Actualités VIH

Texte publi� le mercredi 28 février 2007.

FRÉQUENCE VIH

MEXIQUE : Des soldats séropositifs réincorporés - ÉTATS-UNIS : CROI 2007 (2ème jour) - ÉTATS-UNIS : CROI 2007 (3ème jour) - ÉTATS-UNIS : AIDES à la CROI (dimanche 25 février) - ÉTATS-UNIS : AIDES à la CROI (lundi 26 février) - ÉTATS-UNIS : AIDES à la CROI (mardi 27 février) - FRANCE : Les politiques contre le sida... de gré ou de force - MOZAMBIQUE : Prés de 50% des cas de tuberculose ignorés - PALESTINE : « Il faut constituer une loi islamique sur le sida » - OUGANDA : Remise en question du succès de l’Ouganda dans sa lutte contre le VIH - ÉTATS-UNIS : Hommage des militants antisida à Elizabeth Taylor pour ses 75 ans

MEXIQUE : Des soldats séropositifs réincorporés

Agence France-Presse

Mexico

Le mardi 27 février 2007

La Cour suprême de justice du Mexique (SCJM) a voté mardi la réincorporation en tant que membres actifs dans l’armée mexicaine de quatre soldats, envoyés en retraite anticipée du fait de leur infection par le virus du sida, et le recouvrement intégral de tous leurs droits.

La SCJM a décidé, à 8 voix contre 3, que le ministère de la Défense et l’Armée pouvaient envoyer en retraite anticipée des soldats incapables d’accomplir leur tâche du fait de leur condition physique déficiente, mais ont refusé de considérer que le virus du sida fût un handicap physique en soi. On ne peut pas estimer que « l’infection par le VIH d’une personne soit une cause d’inutilité, en conséquence il est établi que la personne doive revenir au service actif et puisse jouir des prestations que lui accorde la loi », a déclaré l’un des membres de la cour José Ramon Cossio. Les juges de la Cour Suprême ont en outre considéré que les traitements inférieurs infligés aux soldats infectés par le VIH malgré leur aptitude à remplir leur devoir était un « traitement inégal et discriminatoire » et, en conséquence, anticonstitutionnel... (suite de l’article)

Source : http://www.cyberpresse.ca/

ÉTATS-UNIS : CROI 2007 (2ème jour)

publié en ligne : 27 février 2007

Compte rendu de la seconde journée de la CROI 2007 à Los Angeles rédigé sur place par deux militantEs d’Act Up-Paris.

Le deuxième jour de la 14e CROI commence par la traditionnelle plénière du matin. Le programme de cette session d’ouverture est à l’image de toute la conférence : d’une part un sujet très « international », la prévention de la transmission par l’allaitement au sein puis un sujet de recherche fondamentale, la pathogenèse du sida, quelle relation entre réplication virale et maladie sur des modèles animaux.

Lait maternel

Hoosen Coovadia, chercheur sud-africain de l’université KwaZuluNatal nous convie à découvrir un étrange paradoxe. Depuis de nombreuses années, la transmission de la mère à l’enfant a toujours été un des sujets de préoccupation essentiels de la recherche clinique. La prévention de ce mode de transmission par l’utilisation d’antirétroviraux est connue depuis plus longtemps que les antiprotéases. Les meilleurs techniques ont permis de réduire cette transmission, initialement d’environ 30%, à moins de 1% dans les pays industrialisés. Au Sud, l’accès à ce type de traitements est beaucoup moins fréquent, essentiellement à cause du prix des traitements. Depuis quelques années, les cliniciens ont renforcé ces traitements préventifs afin de mieux prendre en charge la maladie de la mère et de ne pas risquer le développement de résistances, ces traitements étant à cet égard insuffisants. On a donc été amenés à recommander des trithérapies. Parallèlement, l’accent a aussi été mis sur le risque de transmission que présentait l’allaitement au sein puisque le virus est présent dans le lait maternel. Ainsi, dans les pays développés, il avait été observé que lorsque les enfants étaient nourris au lait maternel, la transmission s’élevait en moyenne à 22%. Ce chiffre a pu être amélioré grâce à l’utilisation d’un traitement efficace chez la mère. Une trithérapie réussie réduit alors ce taux à 2%. Mais dans les pays du Sud, les résultats sont tout autres. La mortalité infantile est beaucoup plus élevée et le fait de nourrir les enfants au lait maternel leur confère une protection indispensable dans beaucoup de cas contre les maladies fréquentes chez les enfants. En effet, la mère, par son lait maternel, transmet à son bébé tous les éléments de son immunité que l’enfant ne possède pas encore.

Divers essais montés en Afrique ces dernières années ont donc conclu à l’intérêt de poursuivre l’allaitement au sein. Il a ainsi été observé un gain intéressant en matière de prévention des diarrhées, de la malnutrition et de la mortalité infantile par les maladies infectieuses. La principale cause de problèmes est l’insalubrité. L’accès à l’eau potable étant souvent un luxe, souvent la balance bénéfice/risque va pencher en faveur de l’allaitement maternel. Poursuivant ses recherches, l’équipe de Hoosen Coovadia nous présente aujourd’hui un modèle complet. Parmi les facteurs de risque aggravant la transmission, il y a le taux de CD4 de la mère. Ce risque est divisé par deux au dessus de 200CD4. Mais, précise le chercheur, c’est aussi un droit pour la mère de disposer d’un traitement pour elle-même. Les résultats nouveaux portent sur l’usage de l’allaitement exclusif au sein. Le chercheur sud-africain dévoile ses résultats qui montrent clairement un bénéfice en matière de transmission du VIH dans ce cas. Avec de tels résultats, il montre également la faisabilité en expliquant que les comportements sont adaptables pour peu qu’on mette en place l’accompagnement nécessaire. Enfin, il formule une recommandation qui permet discerner les situations où l’allaitement maternel apporte un bénéfice : dans les pays où la mortalité infantile dépasse 25 pour mille. Il nous a bien semblé à la sortie de cette session que nous venions d’assister à un tournant dans l’histoire de la transmission mère enfant, la controverse semblait enfin dissipée... (suite de l’article)

Source : http://www.actupparis.org/

ÉTATS-UNIS : CROI 2007 (3ème jour)

publié en ligne : 28 février 2007

Compte rendu de la troisième journée de la CROI 2007 à Los Angeles rédigé sur place par deux militantEs d’Act Up-Paris.

La plénière du jour nous fait visiter la planète sida par deux extrémités que l’on pourrait croire si différentes mais qui révèlent finalement toutes deux les faiblesses des systèmes qui les gouvernent. D’une part, Mathias Egger nous propose une analyse comparée de l’utilisation des traitements entre pays du nord et du sud. D’autre part, Harold Jaffe propose un tour d’horizon du sida aux Etats-Unis. Dans un cas comme dans l’autre, la preuve est étalée, flagrante, que l’on aurait pu faire mieux sans un acharnement à ne pas remettre en cause les idéologies et les ordres établis.

Africa is burning

Mathias Egger égrène les données avec son calme et sa rigueur toute helvétique tandis que se déroule devant nous le résultat de ce que les difficultés à faire parvenir des traitements en Afrique ont produit. Son analyse est faite de la compilation de données d’innombrables études de cohorte issues de 42 pays et de 176 sites de recherche. Un site internet est en train de rassembler toutes ces données ainsi que de proposer une observation régulière du devenir des personnes sous traitement antirétroviral. C’est donc une vision du devenir des personnes en traitement dans le monde à laquelle nous sommes conviés. Mathias Egger commence par présenter les conditions dans lesquelles les séropositifs commencent un traitement. Le compte moyen de lymphocytes CD4 des personnes au moment de la mise sous traitement est de 164 au Canada, 187 aux États-Unis, 102 dans les Caraïbes, 150 à 180 en Amérique du Sud, 200 en Europe de l’ouest, 179 à l’est, entre 123 et 86 en Afrique, entre 163 et 57 en Asie. Si une moyenne proche de 200 est à peu près stable au fil des années dans les pays occidentaux, elle est passée de 50 en l’an 2000 à 100 en 2005 en Afrique subsaharienne. Ces valeurs nous montrent que partout au monde, les traitements sont démarrés trop tardivement si l’on se réfère aux diverses recommandations. Sans surprise, ils sont d’autant plus retardés quand on est dans un pays pauvre.

Pour ce qui est des médicaments, les traitements les plus utilisés en première ligne sont lamivudine-zidovudine-efavirenz en Amérique du Nord, lamivudine-zidovudine-kaletra en Europe, lamivudine-stavudine-nevrapine en Asie et en Afrique. Mais la diversité des combinaisons n’est pas du tout la même selon la disponibilité des traitements. Ainsi pour 90% des patients, on utilise 59 combinaisons différentes en Amérique du nord, 47 en Europe, 11 en Amérique du sud et 3 en Afrique et en Asie. Puis vient la question du suivi. En compilant les données de 16 programmes d’accès au traitement, le chercheur montre que 4% des personnes ne reviennent pas après la première visite et que ce sont jusqu’à 16% des patients qui sont perdus de vue au cours des 6 premiers mois de traitement. Ce nombre de perdus de vue augmente avec le temps ainsi que chez les personnes ayant un compte de lymphocytes CD4 bas. La réponse au traitement ne diffère pas lorsque l’on compare une cohorte de 2000 patients africains avec la cohorte suisse pour ce qui est de la réponse initiale ainsi que sur les rebonds de charge virale. En revanche, le nombre de changement de traitements est deux fois moindre en Afrique. Les maladies opportunistes ne sont pas les mêmes et ne se présentent pas du tout avec la même incidence. Si les malades africains sont surtout atteints de tuberculose (25%), d’herpès (8%) et de cryptococcose (2,5%) les Suisses connaissent des maladies différentes et surtout à une incidence bien plus faible, tuberculose, sarcome de Kaposi ou rétinite à CMV sont toutes en dessous de 2,5%... (suite de l’article)

Source : http://www.actupparis.org/

ÉTATS-UNIS : AIDES à la CROI (dimanche 25 février)

Tuberculose ultrarésistante ; mise à disposition massive du lait artificiel pour les femmes séropositives au Botswana

Traditionnellement, le 1er jour de la conférence commence en fin de journée par deux plénières d’ouverture et quelques symposiums. Cette année, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a organisé un important symposium sur la tuberculose ultrarésistante, sur les conséquences de la politique du Botswana qui consiste à mettre à disposition gratuitement le lait artificiel pour les femmes séropositives qui viennent d’accoucher, sur l’évolution des stratégies de dépistage dans certains pays d’Afrique australe et sur les échecs des programmes de prévention de la transmission de la mère à l’enfant en Afrique. Les deux plénières d’ouverture étaient, quant à elles, consacrées aux récentes découvertes sur les corécepteurs (molécules à la surface des cellules qui permettent aux virus de les infecter) et à l’impact de la recherche sur la prise en charge des malades du sida en Haïti... (suite de l’article)

Source : http://www.aides.org/

ÉTATS-UNIS : AIDES à la CROI (lundi 26 février)

Prophylaxie pré-exposition par gel de Viréad (ténofovir) chez les macaques ; rôle du Zovirax (acyclovir) chez les femmes ; chlamydia et gonococcies chez les gays de San Francisco ; quel serait l’impact sur l’épidémie de VIH/sida de la mise à disposition d’un traitement pré-exposition pour réduire le risque d’infection du VIH sur les personnes séronégatives ? ; la mise sous traitement trop tardive des malades du sida explique des taux importants de mortalité en Ouganda ; les traitements de seconde ligne sont encore trop peu accessibles dans les pays en développement ; efficacité du traitement de 2e ligne par Kaletra au Cambodge ; les facteurs contribuant à l’épidémie de VIH/sida en Europe ; les gays représentent une population cible de la prévention partout dans le monde ; la circoncision est toujours un sujet brûlant ; les microbicides : un long chemin ; dosage des médicaments dans les cheveux ; comment réduire les complications dues aux traitements ? ; que faire dans la lipohypertrophie (graisse augmentée dans le ventre) ? ; l’efficacité du New fill enfin démontrée ; la toxicité mitochondriale du Zérit concerne aussi des cellules du muscle... (suite de l’article)

Source : http://www.aides.org/

ÉTATS-UNIS : AIDES à la CROI (mardi 27 février)

Le maraviroc actif contre les virus résistants ; le raltegravir (MK 0518) est également efficace contre les virus résistants ; concentration dans le sang des médicaments anti-VIH absorbés par les nouveaux-nés allaités par leur mère séropositive sous traitement ; mesurer la quantité de virus dans le lait des femmes séropositives qui allaitent ; Bactrim (cotrimoxazole) et moustiquaires imprégnées pour prévenir les épisodes de paludisme chez les enfants séropositifs ; l’étude ZEBS:interrompre brutalement l’allaitement maternel exclusif à 4 mois n’augmente pas la survie à 2 ans des enfants nés de mère séropositive ; vaccins, où en est-on ? résistance aux ARV (AntiRétroViraux, médicaments anti-VIH) dans les pays en développement ; ressemblances et différences de l’épidémie de sida dans différentes régions du monde ; des molécules pour inhiber la RNAase H ; de nouvelles recherches sur les inhibiteurs de co-récepteurs ; le sulfate de cellulose : un candidat microbicide malheureux ; cancers et séropositivité ; développement du Norvir comprimé... (suite de l’article)

Source : http://www.aides.org/

FRANCE : Les politiques contre le sida... de gré ou de force

Thomas Bronnec

Aides lance prochainement une campagne d’affichage sur le thème : "Voteriez-vous pour moi si j’étais séropositif ?". Certains candidats ont donné leur accord, comme Dominique Voynet. D’autres non ... Mais l’association passe en force.

Contre le sida, les politiques s’affichent... de gré ou de force. L’association Aides va prochainement lancer une campagne d’affichage sur le thème "C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs", directement inspirée de celle d’octobre 2006. Sauf que cette fois, les people laissent la place aux candidats à la présidentielle, avec comme slogan : "Voteriez-vous pour moi si j’étais séropositif ?". Aides leur a en effet demandé de poser pour sa campagne, et de s’engager sur six thématiques, déclinées en quelques propositions phares. Parmi elles, la revalorisation de l’allocation adultes handicapés, dont bénéficient un quart des personnes atteintes du VIH, l’autorisation du mariage et de l’adoption pour les homosexuels, ou encore le remplacement de l’aide médicale d’État par la couverture maladie universelle pour les étrangers en situation irrégulière.

Silence chez Royal et Sarkozy

Dominique Voynet est pour le moment la seule à s’être prêtée au jeu, devant l’objectif de Yann Arthus-Bertrand et à avoir répondu aux revendications, dès lundi. Olivier Besancenot, et Corinne Lepage doivent recevoir une délégation d’Aides cette semaine et se feront aussi tirer le portrait. Et le 7 mars, au nom de François Bayrou, ce sera au tour de Jean-Marie Cavada d’engager l’UDF sur les propositions de l’association... (suite de l’article)

Source : http://www.lexpress.fr/

MOZAMBIQUE : Prés de 50% des cas de tuberculose ignorés

21 février 2007 - PANAPRESS

Près de la moitié des cas de tuberculose au Mozambique sont non détectés, a annoncé l’agence de presse nationale, AIM, citant une déclaration mercredi du ministre mozambicain de la santé, Ivo Garrido.

"Dans notre pays nous arrivons à détecter seulement 50% des personnes qui souffrent de la tuberculose", a souligné M. Garrido, s’exprimant à Maputo, à l’ouverture d’une rencontre nationale sur la tuberculose. En 2006, a-t-il précisé, 35.492 cas de tuberculose ont été signalés, ce qui était une augmentation de 5% par rapport à l’année précédente. Mais malgré les efforts importants consentis pour élargir le réseau sanitaire depuis la fin de la guerre de 1992, il reste encore insuffisant, ainsi prés de la moitié des cas restent non détectés. Il y’a actuellement environ 1200 services de santé au Mozambique, mais seuls 250 peuvent faire des diagnostiques en laboratoire. Le principal problème, a dit M. Garrido, c’est de localiser les personnes qui ont cette maladie et qui ne sont pas traitées. "C’est la principale question sur laquelle il faudrait se pencher dans rencontre. Nous n’améliorerons pas la situation sans décider comment il faut renforcer notre capacité de diagnostiquer ces personnes qui ont cette maladie et qui sont éparpillées à travers le pays". Le problème est d’autant plus compliqué qu’il y’a une relation entre la Tuberculose et le VIH/SIDA. La tuberculose est l’une des plus fréquentes infections opportunistes qui frappent les personnes dont le système immunitaire a été compromis par le VIH. Le taux de co-infection au Mozambique est extrêmement élevé. M. Garrido a cité les chiffres de l’organisation mondiale de la santé (OMS) selon lesquels la moitié des patients de la tuberculose examinés dans les services sanitaires du Mozambique sont aussi séropositifs... (suite de l’article)

Source : http://www.jeuneafrique.com/

PALESTINE : « Il faut constituer une loi islamique sur le sida »

Réseau d’Information Palestinienne

Mustafa Sabre

27.02.07

La réalité du sida affecte des millions de personnes à travers le monde, mais elle est relativement mal connue dans le quotidien des Palestiniens. Une famille de Qalquilia (nord-ouest de la Cisjordanie) a vu sa vie basculer à cause de la maladie. Suite à une période d’extrême fatigue, Samia* décide de suivre une batterie d’examens qui lui détectera sa séropositivité.

La jeune femme s’est confiée à PNN : « Je suis atteinte du virus du sida à cause de mon mari. Ma peine est celle d’une femme musulmane mariée et conservatrice. Je sais que mon mari n’est pas fidèle et qu’il m’a trahi. » De son côté, son mari a également été déclaré séropositif mais il réfute les accusations de sa femme. Certaines sources consultées estiment que ce débat est une insulte et que l’identité de l’homme devrait être connue afin de « prévenir d’autres infections. »... (suite de l’article)

Source : http://french.pnn.ps/

OUGANDA : Remise en question du succès de l’Ouganda dans sa lutte contre le VIH

Écrit par Meera Manek, collaboration spéciale

28-02-2007

L’Ouganda est souvent applaudi comme étant un modèle africain dans la lutte contre le sida, mais le pays semble perdre du terrain.

Le gouvernement ougandais est souvent loué pour le progrès effectué dans la réduction du taux de prévalence du VIH à seulement 6 % en 2002 et pour avoir baissé les taux d’infection très élevés dans une région ravagée par le sida. Toutefois, les taux ont augmenté ces dernières années, et Tonny Takenzire du National Guidance and Empowerment Network (NGEN) en Ouganda suggère qu’ils sont maintenant plus près de 10 %. « Nous offrons des services médicaux à la campagne et ce que nous remarquons est différent de ce qu’avance le gouvernement », explique-t-il. Les données sur la prévalence et les cas d’infection au VIH démontrent des tendances vers la hausse depuis 2000, attribuable à l’augmentation de comportements sexuels à risque, à une pénurie de condoms et à la politique controversée de l’« ABC » qui a focalisé plutôt sur l’abstinence et la fidélité au lieu de la promotion de l’utilisation de préservatifs. Tonny Takenzire vit avec le VIH : « Je prends des médicaments depuis huit ans et en travaillant avec le NGEN, j’essaie d’écarter l’idée de l’abstinence. » Même si ABC signifie abstinence, être fidèle et l’utilisation du préservatif, Beatrice Were, d’ActionAid Ouganda, affirme que la politique « ABC » est maintenant une politique focalisant sur l’abstinence et la fidélité plutôt que sur l’usage de préservatifs. « La partie “C” est maintenant en grande partie silencieuse », commente-t-elle. Cette politique a heurté l’approche auparavant équilibrée de l’Ouganda, qui avait démontré son efficacité. Le programme ABC, aussi connu sous le nom de programme « abstinence seulement », a été conçu par les États-Unis et enseigne que l’abstinence de relations sexuelles est la seule méthode efficace pour prévenir l’infection au VIH. Human Rights Watch, organisation des droits de l’homme basée à New York, affirme que le financement pour la promotion de l’abstinence découle des opinions chrétiennes conservatrices du président Bush, qui sont similaires à celle de la première dame de l’Ouganda. Dans le plan d’urgence 2003 du président Bush pour prévenir les infections du sida et traiter les patients (PEPFAR), pour lequel M. Bush a promis 15 milliards de dollars US pour combattre l’épidémie du sida dans les pays du monde les plus affligés, l’Ouganda devait recevoir 201 millions de dollars US sur deux ans. Cependant, les fonds sont versés sous des conditions : au moins un tiers de l’argent pour la prévention doit être alloué à des projets concernant l’abstinence uniquement.

Selon des enquêtes démographiques et de la santé, les Ougandais ont leurs premières relations sexuelles tôt et plus de 50 % des Ougandaises ont eu un rapport sexuel avant l’âge de dix-sept ans, souvent avec une personne plus âgée. Les programmes centrés sur l’abstinence seulement ne parviennent pas à éduquer les jeunes femmes au sujet de l’utilisation de condoms et de la sexualité à risques réduits, car cela interfère avec l’objectif de l’abstinence. Selon les estimations, même si pratiquement un tiers de la population ougandaise adulte était infectée du VIH dans les années 80, ce taux a chuté à environ 15 % au début des années 90 et à 6 % en 2002. Le financement provenant de dons était favorable à la promotion de l’utilisation du préservatif, et cela, en plus de dépistages du VIH efficaces et un leadership politique actif ont aidé à combattre le sida en Ouganda. Toutefois, Eric Hawthorn, un responsable au sein du Département américain pour le développement international (DFID), fait remarquer que l’abstinence est une approche appropriée pour prévenir l’infection chez certains groupes à risque. Selon lui, il est « simpliste et erroné d’expliquer le fait que la prévalence du VIH/sida ne chute plus en se référant aux politiques favorisant l’abstinence ». Il y a de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi le nombre d’infections est encore élevé, incluant des facteurs biologiques, comportementaux, socioéconomiques et culturels. D’après M. Takenzire, les gens sont devenus plus négligents, car ils croient qu’ils peuvent être guéris du VIH. Stephen Lewis, l’envoyé spécial des Nations Unies pour le VIH et le sida en Afrique, est préoccupé par la pénurie de condoms dans le pays et que leur prix ait triplé. Dans une conférence de presse à la fin d’août, il a dit que le gouvernement ougandais agissait « sous l’influence de la droite religieuse américaine en menant une campagne de plusieurs milliards de dollars focalisant sur l’abstinence »... (suite de l’article)

Source : http://www.lagrandeepoque.com/

ÉTATS-UNIS : Hommage des militants antisida à Elizabeth Taylor pour ses 75 ans

AFP 27.02.07 | 19h58

Une organisation américaine de lutte contre le sida a rendu hommage à l’actrice britannique Elizabeth Taylor, pionnière de la sensibilisation à la pandémie et qui fête mardi ses 75 ans.

"A l’occasion de son 75e anniversaire, la Fondation d’aide aux malades du sida (AHF) souhaite honorer et remercier Elizabeth Taylor pour les plus de vingt ans pendant lesquels elle a lutté contre le sida", a affirmé le président de l’AHF, Michael Weinstein. "Cette actrice légendaire, icône du cinéma et du théâtre a joué un rôle historique dans le combat contre le sida, en prenant la parole en faveur des malades dès le début, lorsque la peur et la discrimination étaient très répandus", a souligné M. Weinstein dans un communiqué. L’AHF devait organiser mardi une séance de signatures d’une carte d’anniversaire géante à Los Angeles. Un grand panneau publicitaire situé sur Sunset Boulevard doit aussi souhaiter un bon anniversaire à la comédienne.

Source : http://www.lemonde.fr/



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