Fondé à l’automne 1989 à Montréal, le CPAVIH a clairement exprimé par la voix de ses membres sa volonté de mettre un terme à son existence légale. Des vingt-six personnes présentes, vingt-quatre ont voté pour la dissolution de la corporation en ce samedi 19 avril 2008. Un des administrateurs du conseil d’administration a résumé en ces termes l’objectif de cette assemblée générale spéciale : « nous avons maintenu trop longtemps le CPAVIH en état d’euthanasie passive, il faut avoir aujourd’hui le courage de passer à l’euthanasie active ».
Personne n’avait le cœur à la célébration. Au contraire, plusieurs ont exprimé leur désarroi et leur tristesse d’avoir à accomplir ce geste. On a pu entendre des hommages spontanés faits aux employés et bénévoles du CPAVIH depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Cet organisme communautaire représentant des centaines de personnes séropositives aurait pu s’étioler encore pour finalement s’éteindre faute d’activités et d’argent, comme la plupart des organismes en difficulté le font. Ses membres ont choisi d’inscrire leur décision dans le temps et l’Histoire en votant la dissolution du CPAVIH. Un geste concret et porteur de symbole. Le CPAVIH a depuis longtemps été l’objet d’attaques et de moqueries de la part de ses propres membres et du milieu VIH dans son ensemble, il lui fallait ce sursaut de dignité pour sortir de scène la tête haute.
Fréquence VIH diffusera très prochainement des témoignages (audio et écrits) sur cette nouvelle et sur le rôle que le CPAVIH a joué dans la vie de plusieurs d’entre nous. Si vous avez l’envie de vous exprimer là-dessus, vous pouvez écrire à cette adresse. Vos commentaires seront publiés sur une page de Fréquence VIH réservée à ce sujet. N’oubliez pas de mentionner si vous désirez garder l’anonymat (avec un pseudonyme) ou signer votre commentaire de votre nom propre.
N.B. Les membres du CPAVIH recevront par courrier prochainement le compte-rendu de cette assemblée et d’autres renseignements pertinents sur les services traditionnellement offerts par le CPAVIH et maintenant repris par certains organismes.
A.M.