une prise par jour (60 % versus 57 %). En pratique, le nouveau schéma posologique du Kaletra® en une prise uniquotidienne est une alternative pour les patients qui ont du mal à gérer une prise biquotidienne, à condition de surveiller de près l’efficacité du traitement et que la diarrhée reste acceptable.

Référence

Lopinavir + ritonavir en une prise par jour : moins sûr qu’en deux prises par jour. - Prescrire, vol. 29, n° 314, décembre 2009. - P. 899.

Kaletra®, Résumé des Caractéristiques du Produit / EMEA (European Medicines Agency). - 8 septembre 2009. - 75 p.

- Télécharger le RCP (PDF, 708 Ko)

Source : http://www.vih.org/

SUISSE : Ma vie quotidienne avec le sida

STIGMATISÉE | Séropositive depuis vingt-cinq ans, Liliane, 47 ans, a connu toutes les épreuves, toutes les thérapies. Le plus pénible ? Porter le poids d’une maladie qui reste honteuse.

Francine Brunschwig | 05.12.2009 | 00:03

Ne boudons pas les bonnes nouvelles qui ont marqué la dernière Journée mondiale du sida. Diminution des infections dans le monde, en Suisse et dans le canton. Reste que le nombre de personnes séropositives n’a jamais été aussi élevé. Elles sont 33,4 millions, dont 25 000 en Suisse. Liliane, 47 ans, est l’une d’elles.

Cette Vaudoise, ancienne toxicomane, cohabite avec le virus depuis vingt-cinq ans. Avec des hauts et des bas. « En 1984, lorsque j’ai effectué mon premier test, on ne me donnait pas beaucoup de chances. » L’AZT, seul médicament à l’époque, elle ne le supportait pas. Puis, en 2002, après plusieurs relatives bonnes années avec les premières trithérapies (dès 1993), « on a cru que je partais, ma santé se dégradait, j’étais en bout de course. Mais on m’a proposé un nouveau traitement, j’allais de nouveau mieux. » Toujours en vie après avoir perdu successivement son mari, en 1995, puis, voilà quelques mois, son compagnon, tous deux séropositifs – le premier est mort d’une attaque cérébrale, le second a été emporté à 50 ans par une flambée hépatique –, Liliane témoigne. De sa chance d’être là bien sûr. Mais aussi du fardeau que représente ce virus dont on ne meurt plus mais qui s’accompagne souvent d’incessants problèmes de santé. Du réconfort trouvé auprès de l’Association Sid’Actuel, dont les seize bénévoles, sept jours sur sept, donnent leur temps pour soulager le quotidien des personnes vivant avec le sida. Enfin, le plus difficile aujourd’hui, du poids d’une maladie toujours connotée honteuse (lire encadré).

« Mon ami s’est battu jusqu’au bout »

« Mon ami n’allait pas si mal. Tout s’est détraqué brusquement. Il a passé par de terribles souffrances, mais il a voulu se battre jusqu’au bout. Il y a eu des moments d’angoisse, je ne savais pas ce que je devais faire, je ne voulais pas qu’il soit hospitalisé, alors j’ai souvent appelé Sid’Actuel. » Jacqueline Théraulaz, membre fondatrice et présidente de l’association, et son équipe suivent une douzaine de personnes chaque mois. « Nous offrons notre présence pour gérer le quotidien mais surtout pour maintenir un projet de vie. » Grâce à Sid’Actuel, Liliane et son ami ont pu se promener une fois par semaine à la campagne. « Cela nous faisait un tel bien. Quand on se baladait, on vivait normalement, on était heureux. » Une partie de la famille de Liliane ignore qu’elle est séropositive. Elle ne peut se confier qu’à des amis contaminés eux aussi. Et parce que son ami a succombé de sa double infection VIH et hépatite C, elle garde sa peine pour elle. « Vous ne verrez jamais des remerciements pour Sid’Actuel sur un faire-part de décès », relève Jacqueline Théraulaz. Aujourd’hui, on meurt rarement du sida lui-même, mais d’une autre maladie survenue en lien avec le virus ou indépendamment. « Pour beaucoup, c’est comme un soulagement », affirme Jacqueline Théraulaz, qui rapporte cette remarque d’un patient : « Je pourrai au moins dire à ma famille que je vais mourir du cancer. »… (suite de l’article)

Source : http://www.24heures.ch/

NOUVELLE-ZÉLANDE : il va être jugé pour avoir inoculé le virus du sida à sa femme....pendant qu’elle dormait

Par Fred-Lille le 06/12/2009

Où cela se passe-t-il ?

En Nouvelle-Zélande.

C’est quoi cette histoire ?

Cet homme de 35 ans a découvert sa séropositivité lors d’un contrôle de santé imposé à son arrivée en Nouvelle Zélande en 2004. Mais ni sa femme, ni ses enfants ne le sont.

Ensemble, pour les enfants

La femme a déclaré vouloir maintenir leur relation, pour l’équilibre des enfants, mais refuse depuis d’avoir des relations sexuelles avec lui de peur d’attraper la maladie.

Il la pique avec une aiguille.

Il aurait, à l’aide d’une aiguille infecté avec son sang, injecté le virus du sida à sa femme de 33 ans, pendant qu’elle dormait. Selon Abc News, Les documents de la cour détaillent comment cet homme a, par deux fois, piqué sa femme avec une aiguille de couture infectée avec son sang, et comment sa femme l’a surpris une fois, avec une seringue rempli de son sang.

Deux marques de piqure sur la cuisse gauche.

La femme raconte comment elle a, au mois de mai de l’année dernière, découvert deux marques de piqure sur sa cuisse gauche, et deux jours plus tard, comment elle s’est réveillée avec une douleur vive dans la jambe.

Il est désolé

L’homme a reconnu les faits, il sera jugé en début d’année prochaine et risque 14 ans de prison. Sa femme déclare qu’il lui a juste dit qu’il était désolé et qu’il a ajouté : "J’ai utilisé des aiguilles sur toi parce que je voulais que tu sois comme moi pour que l’on puisse vivre ensemble et que tu ne me quitte pas"… (suite de l’article)

Source : http://www.lepost.fr/

CONGO BRAZZA : Un taux de VIH moins élevé, mais toujours des inquiétudes

BRAZZAVILLE, 4 décembre 2009 (PlusNews) - La prévalence du VIH au Congo est estimée à 3,2 pour cent en 2009 selon une nouvelle étude, une tendance à la baisse par rapport à 2003 mais la vigilance reste de mise, ont prévenu les autorités en charge de la lutte contre l’épidémie, entre autres à la lumière des récentes violences aux frontières qui ont entraîné d’importants mouvements de populations.

« Le taux de séroprévalence nationale de VIH est de 3,2 pour cent contre 4,2 pour cent en 2003 », a dit Georges Moyen, ministre congolais de la Santé et de la population, lors d’une conférence de presse organisée cette semaine à l’occasion du lancement d’une campagne de sensibilisation d’un mois intitulée « Luttons contre le sida et non contre les personnes vivant avec le VIH/SIDA ». Tout comme des activistes de la lutte contre le sida, il a néanmoins appelé à la prudence quant à la tentation de complaisance, ainsi qu’à l’interprétation à donner aux résultats de cette étude réalisée par le Laboratoire national de santé publique et le Centre national des études économiques avec l’assistance technique de l’agence américaine Macro international, l’enquête nationale de séroprévalence de référence ayant été effectuée plus de six ans auparavant. « On peut au moins affirmer qu’on a une tendance nette à la stabilisation de l’épidémie dans notre pays », a-t-il estimé, exhortant la population à « ne pas baisser la garde. Le sida existe, sa propagation n’est pas encore arrêtée ». « Le taux actuel montre qu’un travail a été fait », a commenté la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le sida, Marie-Francke Puruehnce. « On doit continuer à le faire pour éviter de nouvelles infections ». Selon l’étude, la prévalence du VIH la plus élevée est observée dans les tranches d’âges de 40-44 ans, avec 5,6 pour cent. L’épidémie au Congo reste fortement féminisée, avec une prévalence de 4,1 pour cent chez les femmes – deux fois plus élevée que les hommes… (suite de l’article)

Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

ANGOLA : Un couple séropositif plus heureux que jamais

LUANDA, 3 décembre 2009 (PlusNews) - L’histoire d’Epalanga, un pauvre garçon de ferme, et de son amour pour Belita, la fille d’un marchand prospère du village, a conquis le cœur des Angolais lorsque la radio nationale a commencé à diffuser le feuilleton radiophonique « Camatondo », en 2004.

La série – qui tire son nom d’un village fictif de la province de Bié, dans le centre de l’Angola – avait pour but de faire parvenir aux habitants des zones rurales des informations sur la santé et d’autres sujets, mais elle est devenue populaire dans toutes les catégories socio-économiques, en ville comme dans les zones rurales. « J’ai entendu des journalistes, des médecins, des agriculteurs et des femmes au foyer parler de ce feuilleton radiophonique, et tous suivaient les vies des personnages comme s’ils existaient réellement. C’est une formule qui a du succès », a dit Niamh Hanafin, consultante en développement des médias à Luanda, la capitale. Les nombreux revers essuyés par Epalanga ont suscité une telle compassion que certains auditeurs ont même envoyé de l’argent à la radio pour lui venir en aide, mais l’amour entre Epalanga et Belita était si fort qu’il a finalement surmonté toutes les barrières, et ils se sont mariés. Plusieurs années plus tard, comme Belita ne pouvait pas avoir d’enfant, Epalanga, suivant un conseil donné par des amis, a eu une histoire avec une autre femme. Au grand désarroi des auditeurs, le couple a été infecté par le VIH. Inês Filipa José, auteur et productrice exécutive de Camatondo, utilise le succès de la série pour susciter le débat sur des événements de l’actualité : en 2008, les élections nationales ont fait l’objet de discussions dans le village fictif, tout comme, plus tard, la pandémie grippale. Le VIH a fait sa première apparition dans l’intrigue lorsque Mário, le camionneur, a appris que son ex-petite amie était morte d’une infection liée au VIH. Après des semaines de calvaire, il est allé effectuer un test de dépistage du VIH, mais un des ses amis l’a découvert et bientôt, toute la communauté était au courant. « Tout le monde s’est mis à éviter Mário, en pensant qu’il avait le sida », a dit à IRIN/PlusNews Mme Filipa José. « Cela a suscité pas mal de commentaires, parce que rapidement, les gens ont commencé à réagir : ‘Eh, il n’est même pas séropositif et déjà les gens parlent’. Cela a servi de leçon, à lui comme aux autres. » Belita a découvert sa séropositivité lorsqu’elle est enfin tombée enceinte et a effectué un test de dépistage du VIH dans le cadre des examens anténataux habituels. Son mari lui a avoué son aventure, et après une brève séparation, Belita lui a pardonné. Le couple a ensuite quitté le village isolé pour s’installer dans la capitale de la province, afin de démarrer un traitement antirétroviral et d’empêcher que le bébé ne soit infecté. « Même les acteurs m’ont demandé de ne pas les faire mourir », a dit en riant Mme Filipa José, qui a utilisé la séropositivité d’un des personnages principaux pour montrer qu’« il suffit de baisser la garde une seule fois ; nous sommes tous exposés au risque du VIH ». Il était également important pour elle de souligner que, grâce à une plus grande disponibilité des traitements, le virus ne condamne plus à mort en Angola. Mme Filipa José a révélé que Belita et Epalanga rejoindraient bientôt Camatondo et la série, et que de nouvelles « happy ends » attendaient les auditeurs. « Ils ont fait tout ce qu’il fallait ; elle a accouché de jumeaux à l’hôpital, et suit les recommandations médicales pour éviter la transmission ». L’intrigue se penchera ensuite sur la discrimination subie par les personnes vivant avec le VIH et leurs enfants. « Camatondo » est diffusé sur Canal A les lundis et mercredis à 5h30 du matin, puis rediffusée sur les radios provinciales.

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Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

[1] Wikimedia Commons Author Ib Rasmussen : Duane Hanson’s sculpture "Drug Addict" from 1974 (together with an unidentified museum guest). Picture taken at an exhibition at the Louisiana Museum of Modern Art, Denmark



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