Actualités VIH

Texte publié le mercredi 6 janvier 2010.

KENYA : Les guerriers massaïs sur le front du VIH/sida - ÉTUDE : Le taux élevé de VIH chez les homosexuels africains est lié à la discrimination sociale dont ils sont l’objet - PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : Le sida pèse lourd sur le système de santé - TRAVAIL : "Métro, boulot, séropo" ? - DÉVOILEMENT : Travail : dire ou ne pas dire…. - ÉTUDES : Amniocentèse et risque viral chez les femmes infectées par le VIH, ou porteuses d’une hépatite virale B ou C - FONDS MONDIAL : Des fonds pour la lutte contre le sida au Mali - ÉTATS-UNIS : New York : un fascicule pour héroïnomanes provoque un déluge de critiques

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KENYA : Les guerriers massaïs sur le front du VIH/Sida

MAGADI, 4 janvier 2010 (PlusNews) - Alors que les tentatives visant à sensibiliser la communauté massaï du Kenya aux dangers du VIH se sont souvent heurtées au refus de la communauté d’accepter des changements préconisés par des membres externes, une nouvelle initiative fait appel aux « morans », ou guerriers massaïs, afin de diffuser des messages de prévention.

« Les Massaïs sont un peuple très traditionnel et la meilleure façon de leur adresser des messages est de s’insérer dans leur communauté sans essayer d’affaiblir leur culture. Nous leur offrons la liberté d’apprendre en utilisant leurs systèmes culturels afin de les sensibiliser à la santé de la reproduction », a déclaré Peter Ngura, gestionnaire de programme dans le cadre d’un projet destiné aux jeunes nomades mené par l’Association pour la médecine et la recherche en Afrique (AMREF en anglais), une ONG dédiée à la santé et au développement. « Nous formons les ‘morans’ comme pairs éducateurs et nous nous servons d’eux pour adresser des messages aux autres ‘morans’, car ce sont les uniques autres personnes avec lesquelles la culture massaï les autorise à interagir librement », a-t-il poursuivi. « Les ‘morans’ écoutent seulement leurs chefs ‘morans’, et c’est la raison pour laquelle ce sont ces personnes que nous formons afin qu’elles forment à leur tour leurs camarades ‘morans’ qui sont sous leur supervision », a-t-il précisé. Les « morans » sont de jeunes hommes âgés de 15 à 25 ans chargés de protéger leur communauté et leur bétail. En outre, ils sont encouragés à avoir des partenaires multiples et vivent la plupart du temps dans la brousse, isolés du reste de la communauté. Ils ne communiquent qu’avec leurs amies, les aînés et les chefs qui leur rendent visite afin de partager les croyances traditionnelles massaï. Lelein Kanunga est un chef « moran » qui a rompu avec la tradition et consacre son temps à sensibiliser les autres « morans » aux dangers du VIH, dans le cadre du programme mené par l’AMREF. « J’ai été sensibilisé aux dangers que représentent les rapports sexuels non protégés, la circoncision féminine et la violence à l’égard des femmes et j’ai décidé qu’il était en mon devoir de sensibiliser à mon tour mes amis ‘morans’ », a-t-il confié à IRIN/PlusNews. « Nous pratiquons par exemple [la mutilation génitale féminine], mais je sais qu’il n’existe pas de raisons valables à cela. » Les statistiques sur le taux de prévalence du VIH au sein de la communauté massaï, qui représente près de 2 pour cent de la population kényane, sont limitées. Toutefois, en vivant relativement isolés de la société moderne, les Massaïs ont plutôt été épargnés par le virus, par rapport aux autres habitants de la vallée du Rift – une province qui affiche un taux de prévalence de 7 pour cent. Cependant, à l’heure actuelle, de nombreux jeunes Massaïs quittent leur communauté afin de gagner leur vie comme chauffeurs ou commerçants dans de vastes régions urbaines à forte prévalence VIH. En outre, ils reviennent dans leur village, continuent d’observer les coutumes traditionnelles, comme la polygamie, et exposent ainsi leur communauté à des risques accrus de contracter le virus… (suite de l’article)

Source : http://www.irinnews.org/fr/[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

ÉTUDE : Le taux élevé de VIH chez les homosexuels africains est lié à la discrimination sociale dont ils sont l’objet

Mis en ligne le 06/01/2010

Une étude publiée dans la revue médicale The Lancet révèle que le taux de VIH parmi les homosexuels dans certaines régions d’Afrique est dix fois plus élevé que chez les hétérosexuels.

Selon les chercheurs de l’Université d’Oxford, la stigmatisation et la discrimination contre les homosexuels expliquent largement ces chiffres élevés. Les chercheurs ont étudie les conditions de transmission du VIH sur le continent entre 2003 et 2009. Ils ont constaté que les taux d’infection parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) étaient sensiblement plus élevés que chez les hétérosexuels. Dans certaines régions, ces niveaux de transmission ont été dix fois supérieurs. Les chercheurs mettent en cause les attitudes sociales et politiques vis-à-vis des homosexuels comme entravant un accès satisfaisant au traitement. "Presque trois décennies après le début de l’épidémie, l’Afrique subsaharienne persiste à rejeter les HSH en tant que membres à part entière de la société, du fait des barrières culturelles, religieuses et politiques", écrivent les responsables de l’étude… (suite de l’article)

Source : http://v2.e-llico.com/

PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE : Le sida pèse lourd sur le système de santé en Papouasie Nouvelle-Guinée

Brèves du Pacifique - 06/01/2010

Il pourrait même s’effondrer. En matière de lutte contre le Sida, des progrès ont été confirmés dans toute la région Asie – Pacifique, sauf en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Prasada Rao, le chef de l’équipe ONUSIDA dans cette région Asie -Pacifique, affirme que la propagation du virus continue et brandit des chiffres. Le nombre de nouveaux cas a augmenté de façon exponentielle avec 21% entre 1984 et 1989 mais de plus de 99% en 2008. Les Nations Unies estiment à 54 000 le nombre de personnes séropositives dans le pays et indiquent que d’ici 2012, la Papouasie Nouvelle-Guinée pourrait faire face à un taux de prévalence de 5,05% soit près de 208 900 personnes vivant avec le Sida. Une charge que le système de santé déjà en piteux état ne pourra pas supporter. Prasada Rao demande à l’Australie de faire un effort supplémentaire et de collaborer encore davantage avec ses voisins mélanésiens.

Source : http://24hdanslepacifique.com/

TRAVAIL : "Métro, boulot, séropo" ?

Par jfl-seronet - Posté le 06 janvier 2010

Parler de sa maladie chronique ou de son handicap dans l’entreprise ne va jamais de soi. C’est encore plus difficile dès lors qu’il s’agit du VIH. Un Colloque organisé le 1er décembre dernier par AIDES et Sciences Po Paris a cherché à comprendre pourquoi et à avancer quelques solutions. Explications.

Rien de mieux que les cas d’école pour comprendre ce qu’il peut y avoir comme enjeux, mais aussi comme difficultés, dans le fait de dire ou de ne pas dire sa séropositivité dans le cadre professionnel, de pouvoir ou pas le faire… En voici un : "Vous êtes cadre dans votre entreprise. Vous avez 40 ans. On a découvert, il y a trois mois, que vous êtes séropositif. Votre charge virale est très élevée et vos défenses immunitaires sont faibles (votre taux de T4 est bas). Personne n’est au courant dans votre entreprise. "Déconnecté" pendant ces trois mois, très amaigri et fatigué, une évaluation vous concernant manifeste les inquiétudes de votre entourage professionnel et les défaillances de vos performances. Votre responsable vous invite à lire et commenter cette évaluation. Que faites vous ?" Un autre cas ? "Suite à votre demande de mobilité et dans le cadre d’une montée en responsabilité, votre directeur général vous convoque dans son bureau et vous confie la direction de l’agence qui vient d’être créée en Chine par votre entreprise. Il vous avait été proposé, il y a un an, la responsabilité de l’agence de Séoul et vous l’aviez refusée en justifiant la taille modeste de cette agence par rapport à votre situation et à vos performances dans l’entreprise. Que faites-vous et comment lui dire que vous ne pouvez accepter cette proposition car la Chine refuse l’accès des séropositifs sur son sol ?" Deux exemples qui amènent pas mal d’interrogations et qui sont loin d’être uniques. Deux cas qui montrent, à tout le moins, la complexité qu’il existe d’une part à "vivre et travailler avec le VIH" et d’autre part à savoir s’il faut "dire ou ne pas dire que l’on est séropositif dans l’entreprise". Dans ce domaine, les questions sont nombreuses et délicates : "Être séropositif, cela veut-il dire être malade ?", "La santé fait-elle partie de la sphère privée ou de la sphère professionnelle ?", "A partir de quand je peux ou je sens qu’il faut évoquer ces sujets au travail ?"… Comme on l’imagine, il n’y pas de réponses générales, valables pour tous et toutes. Il n’en reste pas moins que derrière chaque prise de décision individuelle (je dis, je ne dis pas), il y a l’appréciation personnelle de certains critères communs à toutes les personnes séropositives. Par exemple, le fait que le VIH est toujours une maladie stigmatisante, que l’annonce de la séropositivité est une césure profonde dans la biographie d’une personne, qu’une majorité de personnes séropositives dit souffrir d’isolement, qu’il y a une grande différence lorsqu’on est ou pas sous traitement…

Lors du Colloque AIDES et Sciences Po Paris, Catherine Cavalin du Centre d’études de l’emploi a indiqué dans sa présentation (réalisée avec sa collègue Sylvie Célérier) que dans l’enquête Vespa 2003 : 75 % des personnes vivant avec le VIH sont actives. 57 % ont un emploi et 18 % sont au chômage. Il y a certes eu des "gains depuis les antirétroviraux… mais des différences persistent". Ainsi, si plus de personnes séropositives ont aujourd’hui un emploi qu’avant 1994, à diplôme, âge, sexe, nationalité équivalents, elles ont, aujourd’hui encore, moins accès à l’emploi que la population générale. Le VIH est très clairement une "barrière à l’entrée ou au retour à l’emploi". Il est aussi, alors que cela est strictement réglementé par le code du travail, cause de licenciement. "Le VIH est une maladie rarement révélée sur le lieu de travail. 70 % des séropositifs ont choisi de taire leur maladie sur leur lieu de travail selon l’enquête Vespa de 2003, indique Jean-Louis Lecouffe de AIDES, organisateur du Colloque du 1er décembre. Dans le cadre de l’enquête "AIDES et Toi 2007", 29,5 % des personnes s’estiment discriminées au travail. Comme dans le reste des domaines de la vie, le VIH est à la fois un "révélateur et un amplificateur d’autres difficultés. "Il y a des facteurs de fragilité que la maladie peut mettre en crise, explique Jean-Louis Lecouffe. Par exemple, une orientation professionnelle mal acceptée, une orientation sexuelle mal vécue, un isolement social et familial, une activité professionnelle où la personne se sent en limite de compétence, une précarisation liée à la maladie, des effets sur l’activité professionnelle qui amplifient le processus de mal être, etc." La dicibilité (le fait de dire son statut) est un élément clé du dispositif légal. Du point de vue du code du travail, il est indiqué que le candidat ne doit pas être interrogé sur son état de santé lors d’un entretien d’embauche. Par ailleurs, l’état de santé est du domaine de la vie privée et le code du travail garantit le respect de la vie privée. Concernant la visite médicale d’embauche, le médecin du travail est tenu au secret professionnel. Les seules informations qui sont transmises à l’employeur concernent l’aptitude au poste proposé et éventuellement les restrictions d’aptitude au poste de travail. Le médecin ne doit pas donner de précision sur les motifs médicaux justifiant la décision. Bon, ça c’et dans l’idéal et ce n’est pas toujours ce qui se passe dans la vraie vie. Médecin du travail, membre de Cinergie (handicap, santé, travail), le docteur Belaïd Aït-Ali, explique que "parler de sa maladie relève avant tout d’une décision personnelle", et qu’il y a de nombreux éléments à prendre en compte. Outre ceux déjà cités, on peut ajouter : "La personne doit-elle justifier des absences fréquentes ? Doit-elle bénéficier d’un aménagement du temps de travail ? Est-ce plus difficile de parler du VIH que d’une autre maladie ? Évoquer sa maladie risque t-il de porter préjudice dans le cadre d’un emploi qui exige des performances, de la rentabilité ? L’entreprise fait-elle preuve d’ouverture concernant les employés atteints de maladies chroniques ?, etc." Là encore, il n’y a pas de solution miracle. Et tout va être apprécié dans l’équilibre entre les risques pris à dire sa séropositivité et les bénéfices qu’on en escompte. Chacun mesure de quel côté la balance pèse… pour lui. Mais ce qu’a surtout démontré cette table ronde, c’est la nécessité collective (entreprises, syndicats, associations, personnes concernées…) d’agir sur le milieu de travail. Un des enjeux est notamment que les collègues, l’employeur, la hiérarchie acceptent mieux une situation fluctuante. Cela passe par un changement dans les relations humaines (et pas seulement du point de vue de la gestion de personnel). "En fait, cela revient pour l’entreprise à se poser une question : "Comment gérer la différence au sein d’une entreprise sans faire la différence", explique Jean-Louis Lecouffe. Cela passe aussi par la mise en place d’une politique d’entreprise qui assure la sécurisation des parcours professionnels pour les personnes qui vivent avec une maladie chronique." Le VIH s’assimile par bien des points au handicap et aux maladies chroniques qui doivent faire partie des négociations annuelles entre les partenaires sociaux. c’est dans ce cadre que se discutent les adaptations du travail ( temps et organisation), mais les a priori et les clichés interfèrent encore trop surtout lorsqu’ils débouchent sur la stigmatisation des personnes différentes (homosexuels, les personnes consommatrices de drogues). Si l’entreprise a un niveau d’ouverture tel que ce type de différences n’est pas seulement "toléré", mais intégré, elle reste exemplaire et rare. Le représentant de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines a clairement indiqué, lors du colloque, que ce point était fondamental pour aborder la dicibilité. Le gain de ces débats, c’est l’accord sur les difficultés spécifiques au VIH qui s’insèrent dans les problèmes propres au handicap. C’est aussi la volonté de tous de faire évoluer la vie sociale dans les entreprises pour mieux prendre en compte la problématique des personnes séropositives. Sur cette base, le dialogue peut continuer pour s’inscrire dans la vie concrète des entreprises et des personnes concernées au sein de ces entreprises. Celles-ci doivent trouver des lieux pour dire de façon anonyme leurs attentes de façon très pratique. Chiche !

Source : http://www.seronet.info/

DÉVOILEMENT : Travail : dire ou ne pas dire….

Par jfl-seronet - Posté le 06 janvier 2010

"Dire ou ne pas dire que l’on est séropositif au travail", c’est sur cette question, complexe et délicate, que s’est déroulée une table ronde organisée par AIDES et Sciences Po Paris le 1er décembre dernier. Cette table ronde a associé syndicats, médecine du travail, associations et directeurs des ressources humaines. Jean-Louis Lecouffe (AIDES) qui a organisé cette rencontre revient sur les enjeux de cette question sur Seronet.

Interview.

En organisant cette table ronde, qu’est-ce qui t’a semblé le plus important ?

L’important, c’est de faire le lien entre les associations, les syndicalistes, les directeurs des ressources humaines (DRH) et surtout permettre que les personnes séropositives elles-mêmes soient au centre du débat. Lorsqu’il y a un dialogue entre des DRH et des syndicalistes dans une entreprise ou dans un cadre plus large, nous, les associations, devons venir en appui des personnes concernées et ne surtout pas se substituer à elles. En fait, pour nous, l’enjeu est bien de "remettre" les personnes séropositives au centre dans le cadre d’une négociation plus globale et plus large concernant la santé au travail.

Les directeurs des ressources humaines et les syndicats travaillent-ils sur la question du VIH ?

Non, de façon générale, les directeurs des ressources (DRH) et les syndicats ne travaillent pas spécifiquement sur cette question. En fait, ce qui est à leur agenda, c’est davantage la question de la santé au travail et celle du stress. Ces questions, surtout dans le contexte actuel, mobilisent les DRH et les syndicalistes. D’ailleurs, on voit bien qu’on ne parle quasiment plus de la durée de temps du travail, mais du stress, des problèmes de santé en lien avec l’activité professionnelle, mais pas spécifiquement du VIH. Les acteurs sociaux s’intéressent aussi beaucoup, pour des raisons diverses, au thème de la diversité ; le concept est intéressant, mais à utiliser de façon adéquate au risque de donner l’impression que nous sommes juste "tolérés".

Quel était l’objectif de cette table ronde du 1er décembre concernant l’emploi ?

Notre objectif était clair : c’était celui d’engager un dialogue entre les syndicalistes et les DRH, la médecine du travail aussi, pour qu’on fasse émerger au sein des entreprises la parole des gens qui sont concernés par cette question. Il faut, au terme de cette première rencontre, que dans quelques mois les chefs d’entreprises nous facilitent l’accès aux employés concernés dans le respect de l’anonymat pour que les personnes touchées par le VIH puissent dire, elles-mêmes, ce qu’elles attendent à la fois des DRH, de la direction des entreprises, mais aussi des syndicats, concernant le VIH. Ce n’est pas aux associations à le dire. Notre rôle consiste à permettre que les personnes concernées aient les moyens de pouvoir dire à leurs patrons, ce qui va, ce qui ne va pas, ce qu’il faut changer. Cela sera évidemment très différent d’un endroit à l’autre. Prenons l’exemple du groupe Accor et de la SNCF. D’un côté, ce sont des salariés dans des hôtels dans le monde entier avec, par exemple, des employés qui coupent de la viande ou qui sont exposés à certains risques. Il n’y aura pas le même discours d’entreprise sur le VIH qu’à la SNCF où les employés séropositifs n’ont pas du tout le même cadre social ni le même environnement.

Donc, pour le moment, cette parole, les besoins des personnes touchées ne remontent pas jusqu’aux directions des entreprises, aux DRH ou aux syndicats …

Absolument. Les gens séropositifs se cachent le plus souvent. Et dans la plupart des endroits, ces informations ne remontent nulle part. Il faut aussi prendre en compte le fait que pour beaucoup de gens le problème du VIH, c’est désormais bouclé. C’est ce que pensent certaines entreprises qui font du VIH une maladie chronique comme une autre. Cela arrive aussi chez certains partenaires sociaux. Je suis très frappé par le fait que le VIH n’est plus un sujet en lui-même… comme si tout était résolu. Dans chaque grande confédération syndicale, on trouve un secrétaire confédéral affecté soit au handicap, soit à la santé, mais le VIH n’est que rarement pris en compte. Enfin, pour ajouter à la complexité, il faut se demander si, compte tenu de sa spécificité, la question du VIH doit être examinée uniquement sous le prisme de la santé ou sous celui, plus large, des différences.

C’est-à-dire…

Ce que je trouve intéressant, mais aussi difficile, c’est qu’avec le VIH, on s’attaque aux problèmes de santé, et on traite des questions de différences et même de celle de la diversité. D’une certaine façon, on doit rappeler aux entreprises que ce qu’elles ont face à elles, ce sont d’abord des être humains et qu’elles doivent composer avec les personnes et non pas les faire entrer dans des moules prédéterminés : malade, handicapé, salarié en bonne santé, etc. Le VIH peut certes être la cause d’un handicap, mais d’un handicap qui n’a rien à voir avec les autres parce qu’il soulève des questions très spécifiques (stigmatisations et discriminations liées au mode de contamination par exemple ou encore les restrictions à la libre circulation des personnes dans le monde). De plus, certaines associations investies dans le domaine du handicap ne reconnaissent pas le VIH comme faisant partie du handicap. A cela, il faut ajouter que les personnes séropositives et AIDES notamment sont parfois considérées un peu comme des acteurs un peu perturbateurs qui ne sont pas des handicapés au sens vrai et complet du terme. Il y a d’un côté du mal à les faire reconnaître et de l’autre une variété des situations ou des différences sur la façon dont les personnes ont été contaminées qui interviennent. C’est bien la preuve que le VIH n’est pas comme le reste des autres maladies plus particulièrement dans le domaine professionnel.

Quelle doit être la stratégie à l’égard des entreprises et des acteurs sociaux ?

La stratégie n’est pas de stigmatiser les mauvaises pratiques, de mettre au ban, mais plutôt de valoriser ce qui peut être fait demain pour améliorer les choses. Il s’agit donc de construire un dialogue avec les acteurs de cette table ronde et d’engager une démarche de propositions pour essayer de faciliter et renforcer ce qui fonctionne et après ça faire du "copier/coller" de ce qui marche dans des endroits où c’est plus difficile, où aucun dispositif n’existe. Il faut donc, d’un côté, faire ressortir les demandes et besoins des personnes concernées et, de l’autre, contribuer à mettre en place partout ce qui fonctionne bien à certains endroits. Ensuite, il faut que la démarche "handicap" intègre bien les maladies chroniques et parmi elles les spécificités propres au VIH. Il faut aussi que la démarche "diversité" intègre bien les problèmes propres au VIH et à certaines catégories de salariés qui risquent de subir une double stigmatisation (par exemple bien sur, les homosexuels et les personnes usagères de drogue).

Source : http://www.seronet.info/

ÉTUDES : Amniocentèse et risque viral chez les femmes infectées par le VIH, ou porteuses d’une hépatite virale B ou C

Rédigé le 4 janvier 2010

Le risque de transmission materno-fœtale du virus de l’hépatite B (VHB), de l’hépatite C (VHC), ou de l’immunodéficience humaine (VIH) lors d’une amniocentèse est une notion importante dans la prise en charge de femmes enceintes porteuses de ces infections ; pourtant, peu de données existent sur les risques encourus. A côté des risques liés à l’amniocentèse, de type rupture prématurée des membranes ou chorio-amniotite, il existe en effet un risque d’exposition fœtale aux VHB, VHC et VIH par contamination du liquide amniotique par du sang maternel, par passage transplacentaire des virus, par plaie cutanée fœtale ou par effraction du cordon ombilical lors de la ponction.

La technique et les indications de l’amniocentèse

- L’amniocentèse ou ponction de liquide amniotique (LA) est une des méthodes participant au diagnostic anténatal.

Le prélèvement comporte quatre temps : repérage échographique de la zone la plus favorable, désinfection de la peau de la patiente, ponction de la paroi abdominale maternelle et ablation de l’aiguille après aspiration de la quantité souhaitée de LA qui varie avec les indications. Deux opérateurs sont nécessaires pour réaliser ce geste dans de bonnes conditions. Certaines équipes préfèrent que celui qui ponctionne se guide lui-même à l’échographie et qu’un deuxième opérateur aspire le LA. D’autres préfèrent qu’un opérateur guide et que l’autre ponctionne et prélève. La position des opérateurs par rapport à la patiente dépendra de la technique adoptée et de l’accessibilité de la citerne à ponctionner.

- Les indications de pratique d’une amniocentèse sont les suivantes :

- la détermination du caryotype fœtal est la plus fréquente. A partir de 38 ans, le risque de trisomie 21 est de 1 sur 500 grossesses et à partir de 40 ans il est de 1 sur 100 grossesses ;
- la recherche orientée en génétique moléculaire devant l’existence d’antécédents familiaux de maladie héréditaire (certaines myopathies, mucoviscidose, etc.), de malformation ou d’anomalie chromosomique comme la trisomie 21 ou d’antécédents de plusieurs fausses couches spontanées ;
- le bilan de suspicion de contamination fœtale par une maladie infectieuse ;
- l’étude biochimique du liquide amniotique sur signes d’appel échographiques, en particulier lorsque la mesure de la clarté nucale, c’est-a-dire de l’épaisseur de la nuque du fœtus, faite au cours de l’échographie du premier trimestre est positive (plus large que la normale) ;
- quand un test sanguin pratiqué chez la future maman montre une suspicion de trisomie 21.

- Le terme classique de sa réalisation se situe entre 15 et 17 semaines d’aménorrhée (SA). L’amniocentèse est possible avant ce terme, dès 11–12 SA, mais le risque de fausse couche après amniocentèse précoce semble majoré, en partie du fait de la fréquence du non-accolement de l’amnios au chorion à ces stades de la grossesse. Il n’y pas de limite « supérieure » : le prélèvement peut être pratiqué en fin de grossesse, mais le rapport entre le volume fœtal et le volume de liquide amniotique est moins favorable à partir du troisième trimestre.

- De façon générale, le risque de contamination de la cavité amniotique par le sang maternel est élevé au cours d’une amniocentèse, surtout dans les cas de ponctions transplacentaires… (suite de l’article)

Source : http://femmesida.veille.inist.fr/

FONDS MONDIAL : Des fonds pour la lutte contre le sida au Mali

Bamako - Pana 05/01/2010

Le Mali et le Fonds mondial de lutte contre le sida ont procédé lundi à Bamako à la signature de deux conventions de financement d’un montant total d’environ 19 milliards de F CFA (28,9 millions d’euros) dans le cadre de la mise en œuvre du Cadre stratégique national (CSN) de lutte contre le sida sur la période 2006-2010.

Le programme, dont les bénéficiaires sont le Haut-Conseil national de lutte contre le sida au Mali et le Groupe Pivot, une organisation de la société civile, contribuera à renforcer la prévention de la transmission sexuelle dans les groupes vulnérables. Il va cibler 14.000 professionnelles du sexe et leurs clients, autant de jeunes travailleurs du secteur des transports et de jeunes travailleurs du secteur minier, 21.000 filles migrantes, 93.000 jeunes saisonniers et 500 mille scolaires des milieux d’éducation formelle et informelle. En outre, l’aide contribuera à assurer 480.000 tests de dépistage volontaires à l’échelle nationale et régionale, tandis que quelque 520.000 femmes enceintes seront dépistées. Le programme financera également la mise en place de 90 nouveaux sites de prise en charge et permettra d’augmenter le nombre de personnes vivant avec le VIH sous thérapie antirétrovirale de 23.333 en septembre 2009 à 37.339 à la fin de la période couverte. Le taux de prévalence du VIH/sida au Mali est estimé actuellement à 1,3% contre 1,7% il y a deux ans… (suite de l’article)

Source : http://www.afriquejet.com/

ÉTATS-UNIS : New York : un fascicule pour héroïnomanes provoque un déluge de critiques

©AFP / 05 janvier 2010

NEW YORK - Les autorités sanitaires new-yorkaises étaient sur la défensive mardi au sujet d’un fascicule dénoncé par certains comme étant un manuel du parfait héroïnomane.

La brochure de 16 pages intitulée "Prenez vos responsabilités, prenez soin de vous", présente des dessins colorés et un texte simple et s’ouvre sur une page de conseils pour éviter les overdoses. Le fascicule stipule notamment : "Ne consommez pas seul", "Connaissez vos limites", ou encore "N’échangez pas (vos seringues)". Il explique également comment préparer et injecter l’héroïne. Selon les autorités sanitaires, le document a pour but de limiter la propagation du VIH et les overdoses. Mais certains critiques, y compris parmi les responsables municipaux et les forces de l’ordre, fustigent ce qu’ils considèrent comme le financement par des fonds publics d’une incitation à l’usage de substances illicites. "Je pense que les conseils fournis par le fascicule ne sont pas efficaces pour empêcher quelqu’un de sombrer", a ainsi affirmé John Gilbride, membre de l’agence de lutte antidrogue américaine (DEA), à la chaîne ABC. "Cela conforte un usager ou un potentiel usager. Cela implique que vous pouvez prendre de l’héroïne en toute sécurité, ce qui est faux. Il n’y a pas de façon sure de prendre de l’héroïne", a-t-il ajouté. Les autorités sanitaires ont défendu leur brochure, affirmant qu’elle fournissait "des conseils qui peuvent permettre de sauver la vie de certaines personnes avant qu’elles puissent entreprendre un traitement". "Les surdoses accidentelles sont la quatrième cause majeure de mortalité chez l’adulte à New York, avec 600 vies perdues chaque années, mais il y a un autre problème en jeu, le VIH et le sida", ont martelé les autorités sanitaires dans un communiqué.

Source : http://www.romandie.com/

[1] GNU Free Documentation License, Version 1.2 Author Willy Horsch : Ethnic groups - tribe at Kenya, Massai, 1989/90



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