Nouvelles du Burundi
Le Burundi s’associera prochainement à la communauté internationale pour célébrer la JMS (Journée Mondiale du Sida) le 01/12/2005.
Le thème étant : « Ne tournez pas le dos au sida », ce jour sera une occasion idéale pour nous les PVVS ,de réfléchir sur la place que nous occupons dans la bataille contre le VIH. Sera aussi une occasion de manifester encore une fois notre soutien au Gouvernement pour faire face à l’épidémie du VIH. Cependant, la plus grande (...)
L’actualité de cette fin d’année est riche et variée en rapport avec le VIH au Burundi. Tous les acteurs dans le domaine de lutte contre le sida au Burundi se préparent à présenter les bilans des activités réalisées tout le long de cette année qui pointe déjà à l’horizon.
Le Conseil National de lutte contre le sida présidé par Mr Pierre NKURUNZIZA , Président de la République, vient de tenir sa réunion ordinaire ce lundi 14/11/2005. Il était question d’évaluer les points forts et les problèmes rencontrés pour jeter ainsi les bases d’une nouvelle riposte contre le VIH/SIDA. Mais la composition de ce Conseil n’inspire pas confiance aux PVVIH Ces dernières y sont très peu représentées. On s’imagine comment on pourra arriver à convaincre et influencer une décision qui avantagera les PVVIH si on est représenté à moins de 1% dans ce conseil.
Les Parlementaires ne sont pas eux aussi en reste pour le combat contre le VIH. Réunis en session ordinaire de ce dernier trimestre 2005, ils n’ont pas oublié dans leur agenda, la question VIH. Des descentes conjointes des membres du Gouvernement et du Parlement vont être effectuées pour échanger avec les nouveaux élus de la base et les sensibiliser à la lutte contre le sida. Ceci prouve que la problématique VIH est incluse dans les priorités du Gouvernement et c’est un signe qu’il y a la volonté de tous de contribuer au riposte VIH. Des hommes d’Eglise sortent de leur inaction auparavant décriée. Un pasteur d’une Eglise protestante s’exprime sur l’usage du préservatif dans le quotidien burundais d’informations -le Renouveau- du 10/11/2005. "Dans certaines circonstances, il faut tolérer le préservatif. C’est lorsqu’un couple marié est infecté par le vih, il ne doit pas se séparer ou se priver des relations conjugales.... Les victimes du sida ne sont pas les grands pêcheurs, certains parmi eux sont des ssaints et d’autres sont victimes de l’irresponsabilité des autres."
D’autres intervenants sont les entreprises privées. La plupart de ces entreprises commencent à adhérer à l’esprit de solidarité. Elles interviennent dans la libération des indigents retenus dans différents hôpitaux pour n’avoir pas pu payer leurs factures car le pays n’est plus en mesure de faire soigner les malades. Dans un pays profondément déchiré par la guerre civile, traumatisé par des violences inouïes, et des maladies de toute sorte (le sida en première position), la population locale et la communauté internationale en agissant de concert pourront donner ainsi un espoir d’un lendemain meilleur. Parmi ces acteurs, il ne faut pas ignorer le rôle des PVVIH. Celles-ci ne seront acceptées et intégrées que si elles font de la lutte contre le sida leur combat personnel et deviennent des acteurs plutôt que des victimes. On doit chaque fois se rappeler du dicton : "Tout ce que vous faites pour moi sans moi,vous le faites contre moi". Le Burundi est actuellement classé Bon Elève par l’ONUSIDA grâce à l’effort concerté de tous ces acteurs, principalement les plus concernés, les PVVIH regroupées en Réseau Burundais des PVVIH (RBP+). Il est vrai que beaucoup de nos camarades sont morts sans avoir bénéficié des ARV. Ce n’est qu’au début de l’année en cours que 5.227 PVVIH ont eu accès gratuit à ces médicaments grâce au gouvernement et au Fonds de Solidarité Thérapeutique International. L’arrivée de ces médicaments a nettement amélioré la situation de nos malades mais il n’y a pas de garantie de la pérennité de cette action. Si nous n’arrivons pas à faire des efforts pour nous prendre en charge, il faut savoir que ces aides extérieures ne sont pas intarissables.