VIENNE 2010 : Pénalisation VIH : 600 personnes condamnées - VIENNE 2010 : L’administration Obama appelle à abroger les lois pénales en lien avec le VIH - VIENNE 2010 : La criminalisation de l’homosexualité, un frein à la lutte contre le sida - VIENNE 2010 : Capsules traitements : Inhibiteur de l’intégrase : le raltegravir (Isentress) - VIENNE 2010 : « Le but est de traiter la maladie » - VIENNE 2010 : Les femmes à l’honneur - VIENNE 2010 : Le financement de la lutte contre le sida renforce les systèmes de santé - VIENNE 2010 : La taxe Robin en action ! - VIENNE 2010 : VIH et travail : les idées de la Suisse - VIENNE 2010 : Afrique : les nouveaux médocs seraient rentables - VIENNE 2010 : La recherche avance, si, si ! - VIENNE 2010 : Déclaration de Vienne : Choisissez votre guerre contre la drogue - VIENNE 2010 : des associations francophones collaborent

VIENNE 2010 : Pénalisation VIH : 600 personnes condamnées
19 juillet 2010
Dans le cadre d’une réunion satellite organisée par le Réseau juridique canadien, plusieurs représentants provenant du Canada, d’Afrique du Sud, du Royaume-Uni et des organisations internationales ont fait le point sur la pénalisation du VIH dans le monde.
Depuis le début de l’épidémie, plus de 600 personnes ont été condamnées dans le monde, la plupart avec des sentences lourdes. L’Amérique du Nord et l’Europe ont à elle seules davantage de cas de condamnation que le reste du monde. Ce nombre représente 0.001% des personnes séropositives dans le monde.
50 pays ont des législations pénalisant la transmission (volontaire ou non intentionnelle) ou l’exposition au VIH (sans contamination), et depuis 10 ans une vingtaine de pays africains en ont spécifiquement introduit dans leur code pénal. Moono Nyambe (GNP+) a relevé que si le nombre de pays ayant décidé d’introduire des mesures de criminalisation est en augmentation, sur tous les continents sans exception, les pays assouplissant leurs lois relèvent de l’exception (Sierra Leone, Ghana, Pays-Bas). Susan Timberlake d’ONUSIDA, organisation internationale qui s’oppose fermement à la pénalisation, remarque que certains pays ont décidé de se doter de lois très répressives mais n’ont heureusement pas les outils pour l’appliquer (justice défaillante notamment).
Les experts se sont montrés unanimes sur le fait que cette criminalisation n’a pas d’impact positif sur la lutte contre l’épidémie mais a au contraire des effets néfastes dans le domaine de la prévention. ONUSIDA et l’OMS ont une position très claire à ce sujet. La pénalisation minimise en effet le principe de « responsabilité partagée », décourage le dépistage, met l’accent sur la répression plutôt que sur la sensibilisation de terrain. Dans le domaine des droits humains, le bilan n’est pas meilleur : la criminalisation accentue la stigmatisation et la vulnérabilité des personnes vivant avec le VIH.
Les experts ont également relevé que la pénalisation relève d’une vision dépassée de la maladie, pour laquelle une contamination équivaut à une condamnation à mort. Les progrès scientifiques et la compréhension de la maladie ont été si rapides qu’ils ont éloigné les médecins des législateurs. Les personnes présentes ont non seulement appelé les associations à favoriser les liens entre ces différents acteurs mais également à mieux informer l’opinion publique, notamment par le biais d’un lien plus fort avec les médias.
Un kit juridique international destiné aux juges et aux avocats a été présenté à cette occasion, fruit d’une collaboration entre le Réseau juridique canadien, Aides, GNP+ et le Groupe sida Genève. La conférence de presse présentant ce projet est prévue jeudi, avec un compte-rendu sur Fil Rouge.
Source : http://www.groupesida.ch
VIENNE 2010 : L’administration Obama appelle à abroger les lois pénales en lien avec le VIH
21 juillet 2010
Le premier rapport stratégique national américain sur le VIH, publié le 13 juillet dernier par la Maison Blanche, recommande d’abroger les lois américaines qui criminalisent la transmission du VIH. Pour la plupart, ces lois datent de la fin des années 1980 et du début des années 90, soit avant l’apparition des thérapies antirétrovirales.
Le rapport indique que "Le maintien de ces lois va à l’encontre des preuves scientifiques sur les voies de transmission du VIH et risque ainsi de compromettre les objectifs de santé publique qui visent à promouvoir le dépistage du VIH". Ses auteurs ajoutent par ailleurs que "toutes les études démontrent que la transmission intentionnelle du VIH est atypique et rare. Ces lois n’influencent pas le comportement des individus vivant avec le VIH".
Les associations applaudissent cette première prise de position officielle de l’administration contre la pénalisation, qui met enfin l’accent sur le rôle des droits civils dans la lutte contre le VIH/sida. Ces recommandations constituent à la fois un espoir réel de voir la fin des condamnations de personnes séropositives aux Etats-Unis pour transmission du VIH ou simple exposition au virus (plus de 300 depuis le début de l’épidémie) et un signal fort en faveur de la dépénalisation envoyé à la cinquantaine d’autres pays du monde qui appliquent des législations similaires.
Source : http://www.groupesida.ch
VIENNE 2010 : La criminalisation de l’homosexualité, un frein à la lutte contre le sida
Nicolas Charpentier, Groupe sida Genève
Les exemples se multiplient. Les maltraitances, violences policières, persécutions, incarcérations, examens physiques et psychanalytiques dégradants faits aux gays dans de nombreux pays du monde trouvent un écho particulier durant cette conférence. Lutter contre cette violence, bien souvent « institutionnelle » est un préalable à la réalisation des droits de ces hommes, des droits humains tout simplement, un préalable à une lutte efficace contre le VIH.
Des réponses il y en a : comme le réseau Africagay, rassemblement d’associations africaines francophones, pour plaidoyer en faveurs des droits des hommes concernés en Afrique de l’ouest et centrale mais aussi intégrer les enjeux de santé de ces hommes dans les stratégies de lutte contre le sida dans ces pays. D’autres mobilisations se mettent en place dans le monde mais un constat est partagé : il faut faire de la recherche pour documenter les réalités de vie des gays, notamment dans les pays du sud, il y a besoin de données épidémiologiques pour rendre compte de leur réalité et asseoir cette lutte sur un socle solide pour défendre ces droits et lutter contre une criminalisation grandissante des homosexuels.
Finissons sur un exemple, le Burundi a voté en 2009 une loi pénalisant les rapports entre hommes. Cette lutte n’a jamais été autant d’actualité et la mobilisation doit se faire autant au nord qu’au sud.
Source : http://www.groupesida.ch
VIENNE 2010 : Capsules traitements : Inhibiteur de l’intégrase : le raltegravir (Isentress)
Le raltegravir est le premier inhibiteur de l’intégrase disponible pour le traitement du VIH. Il cible l’enzyme intégrase, responsable de l’intégration du virus dans le noyau des cellules CD4 lors de la réplication virale. Seul de sa classe et ne nécessitant pas la prise de ritonavir (Norvir), le raltegravir fait partie des nouvelles options de traitement pour les patients expérimentés, mais aussi pour les patients naïfs, ceux qui n’ont jamais pris d’antirétroviraux.
Depuis plusieurs années, on recommande la prise de trois antirétroviraux dont deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) pour le traitement du VIH. L’étude PROGRESS a tenté de démontrer l’efficacité d’une nouvelle stratégie de traitement, soit la combinaison Kaletra et raltegravir (aucun INTI) en comparaison avec Kaletra et Truvada (2 INTI, tenofovir et FTC). 206 patients naïfs ont été divisés en deux groupes pour une période de 48 semaines. La combinaison avec le raltegravir (sans INTI) s’est avérée non-inférieur à la combinaison comportant le Truvada concernant l’efficacité et les deux groupes ont eu une augmentation similaire de CD4. Les effets indésirables les plus rapportés dans cette étude étaient la diarrhée et des changements au niveau des lipides, probablement associés au Kaletra. Cette étude démontre qu’une thérapie sans INTI peut s’avérer efficace et est une nouvelle alternative pour le traitement des patients naïfs.
Le raltegravir associé à deux autres antirétroviraux se veut efficace lorsque pris deux fois par jour. Grace à sa très longue demi-vie (la concentration du médicament reste longtemps dans le sang) on peut espérer pouvoir prendre le raltegravir une seule fois par jour.
L’étude ODIS a recruté 222 patients qui ont complété 24 semaines avec un traitement à base d’inhibiteur de la protéase (Kaletra, atazanavir ou fosamprenavir). Après 24 semaines, les patients indétectables ont remplacé l’inhibiteur de la protease par le raltegravir, soit deux fois par jour (400mg) ou une fois par jour (800mg) pour 24 autres semaines. Les deux groupes recevaient le raltegravir en combinaison avec deux INTI. L’étude a démontré que lors d’un transfert d’un IP vers le raltegravir, l’efficacité était maintenue chez les patients n’ayant pas de résistances aux INTI. Il n’y a eu aucune différence significative entre la prise uniquotidienne ou biquotidienne du raltegravir et une amélioration du profil lipidique (cholestérol, triglycérides) est survenue avec l’arrêt de l’inhibiteur de la protéase.
Une autre étude a aussi démontré une amélioration du profile lipidique lors d’un transfert d’un IP vers le raltegravir soit l’étude SPIRAL. 273 patients prenant du Kaletra depuis au moins six mois ont soit transféré au raltegravir ou ont maintenu le Kaletra pour une période de 48 semaines. Les deux groupes ont eu des résultats identiques quant à l’efficacité du traitement et il y a eu une amélioration des lipides dans le groupe raltegravir.
Inhibiteur de l’integrase : nouvelle génération
Lorsque le virus se réplique, il peut modifier sa structure et former des mutations. Ces mutations peuvent permettre au virus de résister au médicament (résistance). La nouvelle étude VICKING (en phase 2b) a tenté de démontrer l’efficacité d’un nouvel inhibiteur de l’intégrase, le S/GSK 572, en présence d’une résistance au raltégravir. Pour être éligibles à l’étude, les patients devaient présenter une résistance au raltegravir et à deux autres classes d’antirétroviraux.
27 patients très expérimentés ont reçu 50 mg du S/GSK 572 une fois par jour tout en poursuivant leur thérapie originale. Malgré un taux élevé de résistance au raltégravir chez tous les patients, la majorité on démontré une très bonne réponse antirétrovirale dans cette étude pilote qui pourrait éventuellement amener l’approbation d’un nouvel inhibiteur de l’integrase efficace. À suivre.
Nouvel inhibiteur de CCR5 et CCR2 combinés
Le TBR-652 est un potentiel inhibiteur de CCR5 (inhibe l’attachement au co-récepteur du CD4) combiné à un inhibiteur de CCR2 (en partie responsable de l’inflammation). Ce nouvel agent a été bien toléré chez 54 patients dans un essai de phase 1. Le TBR-652 à été administré en monothérapie une fois par jour durant 10 jours, par voie orale à des patients ayant un tropisme favorable aux inhibiteurs de CCR5. Sa demi-vie est de plus de 30 heures. Le TBR-652 s’est avéré sécuritaire et a démontré une bonne activité antivirale ainsi qu’une augmentation du niveau de MCP1, ce qui pourrait avoir un impact favorable sur l’inflammation. D’autres études seront nécessaires pour déterminer si cette nouvelle molécule aura sa place dans le traitement du VIH.
Source : http://www.pvsq.org/vienne.html
VIENNE 2010 : « Le but est de traiter la maladie »
Mathieu Perreault
Publié le 21 juillet 2010
Les avancées sur la prévention de l’infection, comme le microbicide dévoilé lundi, pourraient paradoxalement ralentir les recherches sur la guérison du VIH, prévient un chercheur montréalais qui se trouve à Vienne et assiste aux conférences sur le sida depuis deux décennies.
L’annonce de la mise au point du microbicide, qui a diminué de moitié le risque d’infection chez les 900 Sud-Africaines ayant participé à l’étude dévoilée lundi, est le fait le plus marquant de la conférence jusqu’à maintenant, selon le Dr Wainberg. La présentation du grand patron de la recherche sur le sida aux États-Unis, Anthony Faucy, portait justement sur les nouvelles cibles de prévention de l’infection. Le Dr Faucy a notamment souligné que de 10% à 45% des nouvelles infections proviennent d’une personne nouvellement infectée. Le virus est le plus virulent dans les mois suivant l’infection, avant que le système immunitaire ne devienne plus efficace pour lui résister. Le Dr Faucy a aussi cité une étude africaine montrant que le risque d’infection chez les couples hétérosexuels sérodiscordants était d’environ 0,12% par pénétration vaginale, ou une infection par 800 coïts… (suite de l’article)
Source : http://www.cyberpresse.ca
VIENNE 2010 : Les femmes à l’honneur
Le 21 juillet 2010
Mardi matin 9h30 : une petite marche pour le préservatif féminin part du "condomize site" dans le global Village, la partie de la conférence où sont regroupés tous les stands associatifs. L’info avait été donnée la veille lors d’une cession sur le préservatif féminin où il avait été question d’accessibilité, de plaidoyer et de variété (il existe 3 actuellement 3 modèles différents : le FC2, le VA et le Woman’s Condom, produit en Chine mais qui n’est pas encore commercialisé). Un petit groupe de femmes, mais aussi quelques hommes marchent en scandant : "What do we want ? Female condoms ! When do we want it ? Right now !" ("Que voulons-nous ? Le préso féminin. Quand ? Maintenant !). Au même moment, dans la grande salle de la conférence où se déroulent les plénières, Everjoice Win, militante féministe du Zimbabwe, commence une présentation sur les violences contre les femmes et les jeunes filles dont il faut retenir cette vérité encore trop peu prise en compte : si les violences (domestiques, guerres, etc...) sont sources de contamination par le VIH pour les femmes, il y en à d’autres directement liées à l’épidémie. Ainsi le fait de se faire dépister, de dévoiler sont statut peut être source de violences à l’égard des femmes et des jeunes filles.
Source : http://www.seronet.info
VIENNE 2010 : Le financement de la lutte contre le sida renforce les systèmes de santé
Nicolas Charpentier
La lutte contre le VIH et son financement, notamment au travers du Fond Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ont un impact sur le renforcement des systèmes de santé. Cela a notamment été démontré comme dans le carde de programme décentralisé de prise en charge du VIH dans les pays du sud, comme au Cameroun. Le constat est fait que les Etats, d’autant plus dans le contexte actuel de crise économique, cherchent à optimiser le financement des activités ou des services. Rien de plus normal, sauf quand les attentes ou les objectifs fixés par ces mêmes états ne sont pas réalistes ! L’effet de la lutte contre le sida sur les système de santé doit continuer à être démontré, comme c’est le cas au Cameroun, afin de rendre compte objectivement de cet impact et plaider pour son financement. Ce financement doit intégrer aussi pour cela de nouveau mécanismes comme cela est proposé par la taxe Robin des Bois !
VIENNE 2010 : La taxe Robin en action !
Le 19 juillet 2010
Aujourd’hui lundi 19 juillet, durant la session consacrée à Bill Gates et à sa fondation, les militants de AIDES, Coalition PLUS et de nombreuses autres associations(1) ont organisé une action en faveur de la taxe Robin des Bois. Cette taxe constitue un moyen de générer les ressources supplémentaires dont a besoin la lutte mondiale contre le sida. Au refrain de « No Retreat, Tax & Treat »(2) et « Fill the Gap, Back the Tax »(3), 100 militants vêtus de vert sont montés sur l’estrade munis d’affiches et d’une banderole géante. "Nous avons demandé l’institution de la Taxe Robin des Bois explique Christian qui faisait partie de l’action. L’une d’entre nous a pris le micro et expliqué aux conférenciers pourquoi les séropositifs la nécessité de sa création. Nous avons enfin appelé Bill Gates à plaider auprès d’Obama et des autres dirigeants du monde pour qu’ils la mettent en place. AIDES, Coalition PLUS et leurs alliés resteront vigilants."
1 : International HIV/AIDS Alliance, Stop AIDS Campaign-UK, Health Gap, Housing Works.
2 : « Pas de recul contre le sida : taxer les banques, traiter tout le monde »
3 : « Comblez le manque, soutenez la taxe »
Source : http://www.seronet.info
VIENNE 2010 : VIH et travail : les idées de la Suisse
Le 20 juillet 2010
Un projet pilote pour informer les acteurs de la chaîne du travail et faciliter l’insertion professionnelle des malades chroniques a été présenté par l’Aide Suisse contre le Sida et les membres de la Conférence nationale suisse des ligues de santé, à Vienne. Le principe ? Faire connaître les prestations et les aides à l’insertion professionnelle aux offices de l’assurance invalidité, aux employeurs et aux travailleurs sociaux, tout en conseillant les personnes atteintes permettrait de lutter contre la discrimination et le harcèlement sur le lieu de travail (plus d’informations sur GELIKO). Soutenir les efforts des personnes qui travaillent et sensibiliser les employeurs : pour l’association suisse, introduire un règlement sur le VIH/sida en milieu professionnel permettrait également de mener à bien ces objectifs. Seule condition : la contribution des personnes séropositives au sein de leur entreprise serait indispensable pour qu’un tel règlement soit mis en oeuvre... les patrons signalant très rarement les difficultés vécus par leurs salariés séropositifs (modèle de règlement à télécharger sur www.workpositive.ch).
Aide suisse contre le sida (www.aids.ch)
Source : http://www.seronet.info
VIENNE 2010 : Afrique : les nouveaux médocs seraient rentables
Le 20 juillet 2010
Des anti-rétroviraux plus récents pourraient s’avérer rentables pour de nombreux pays d’Afrique (UNAIDS, 19 juillet 2010, 18e Conférence de Vienne). C’est à partir du prix des différents traitements et des données existantes sur l’Afrique que l’UNAIDS a imaginé et analysé une cohorte de 10 000 patients sur 10 ans, et qu’elle est parvenue à ce constat. Parce qu’ils entraînent des dommages irréversibles (notamment sur le système nerveux et la répartition des graisses), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de remplacer progressivement les médicaments de première ligne (les multithérapies des années 95, à base de d4T, comme le Zérit) par de nouveaux, moins toxiques. Une nouvelle fois, l’obstacle est financier, les autres traitements (à base de zidovudine (AZT) ou de ténofovir) étant jusqu’à trois fois plus chers que ceux à base de d4T. L’OMS recommande une combinaison (ténofovir, efavirenz et 3TC ou FTC) qui reste légèrement plus chère que les traitements de première ligne. Si les demandes augmentent, la fondation Clinton contre le VIH/sida explique qu’il sera possible de réduire le prix de cette combinaison (de 210$/an en 2010 à 160$/an en 2012).
Source : http://www.seronet.info
VIENNE 2010 : La recherche avance, si, si !
Franck Barbier (Aides)
Vienne, la conférence internationale de l’IAS (International AIDS Society) sur le VIH a débuté. Elle réunit pas loin de 20 000 participants, dont des célébrités (de Bill Gates et Annie Lennox à Bill Clinton), mais également des militants, des activistes ainsi que des chercheurs et des médecins. Ces derniers profitent de cette conférence pour faire des annonces bien excitantes lorsqu’on s’intéresse aux avancées thérapeutiques. Premier passage en revue en attendant d’y revenir de façon plus détaillée.
Des premiers temps de la Conférence de Vienne, on peut déjà retenir sur le champ thérapeutique quelques pistes. On peut citer les nouveaux concepts d’antirétroviraux (médicaments anti VIH) qui prennent d’autres cibles que la seule réplication du virus et les progrès d’un domaine plein d’enjeux : celui sur les réservoirs du VIH. On peut aussi citer l’inflammation ou l’activation immunitaire (ce qui "conduit" l’évolution de la maladie à VIH et ses effets délétères) et noter des espoirs ("Towards a cure ?" : "Vers un remède ?") qui doivent encore rester prudents d’une "guérison" possible un jour. A ce titre, on a maintenant la preuve qu’un homme a "séro-déconverti", c’est-à-dire" guéri" de son infection à VIH par une intervention très spécifique. Il a aussi été discuté de l’utilisation d’antirétroviraux comme moyen de protection microbicide. Du côté franco-français, c’est la présentation des nouvelles recommandations d’experts 2010 (rapport Yeni) qui a marqué. Le document complet sera disponible sur Internet cet été et en édition papier (à la Documentation française) cet automne. En discutant avec des cliniciens ou des chercheurs fondamentaux, des virologues, etc., on peut se faire la remarque que malgré une certaine banalisation de la vision du VIH dans nos sociétés ou de l’évolution vers la chronicité de la maladie au Nord, la recherche thérapeutique maintient un haut niveau d’intérêt et d’attirance dans la communauté scientifique. Cela fait plaisir de voir tous ces jeunes chercheurs, boursiers, thésards, post doctorants qui accompagnent leurs directeurs de recherche à la conférence et qui seront la relève de demain.
Le temps des immunologistes est arrivé car la progression de la maladie à VIH dans le corps fait appel à une dérégulation de l’immunité qu’il nous faut absolument mieux comprendre pour empêcher le VIH de s’en servir et le détourner pour faire ses dégâts.. Il va falloir soutenir très fortement la recherche dans ce domaine car on peut en escompter des résultats tangibles dans quelques années et cela améliorera la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH. A l’inverse, et le contraste n’en n’est que plus saisissant, on est surpris du décalage de ces bonnes nouvelles avec certains besoins en traitements et en soins de base dans des pays du Sud et de l’Est qui ne sont pas couverts. Par exemple, on ne peut qu’être consterné de voir des pays, comme le Cambodge, ne disposer que de trithérapies contenant du Zerit pendant encore plusieurs années... alors qu’elles sont et depuis fort longtemps très loin des standards de traitements prônés par l’Organisation mondiale de la santé. Et ce pays est loin d’être une exception. Les conditions de vie imposées aux usagers de drogue dans certains pays ou le sort réservé aux médecins qui s’occupent des séropositifs dans d’autres relèvent d’un âge tellement ténébreux et sinistre que ces bonnes nouvelles dans les avancées thérapeutiques laissent malgré tout un goût bien amer dans une conférence très contrastée.
Source : http://www.aides.org
VIENNE 2010 : Déclaration de Vienne : Choisissez votre guerre contre la drogue
20 juillet 2010
Alors que le nombre de consommateurs de drogue par voie intraveineuse, estimé à quelques 15.9 millions d’individus à travers le monde, est en constante augmentation, la Déclaration de Vienne est un appel à la mobilisation générale de tous les acteurs de la lutte contre le sida afin que les politiques répressives des gouvernements en la matière soient réformées au bénéfice de politiques de santé efficaces, responsables et davantage basées sur les données scientifiques et épidémiologiques.
Les coûts engagés dans la guerre internationale contre la drogue (100 milliards par an) sont en effet sans commune mesure avec les moyens alloués au dépistage et à la prise en charge médicale des consommateurs de drogue infectés ou affectés par le VIH/sida. Les études montrent que la criminalisation systématique de la toxicomanie ne contribue en rien à faire reculer l’épidémie, bien au contraire. En augmentant la vulnérabilité et la précarité de cette population, elles favorisent la propagation du VIH.
En Europe de l’Est et en Asie centrale, ce sont près de 70% des usagers de drogue qui seraient infectés et dans certains pays de cette région, 90 à 95% d’entre eux seraient porteurs de l’hépatite C. Quant à la méthadone, produit de substitution à l’héroïne permettant à la fois l’arrêt des injections et le sevrage des toxicomanes, elle est tout simplement prohibée par les autorités russes.
En dépit des évidences scientifiques, la mauvaise volonté des gouvernements d’Europe de l’Est à mettre place les moyens de prévention et de prise en charge pour ce groupe de population conduisent à un véritable désastre en matière de santé publique. Depuis 2001 le nombre de nouvelles infections au VIH diagnostiquées dans cette région a augmenté de 66% alors qu’en Suisse la politique dite des "quatre piliers" a permis de juguler la flambée de l’épidémie chez les usagers de drogue par injection, faisant baisser de façon spectaculaire le nombre de nouvelles infections par ce mode de transmission.
Source : http://www.groupesida.ch
VIENNE 2010 : des associations francophones collaborent
19 juillet 2010
Afin d’être au plus près de l’actualité, le Groupe Sida Genève, Fréquence VIH (Québec), AIDES (France) et la COCQ-SIDA (Québec) ont décidé de collaborer pour vous offrir le meilleur de la XVIIIe Conférence internationale sur le sida. Ce pool de rédaction a pour objectif d’assurer une présence accrue dans les multiples espaces, réunions se déroulant à Vienne.
Source : http://www.groupesida.ch