FRÉQUENCE VIH
FRANCE : Interview d’Olivier Jablonski (WARNING) pour le magazine LOM - VACCINS : Vaccin de Merck contre le sida : davantage de contaminés parmi les vaccinés - FRANCE : Dénonciation de l’expulsion imminente d’un malade du sida vers la Géorgie - AFRIQUE DU SUD : La menace d’une souche de tuberculose incurable est réelle, selon l’OMS - MONDE : Craintes et espoirs des migrants africains lusophones séropositifs - FRANCE : Sidaction réfléchit sur les tests de dépistage du virus VIH du sida à usage rapide - ÉTUDE : La PPE est mise à l’épreuve pour les expositions sexuelles au VIH à Los Angeles - FRANCE : Au service de la dynamique des pays du Sud - HAÏTI : Du cinéma pour combattre les idées fausses sur le sida - KIRGHIZSTAN : Quatre nouveaux cas de contamination par le VIH à l’hôpital - RECHERCHE : Cannabis et foie
FRANCE : Interview d’Olivier Jablonski (WARNING) pour le magazine LOM
mercredi 7 novembre 2007
Interview conduite par Serge Giordano (LOM- nov/déc 2007)
Pourriez-vous tout d’abord présenter l’association Warning ?
Warning a été créé en 2004 avec l’intention de réformer la prévention sida en France, parce qu’on la trouvait plus suffisamment en phase avec notre modernité et donc insupportable et idiote. Progressivement nous avons élargi notre réflexion autour de l’ensemble des questions de santé concernant les LGBT. C’est à ce titre que nous avons organisé la première conférence en Europe sur la "santé gaie" qui a déclenché par la suite de nombreuses initiatives dans d’autres associations. Plus généralement, nous avons abordé au travers de nombreux articles que l’on retrouve sur notre site (www.thewarning.info) des sujets importants tels que la pénalisation de la transmission, la remise en cause de la responsabilité partagée à la suite des procès, le bareback. Nous réfléchissons à une adaptation du safer sexe aux enjeux contemporains notamment avec la question de la séroadaptation. Warning est un petit groupe, probablement de dingues, qui souhaitent faire émerger une parole non dogmatique, non moralisatrice et respectueuse de la sexualité des homos.
Et Belle Tapiole ?
Belle Tapiole est un projet pilote de Warning lancé fin 2006. Nous proposons sur internet un ensemble de modules liés à la santé gaie dont la santé sexuelle. Tout est parti d’un constat. Si vous surfez, vous verrez que la prévention VIH est soit ringarde, soit partielle. On te dit : « mets une capote » dans toute situation et puis c’est tout. C’est un peu léger ! Quand on est en couple, on sait que cette injonction est inefficace. Cette forme de prévention a pu fonctionner dans les années 80 mais aujourd’hui ça ne marche plus. Nous nous sommes aussi rendu compte que des pans entiers de la santé des homosexuels n’étaient pas ou plus abordés, par exemple toute la question des hépatites A, B et C. Dans les années 80 chacun savait qu’il fallait se faire vacciner pour éviter l’hépatite B, parce que dans le Gai Pied, on en parlait souvent. Puis avec l’arrivée du sida, et tant que les traitements efficaces n’étaient pas disponibles, l’urgence était à la lutte contre le sida. Maintenant c’est différent et l’on sait que l’hépatite B tue plus que le sida en France. Alors il faut élargir l’approche et ne pas bosser que sur le VIH. La difficulté pour toutes les structures qui ont lutté contre le sida chez les gays, c’est maintenant de faire cette réforme, de s’affronter aussi au suicide des jeunes gays, à l’homophobie... Certains résistent, mais ils savent que leur temps est compté. D’autres vont de l’avant. Belle Tapiole est dans cette logique. Actuellement sur le portail Belle Tapiole nous avons ouvert 6 mini-sites. Parmi les principaux, je peux citer ceux sur les relations en couple et surtout celui dédié aux couples sérodifférents. C’est une première en France et dans le monde francophone. Il y a aussi un module drôle et très complet sur le traitement post-exposition, un autre sur les hépatites, ou encore la violence dans les couples... Et nous prévoyons un module plutôt orienté sexe.
Comment fonctionnez-vous ? Avez-vous des subventions ?
Tout se fait de manière bénévole. Nos subventions sont faibles, parce que nous ne passons pas notre temps à crier au loup et à dire que la situation est grave, contrairement à certains. Le faire nous aurait certainement ramené bien plus de subventions, en y perdant notre âme. La vraie question, c’est de développer des programmes sur le long terme tant que le vaccin n’est pas arrivé. Mais cela est moins rémunérateur surtout quand l’essentiel de notre activité est de produire de la réflexion et des idées.
Pourquoi avoir créé un site spécifique pour les couples homos sérodifférents, y avait-il une demande importante ?
La demande n’est peut-être pas massive, mais elle existe. Avec Serolove, c’est la première fois que nous avons autant de remerciements. Vivre avec un mec de statut sérologique différent, ce n’est pas toujours simple ni pour celui qui est séroneg ni pour celui qui est séropo. Encore fallait-il l’évoquer.
Répondez-vous aux interrogations du public par téléphone ?
Non, ce n’est pas notre job. C’est le rôle de Sida Info Service.
Lorsque vous voyez l’attitude de certaines personnes (prises de risques, bareback) n’avez-vous pas l’impression de travailler pour rien ?
En vous lisant, j’ai l’impression que cela ne vous est jamais arrivé. Peut-être que vous ne serez jamais concerné par ce que vous appelez « prise de risque » et que j’appellerai un rapport sexuel sans préservatif. La pensée du risque m’agace de plus en plus car elle est dominante dans le monde de la prévention. Mais elle n’amène rien d’intéressant, sauf à discriminer et à juger. Et puis parler en permanence de prise de risque, cela génère du stress émotionnel chez les gays sans leur fournir aucune solution innovante pour éviter d’être contaminé. Sans parler des conséquences sociales d’une telle focalisation moralisatrice ! Ca stigmatise les homos comme un groupe d’inconscients voire de criminels... C’est politiquement et juridiquement contre-productif et dangereux pour l’avenir de nos revendications à l’égalité. Tous les rapports anaux sans préservatif ne sont pas nécessairement à risque d’infection VIH et puis, faire l’amour sans préservatif est quelque chose de très naturel. C’est l’endémie VIH qui ne l’est pas. Et quand elle dure plus de deux décennies, il n’est pas facile de tenir. Pour moi, voir des personnes continuer à faire l’amour dans ce contexte, avec ou sans préso, c’est un signe de vitalité, de capacité à survivre dans un contexte défavorable. Et c’est déjà pas mal. Si à Warning on peut offrir des pistes pour aider certains à tenir et à éviter de se contaminer, on sera déjà bien content, même si c’est utopique.
Quels sont les projets de votre association ?
Actuellement nous travaillons à ce livre sur la santé gaie. De nombreux militants homos et chercheurs de plusieurs pays ont accepté de collaborer. Et ça va déménager.
Source : http://www.thewarning.info/
VACCINS : Vaccin de Merck contre le sida : davantage de contaminés parmi les vaccinés
AFP / 07 novembre 2007
WASHINGTON - Le vaccin contre le sida testé par le laboratoire Merck et dont les essais viennent d’être arrêtés, était non seulement inefficace, mais les personnes vaccinées ont été plus nombreuses à contracter le virus que celles traitées avec un placebo, selon des résultats publiés mercredi.
Le laboratoire pharmaceutique américain avait annoncé le 22 septembre avoir mis fin à ses essais d’un vaccin contre le sida, le V520, qui avait été décrit comme très prometteur, après qu’une étude eut montré qu’il n’était pas efficace. Or, un compte-rendu plus approfondi du test clinique, publié par Merck mercredi, montre que les volontaires non contaminés par le virus VIH/sida au début des tests ont été plus nombreux à le contracter par la suite que ceux ayant reçu un placebo. Le vaccin a été fabriqué en utilisant une réplique affaiblie d’un des virus du rhume les plus communs, l’adenovirus de type 5 (Ad5), utilisé comme vecteur pour trois gènes du virus VIH produits synthétiquement. Les tests ont été menés sur quelque 3.000 volontaires de 18 à 45 ans, présentant des risques variés de contamination par le virus du VIH/sida en fonction de leur mode de vie, dans différentes parties du monde. Dans un échantillon de volontaires négatifs au VIH/sida au début du test, et présentant une faible immunité au virus Ad5, 24 cas d’infections par le virus VIH ont été observés parmi les 741 volontaires ayant reçu au moins une dose de vaccin, contre 21 parmi les 762 participants qui avaient reçu le placebo. Dans un sous-groupe de cet échantillon, qui avait reçu au moins deux doses et dont les membres étaient négatifs au VIH/sida pendant au moins 12 semaines, 19 cas d’infection par le VIH ont été observés parmi les 672 volontaires ayant reçu le vaccin, contre 11 parmi les 691 volontaires qui ont reçu le placebo. Merck précise que l’administration du vaccin ne peut pas transmettre directement le virus du VIH/sida. Mais le laboratoire indique que les volontaires ayant été vaccinés sont informés du fait que les risques qu’ils soient contaminés par le VIH sont potentiellement plus importants pour eux, s’ils y sont exposés. Ces données "sont remarquablement complexes", a commenté Keith Gottesdiener, vice-président des laboratoires Merck et responsable de la division de la recherche clinique sur les vaccins et les maladies infectieuses… (suite de l’article)
Source : http://www.romandie.com/
FRANCE : Dénonciation de l’expulsion imminente d’un malade du sida vers la Géorgie
Mis en ligne le 08/11/07
Aides, Act Up et la Cimade ont dénoncé mercredi l’expulsion imminente d’un malade du sida vers la Géorgie, pays où les associations estiment qu’il n’aura pas accès au traitement et au suivi médical que son "état grave" nécessite.
Les associations estiment dans un communiqué que "le ministère de l’Immigration condamne à mort" cet homme de 39 ans, actuellement au centre de rétention à Metz et déplorent que la procédure d’expulsion suive son cours alors que "le directeur de cabinet du ministre avait assuré en septembre son attachement à la non expulsion des personnes gravement malades". Monsieur P., qui se dit Russe mais que la Géorgie a reconnu comme étant un de ses ressortissants, est arrivé en juillet 2007 en France, et s’est fait contrôler sans papiers sur le chemin de l’antenne de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) de Metz, selon Adeline Toullier, juriste à Aides. C’est en rétention qu’il a découvert sa pathologie à la faveur d’un bilan médical : il a alors été placé sous trithérapies en août. "Il n’était donc pas venu en France pour se soigner, ce n’est pas un réfugié sanitaire". "Il a perdu 20 kg en trois mois, il est dans un état physique grave, il est très angoissé. Humainement, c’est inadmissible", déplore la juriste de Aides… (suite de l’article)
Source : http://v2.e-llico.com/
AFRIQUE DU SUD : La menace d’une souche de tuberculose incurable est réelle, selon l’OMS
LE CAP (AFP) - 08/11/2007
L’apparition d’une souche incurable de tuberculose est une menace réelle puisque la maladie montre toujours plus de résistance aux traitements médicaux, ont estimé jeudi des experts en marge d’un Congrès mondial sur la santé pulmonaire en Afrique du Sud.
"Le danger est réel", a déclaré Mario Raviglione, directeur du département sur la tuberculose au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). "Des scénarios apocalyptiques ne sont pas très probables, mais ils ne sont pas impossibles non plus", a-t-il ajouté. Jerald Sadoff, président de la Fondation Aeras pour un vaccin global contre la tuberculose, a expliqué que la menace augmentait à cause de la multiplication des cas de tuberculose multirésistante (MDR-TB) et ultrarésistante (XDR-TB). "Comme nous avons de plus en plus de cas de XDR-TB, la probabilité augmente. C’est une question de chiffres", a-t-il dit. Environ deux milliards de personnes sont infectées par le bacille de la tuberculose dans le monde et environ 1,6 million en meurent chaque année, notamment parmi les porteurs du virus du sida dont le système immunitaire est déficient.
Source : http://www.tv5.org/
MONDE : Craintes et espoirs des migrants africains lusophones séropositifs
LISBONNE, 7 novembre 2007 (PlusNews) - Le coeur de Margarida Martins, présidente de l’organisation non gouvernementale portugaise Abraço de soutien aux personnes séropositives, se serre à chaque fois qu’elle voit apparaître sous ses fenêtres du centre de Lisbonne, la capitale portugaise, des femmes africaines, l’air désespéré, avec leurs enfants dans les bras.
La grande fenêtre du bureau de Mme Martins donne sur la place José Luís Champalimaud, située dans le centre de Lisbonne, où de nombreux immigrants vivent. Les femmes qu’elle aperçoit depuis sa fenêtre attendent de l’autre côté de la rue, de peur de pénétrer dans son bâtiment. « C’est très douloureux de voir ces personnes qui viennent ici, complètement démunies, à la recherche d’antirétroviraux (ARV) », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews. La législation portugaise stipule que les immigrants illégaux qui souffrent de maladies mortelles – tel que le sida – et dont le traitement est disponible dans leur propre pays, peuvent rester sur le sol portugais durant une année afin de recevoir des soins médicaux. Passé ce délai, ils sont dans l’obligation de quitter le Portugal. Si le traitement n’est pas disponible dans leur pays d’origine, les immigrants peuvent rester plus longtemps, comme c’est le cas la plupart du temps pour les enfants infectés par le VIH qui ont besoin d’ARV pédiatriques, ou encore pour les Angolais d’âge adulte qui ont besoin d’ARV de seconde ligne qui ne sont pas disponibles dans leur pays. Cette politique s’adresse aussi aux patients qui souffrent de maladies mettant leur vie en danger, comme par exemple l’insuffisance rénale. Si les équipements d’hémodialyse ne sont pas disponibles dans le pays d’origine de ces malades, ils ont aussi la possibilité de rester au Portugal. « Sur de tels sujets, il y a eu une véritable politique d’ouverture de la part des autorités portugaises au cours de ces dernières années », a souligné Antonio Rodrigues, un assistant social et conseiller auprès de l’ONG Abraço. Aujourd’hui, quelque 50 Angolais, en plus d’autres ressortissants de pays africains lusophones, reçoivent des traitements ARV grâce à cette ONG. « De nombreuses personnes infectées par le VIH qui commencent leur traitement ARV en Angola disent qu’il y a souvent une pénurie de médicament dans leur pays ; elles se plaignent aussi d’un manque de confidentialité », a indiqué Mme Martins. Le problème de la plupart des ces immigrants « et que non seulement ils ne connaissent pas les recours légaux auxquels ils ont droit, mais ils ne connaissent pas non plus vers quelles institutions portugaises se tourner afin de les aider à diriger dans ce dédale bureaucratique », a affirmé Flora Silva, présidente d’Olho Vivo, une ONG qui aide les immigrants à s’installer au Portugal. « La peur de se voir reconnus comme immigrés illégaux et d’être rapatriés chez eux est la raison principale qui les empêche de demander de l’aide »… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/ [Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
FRANCE : Sidaction réfléchit sur les tests de dépistage du virus VIH du sida à usage rapide
08/11/2007 (Par Pierre MELQUIOT)
Sidaction organise le 9 novembre une journée de réflexion sur les tests de dépistage du virus VIH du sida à usage rapide. Cette journée réunira l’ensemble des intervenants de la lutte contre le sida.
Sidaction organise le 9 novembre 2007 une journée de réflexion sur le dépistage du VIH « hors les murs » à l’aide de tests rapides. Un dépistage tardif du sida est souvent synonyme de prise en charge tardive. Or, en France, trop de malades découvrent leur séropositivité alors qu’ils présentent déjà des symptômes de maladies opportunistes ou que le virus a déjà profondément affaibli et affecté leur système immunitaire. Une personne prise en charge tardivement a un risque 16 fois plus élevé de décéder dans les 6 mois qui suivent le diagnostic de l’infection. Par ailleurs, les personnes qui ne connaissent pas leur statut sérologique risquent d’être à l’origine de nouvelles contaminations. Or, les tests de dépistage du sida à usage rapide modifient la pratique du dépistage du VIH. Ils se prêtent tout particulièrement à être utilisés « hors les murs », c’est-à-dire en dehors des cadres traditionnels comme les hôpitaux, laboratoires d’analyses médicales, Centres de Dépistage Anonymes et Gratuits (C.D.A.G.)... Ces tests sont réalisés par prélèvement d’un petit échantillon de fluide oral (salive et muqueuse buccale) ou de sang sur le doigt, et les résultats sont connus en 15 minutes au lieu de 24 heures en moyenne dans les laboratoires de ville ou une semaine dans les C.D.A.G. En usage dans certains pays européens, notamment en Grande Bretagne, aux Pays-Bas et en Suisse, les tests rapides ne sont pas, à ce jour, utilisés en France en vue du diagnostic de l’infection par le VIH.
Vendredi 9 novembre 2007, Sidaction organise une journée de travail regroupant l’ensemble des intervenants de la lutte contre le sida, associations, administrations, soignants et chercheurs, pour examiner les conditions de la mise en place de programmes de dépistage à l’aide de ce type de tests. Les questions abordées porteront : sur la capacité de ces programmes à toucher des personnes fortement exposées au risque de transmission du VIH ou éloignées des dispositifs traditionnels de dépistage ; sur l’adaptation du counselling pré et post test à ces nouveaux cadres et outils ; sur l’inclusion des personnes qui découvrent leur séropositivité lors de ces tests rapides dans un parcours de soins ; sur d’éventuels ajustements des stratégies de prévention… (suite de l’article)
Source : http://www.actualites-news-environn...
ÉTUDE : La PPE est mise à l’épreuve pour les expositions sexuelles au VIH à Los Angeles
Sean R. Hosein
Date d’affichage : 2007-11-07
Bien que le VIH ait été isolé en 1983, les efforts pour mettre au point un vaccin susceptible de protéger les humains contre ce virus se sont avérés difficiles. Cette difficulté tient partiellement à l’insuffisance de notre compréhension du système immunitaire, notamment en ce qui concerne les tissus qui rencontrent en premier le VIH, c’est-à-dire l’anus, la bouche, le pénis et le vagin. De plus, le virus provoque des changements complexes dans le système immunitaire qui sont difficiles à corriger. En effet, plus les chercheurs en savent sur l’interaction entre le VIH et le système immunitaire, plus les obstacles qui jonchent le chemin menant vers la création d’un vaccin semblent décourageants. Ainsi, pour l’instant, la pratique du sécurisexe demeure essentielle pour limiter la transmission du VIH chez les personnes sexuellement actives.
Le sécurisexe n’est toutefois pas une pratique universelle, et le nombre d’infections par le VIH continue de grimper dans les pays à revenu élevé de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Certains chercheurs envisagent donc d’avoir recours à des médicaments pour limiter la propagation de l’infection au VIH. Une possibilité réside dans l’administration, pendant une période relativement courte, de médicaments anti-VIH tout de suite après une exposition possible au VIH. Il s’agit d’une prophylaxie post-exposition ou PPE. L’espoir réside dans la possibilité que les médicaments faisant partie d’une PPE réussissent à empêcher le VIH d’infecter les cellules. Si on parvient à limiter ainsi la multiplication du VIH, les chercheurs espèrent que le système immunitaire sera capable de maîtriser le virus.
Des leçons tirées des singes
Puisque aucun essai randomisé contrôlé contre placebo n’a été réalisé pour évaluer l’efficacité de la PPE après une exposition éventuelle au VIH, la plupart des recommandations à ce sujet, notamment en ce qui a trait aux expositions sexuelles au VIH, ont découlé d’études menées sur des singes. Lors de ces études, dont plusieurs ont été réalisées vers le milieu ou la fin des années 90, les chercheurs ont donné du ténofovir (Viread), un médicament anti-VIH, à des singes après les avoir infectés par le VIS—virus de l’immunodéficience simienne. Ce virus peut causer une maladie ressemblant au sida chez certains singes. Les chercheurs ont trouvé que l’administration du ténofovir aux singes dans les 24 heures suivant l’exposition au VIS et la poursuite du traitement pendant 28 jours consécutifs empêchaient le VIS de se répliquer et de s’installer pour de bon chez les animaux. Toutefois, lorsque le traitement était amorcé 72 voire aussi peu que 48 heures après l’exposition, la protection contre le VIS s’affaiblissait considérablement. À la lumière de ces résultats, les lignes directrices traitant de l’usage de la PPE chez les humains prônent le recours aux médicaments anti-VIH dans les 72 heures (idéalement dans les 24 heures) suivant l’exposition au VIH. Ce traitement devrait se poursuivre pendant 28 jours.
Compte tenu de l’intérêt suscité par la PPE, des chercheurs de l’UCLA (University of California, Los Angeles) ont mené une étude afin d’évaluer son innocuité et de déterminer si les personnes les plus à risque de contracter le VIH étaient susceptibles d’y avoir recours. Les résultats de ce projet pilote de six mois sont prometteurs et pourraient favoriser la conduite d’autres recherches sur la PPE à l’avenir… (suite de l’article)
Source : http://www.catie.ca/
FRANCE : Au service de la dynamique des pays du Sud
Le Quotidien du Médecin
Christian DELAHAYE
08-Nov-2007
EN PRENANT la direction du GIP ESTHER (Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau), où il succède à Anne Petitgirard, le Pr Brücker réaffiche un engagement personnel jamais démenti dans la lutte contre le sida. Chef du service de santé publique au département des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (1994-2002), ce professeur de santé publique, responsable de la formation santé publique et pays en voie de développement à l’université Paris-VI, spécialiste en épidémiologie des maladies transmissibles, a présidé l’association Médecins du monde (1991-1993), dont il reste président d’honneur. Il a siégé au conseil d’administration de l’ANRS (Agence nationale de lutte contre le sida, 1996-1998).
En tant que chargé de mission du ministre délégué à la Santé, Bernard Kouchner, il a lui-même directement participé à la création et à la mise en place du GIP, en mars 2002. Né de la volonté française d’encourager la coopération hospitalière et associative pour lutter contre le VIH-sida entre la France et les pays en développement d’Afrique et d’Asie, ESTHER soutient aujourd’hui activement 148 structures hospitalières dans une quinzaine de pays. Ses deux ministres de tutelle, Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Roselyne Bachelot (Santé), se sont engagés conjointement à « doter le GIP des ressources financières nécessaires pour faire face aux nouveaux enjeux ». Dans un premier temps, le Pr Brücker annonce qu’il va procéder à « un état des lieux des besoins concernant les jumelages entre hôpitaux du Nord et hôpitaux du Sud ». Le nouveau directeur se déclare « frappé par l’extraordinaire dynamique qui s’est mise en place en Afrique, avec des équipes de cliniciens et de biologistes », une dynamique qu’il désire « accompagner ». Tout en approuvant la politique du Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, présidé par Michel Kazatchkine, qui privilégie l’accès aux traitements, le nouveau directeur d’ESTHER entend « développer tout un volet d’accompagnement biologique et social, en travaillant à la décentralisation des modes de distribution des antirétroviraux et à la création de laboratoires pour faire les numérations de CD4 et détecter la charge virale ». Il veut aussi « contrer l’exclusion sociale massive dont pâtissent encore aujourd’hui beaucoup de malades, en particulier en Afrique ».
Source : http://sidanet.refer.org/
HAÏTI : Du cinéma pour combattre les idées fausses sur le sida
PORT-AU-PRINCE, 8 novembre 2007 (PlusNews) - Dans un pays où plus d’un Haïtien sur quatre pense que le VIH/SIDA peut se transmettre par des moyens surnaturels, le cinéma se révèle parfois un allié de taille pour convaincre les populations qu’il y a des moyens de lutter contre l’épidémie.
Selon la quatrième Enquête mortalité, morbidité et utilisation des services (Emmus) menée en 2005-06 par l’Institut haïtien de l’enfance avec des financements internationaux, 32 pour cent des femmes et 23 pour cent des hommes ont déclaré que le VIH/SIDA pouvait se transmettre par des moyens surnaturels. « Haïti est un pays dominé par la mentalité du magique, où il n’y a presque pas de maladie ou de mort naturelle », a expliqué à IRIN/PlusNews Arnold Antonin, cinéaste haïtien et auteur d’un film intitulé ‘Le Président a-t-il le sida ?’. « Le vaudou est un élément fondamental de la culture et on procède par exorcisme face aux maladies graves. Il est très difficile, quand cette vision de la maladie et de la mort est bien ancrée, d’aborder le problème [du sida] de manière rationnelle et scientifique ». Dans un pays qui figure parmi les plus pauvres du monde et où deux adultes sur cinq sont analphabètes, le VIH est donc encore souvent vu comme un mauvais sort : il est dit d’une personne infectée qu’on lui a « envoyé la mort sida ». Sorti en 2005 sur les écrans, alors que le pays était en proie à l’insécurité et aux violences liées aux gangs, et plusieurs fois récompensé par des prix internationaux, le film de M. Antonin, qui bouscule les croyances et les comportements sociaux, a eu un fort retentissement en Haïti. ‘Le Président a-t-il le sida ?’ raconte l’histoire de Nina, une jolie jeune fille qui tombe amoureuse de Dao, jeune star convoitée du Kompa, la musique populaire haïtienne. Ce dernier, étourdi par son succès, brûle la vie par tous les bouts mais croit être protégé du risque d’infection au VIH grâce au vaudou. C’est Nina qui va faire prendre conscience à Dao de son aveuglement, et va le soutenir lorsque son infection au VIH sera confirmée. A travers leur histoire et celle de Larrieux, un politicien persuadé qu’il peut tout obtenir grâce à son pouvoir et son argent et n’accepte pas que Nina puisse refuser ses avances, M. Antonin a voulu adresser plusieurs messages à ses concitoyens. « Le premier message c’était d’abord de dire que le sida est une maladie [bien réelle] dont on peut se prémunir, avec les préservatifs par exemple », a expliqué le cinéaste. Un message qu’il n’est pas superflu de rappeler en Haïti puisque selon l’Emmus, 25 pour cent des femmes et 15 pour cent des hommes pensent qu’il n’existe aucun moyen de se protéger de l’infection –une proportion qui dépasse 40 pour cent des femmes dans le département rural du Centre, au cœur du pays. M. Antonin a aussi souhaité s’élever contre la stigmatisation liée au VIH, toujours très vive en Haïti. Il a voulu encourager ses concitoyens à « ne pas aller chez le sorcier ou le pasteur mais chez le médecin, si on a le sida ou si on pense l’avoir », et enfin à respecter les femmes, principales victimes du VIH et des violences, y compris sexuelles, en Haïti… (suite de l’article)
Source : http://www.irinnews.org/fr/ [Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
KIRGHIZSTAN : Quatre nouveaux cas de contamination par le VIH à l’hôpital
AFP 08.11.07
Quatre nouveaux cas d’enfants infectés par le VIH/sida ont été découverts dans des hôpitaux du sud du Kirghizstan, portant à 26 le nombre de personnes contaminées par le virus en raison de négligences médicales, a annoncé jeudi le ministère kirghiz de la Santé.
"Désormais, 26 contaminations par le VIH ont été mises en évidence chez 21 enfants et cinq adultes", a annoncé devant la presse le directeur-adjoint du service soins du département de lutte contre le sida du ministère, Erkin Bakiev. Le précédent bilan faisait état de 22 infections dont 17 enfants. Les nouveaux cas concernent des enfants âgés de deux à trois ans. Les premières contaminations ont été découvertes fin juillet dans le sud de cette ex-république soviétique d’Asie centrale. Quatre médecins ont d’ores et déjà été limogés et sont poursuivis pour négligence. Un scandale similaire avait éclaté en 2006 au Kazakhstan voisin, où une centaine d’enfants avaient été contaminés par le VIH en milieu hospitalier, conduisant à la condamnation de 21 responsables médicaux à des peines allant jusqu’à huit ans de prison ferme.
Source : http://www.lemonde.fr/
Hépato-Gastro. Volume 14, Numéro 6, 435-9, novembre-décembre 2007, Mini-revue
DOI : 10.1684/hpg.2007.0164
Auteur(s) : Christophe Hézode, Sophie Lotersztajn, Ariane Mallat , Service d’Hépatologie et de Gastroentérologie, CHU Henri Mondor, Créteil, Inserm U841, CHU Henri Mondor, Créteil.
Résumé : La consommation de cannabis (marijuana, Cannabis sativa) a augmenté durant les 30 dernières années dans le monde occidental. Le cannabis contient plus de 60 composés, dont le principal est le Δ 9–tétrahydrocannabinol (THC). Ils se fixent sur deux récepteurs, CB1 et CB2. Les récepteurs CB1 prédominent dans le cerveau et sont responsables des effets psychoactifs, analgésiques, antiémétiques et orexigènes des cannabinoïdes. Les récepteurs CB2 sont exprimés dans les cellules du système immunitaire et exercent des effets immunomodulateurs et anti-inflammatoires. L’expression de ces deux récepteurs a été également mise en évidence dans plusieurs tissus périphériques comme le foie. Il existe des ligands endogènes de ces récepteurs qui forment la famille des endocannabinoïdes, dont le mieux caractérisé est l’anandamide.Au plan hépatique, des études expérimentales ont montré que les cannabinoïdes par l’induction de CB1 participaient à la genèse de la stéatose hépatique par un mécanisme central, augmentation de la prise alimentaire et par des mécanismes périphériques, régulation du métabolisme glucido-lipidique, diminution de la lipolyse et augmentation de la stéatogenèse hépatocytaire. Il a été rapporté que le développement de l’hypertension portale était favorisé par l’anandamide. Des données expérimentales ont montré dans des modèles de fibrogenèse hépatique, un rôle profibrogénique de CB1 et antifibrogénique de CB2. Chez l’homme, la consommation quotidienne de cannabis est associée au cours de l’hépatite chronique C à une vitesse de progression de la fibrose rapide et à la présence plus fréquente d’une fibrose sévère. Ces résultats sont en accord avec les propriétés profibrogéniques de CB1 et doivent inciter à recommander aux malades atteints d’hépatite chronique C de s’abstenir d’un usage régulier de cannabis. L’ensemble des données actuelles invite à évaluer l’efficacité du rimonabant (antagoniste CB1) dans la fibrogenèse hépatique, la stéatopathie métabolique et dans l’hypertension portale… (suite de l’article)
Source : http://www.john-libbey-eurotext.fr/


