Ce matin du jeudi 29 novembre se tenait une conférence de presse de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-Sida) sur la discrimination vécue par les personnes séropositives du Québec. Sujet de l’heure, s’il en est un, puisque le premier décembre est la Journée internationale sur le sida et pourtant…
Quel triste constat, on doit faire ! Ce sujet n’intéresse pas les médias puisqu’à part Fréquence VIH, personne ne s’est présenté pour entendre ce que la COCQ-sida avait à dire et ce que trois personnes séropositives ont raconté sur la discrimination qu’elles vivent au quotidien.
Danièle de Montréal qui sort d’une longue période de maladie voudrait bien retourner au travail, mais si elle le fait, elle risque de devoir rembourser son assurance-salaire ; elle devrait se résigner à travailler au noir, ce qu’elle refuse de faire. Jacques qui vit en région se fait soigner à Montréal parce que les vrais soins de santé pour les personnes séropositives sont uniquement dans les grands centres et que l’anonymat est impossible en région. Ken croit que toute tentative de retour au travail pour une personne séropositive risque de lui coûter son statut d’invalidité, ce qui fait que si sa tentative de retour échoue, elle se retrouve plus pauvre encore qu’elle ne l’est.
Devant le peu d’intérêt que ces sujets ont provoqué ce matin, faut-il croire que les journalistes sont mal à l’aise de « fréquenter une personne vivant avec le VIH-sida » comme 56% des Canadiens ? Faut-il croire que la classe politique se désintéresse tout autant de la question ? Parce que les efforts que la COCQ-sida fait depuis 2005 pour réunir une table de travail sur les questions de discrimination n’ont pour l’instant donné que des tapes sur l’épaule et des encouragements bien sentis, mais du concret… on en est encore loin.
Il reste à souhaiter que la nouvelle vidéo de la COCQ-sida sur la discrimination sera largement diffusée sur les différentes chaînes de télévision et que les 260 personnes séropositives présentes au Forum Entre-nous 2007 sauront faire entendre leur ras-le-bol haut et fort. Dans une société qui se dit prête à « accommoder » tout le monde et son père pourquoi refuser tout accommodement aux personnes vivant avec le VIH ?
Albert Martin


