Nouvelles du Burundi

Texte publié le vendredi 4 novembre 2005.

Nouvelles du Burundi

Le Burundi s’associera prochainement à la communauté internationale pour célébrer la JMS (Journée Mondiale du Sida) le 01/12/2005.

Le thème étant : « Ne tournez pas le dos au sida », ce jour sera une occasion idéale pour nous les PVVS ,de réfléchir sur la place que nous occupons dans la bataille contre le VIH. Sera aussi une occasion de manifester encore une fois notre soutien au Gouvernement pour faire face à l’épidémie du VIH. Cependant, la plus grande responsabilité du Gouvernement étant de protéger la population contre la propagation de l’épidémie du sida et soutenir ceux infectés avec le vih, le réveil burundais est venu avec des retards à combler. Le Burundi reste en retard par rapport à d’autres pays. Il est à constater qu’il a pris un bon démarrage avec le financement du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme avec le projet RIBUP. C’est un projet de renforcement de l’initiative burundaise dans le domaine de la prévention et de la prise en charge des PVVS. Avec la mise en place d’un fonds National de solidarité thérapeutique, avec une dotation annuelle de plus ou moins 95.00 Euros, avec l’appui des partenaires comme le Fonds Mondial, la Banque Mondiale et d’autres, l’accès gratuit aux ARV est une réalité au Burundi. Mais le suivi biologique reste problématique.

Nous n’avons que deux associations et quatre hôpitaux spécialisés pour la prise en charge médicale des PVVS à travers tout le pays. Nous connaissons une carence prononcée du personnel soignant. Beaucoup de médecins burundais ont fui le pays vers l’étranger où on rémunère mieux. Le constat en est qu’en France il y a plus de Médecins burundais qu’il y en a au pays d’origine, même ici tout près de chez nous au Rwanda. Le Burundi connaît un exode massif de grands cerveaux vers l’étranger. Il s’ajoute le problème économique. La guerre civile au Burundi a affaiblit considérablement la population sur tous les plans. Pour les salariés, le « reste à vivre » qui est la somme mensuelle qui reste à la disposition de la personne est souvent bien inférieure à ses besoins ou inexistante.

On ne parvient plus à se faire soigner. Des cas malheureux s’observent dans les différents hôpitaux. On emprisonne des malades qui n’ont pas pu payer les frais d’hospitalisation et soins médicaux pendant leurs longs séjours à l’hôpital. Ce phénomène touche très fréquemment les gens vulnérables comme les PVVS. Ces personnes sont là et ne doivent leur survie qu’à la providence. Dieu seul sait comment ces gens sont encore en vie. De temps en temps, certaines ONG locales ainsi que d’autres bienfaiteurs font libérer l’une ou l’autre personne, chanceuse aujourd’hui, alors que le lendemain d’autres malades vont subir le même sort. Devant une telle situation aussi dramatique, la communauté internationale ne devrait pas fermer les yeux ou tourner le dos.

Comme ma sœur Françoise de la RDC qui vous interpellait dans sa note du 24/09/2005, je voudrais de mon coté porter à la connaissance de toute personne désireuse de donner sa contribution quelle qu’en soit sa nature, les difficultés que nous rencontrons au quotidien ici au Burundi. Une solidarité internationale est plus que nécessaire. Un geste provenant des pays nantis pourrait sauver pas mal d’individus dépourvus de moyens de subsistance. L’action dans le domaine du sida doit être partagée. « Un bien léger est celui partagé à plusieurs ».

A très bientôt , Albert.

Pierre



Forum

  • > Nouvelles du Burundi
    9 mai 2006, par frequencevih

    Les régions à forte concentration humaine résolues à mettre en place une caisse de solidarité thérapeutique.

    Tel est le cas de l’entreprise SOSUMO, société sucrière du MOSO, située au sud-Est du Burundi. Cette entreprise compte environ 3.000 employés qui habitent la cité à forte densité humaine. Plus de 10.000 habitants se trouvent concentrés dans une superficie de moins de 3 km2. Il est donc fort normal que, la promiscuité aidant, la pandémie du sida s’ensuive et le personnel de l’usine soit exposé. Aussi, le risque de contamination des milieux environnants est extrêmement élevé dans cette région.

    Face à ce danger, le personnel de cette usine a commencé timidement à s’organiser pour mener une action de sensibilisation à la lutte contre le sida au sein de cette entreprise mais les autorités de l’usine ont accueilli froidement cette initiative.Le comble de l’insouciance mêlée à l’ineptie pour un État qui soutire chaque année de cette entreprise environ 7 milliards de FBU, se montre par le manque d’intérêt envers ce gravissime danger qui mine cette société. Ce n’est qu’en 2002 que les autorités de cette entreprise ont permis au personnel de mettre sur pied une caisse pour s’entraider et lutter contre le VIH/SIDA mais elle n’a été fonctionnelle qu’en 2004.

    Les objectifs visés par cette caisse sont :

    - Aider les malades à se faire soigner
    - Permettre aux malades d’acheter les médicaments
    - Assurer la prise en charge psychosociale
    - Contribuer à l’organisation des activités de sensibilisation de la population afin de percevoir le danger du vih/sida.

    Les effets de cette pandémie ont commencé à se manifester en 1995 par des cas de décès. Mais suite à l’enclavement géographique qui influe sur le psychique, la population de cette région a commencé tardivement à être consciente de la présence de ce fléau. Certaines personnes manifestent même la volonté de connaître leur sérologie mais, hélas, les centres de dépistage manquent cruellement dans cette zone. L’absence de centres de dépistage prive alors les malades de leur prise en charge ce qui complique dangereusement leur état de santé jusqu’à ce que la mort les emporte. Selon le responsable de l’infirmerie de cette usine, qui fait savoir qu’il a enregistré 16 cas confirmés désespérés en l’espace de 3 mois, il sied de tirer la sonnette d’alarme pour que le Gouvernement vienne en aide à cette population en proie au VIH/SIDA.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    27 avril 2006, par frequencevih

    L’Église catholique hausse le ton et les PVVIH crient à la stigmatisation.

    Dans sa logique de contribution à la lutte contre le VIH/SIDA, l’Église catholique burundaise avait pris une mesure unilatérale de ne plus célébrer la messe d’un couple dont la fille est enceinte.

    Jusque là tout le monde croyait à une manière camouflée d’amener les burundais à respecter les valeurs ancestrales et partant, de contribuer dans toute sa particularité à la lutte contre le vih/sida, un mal que l’Église ne devait pas passer sous silence, surtout qu’il emporte des fois ses fervents chrétiens, même au sein du pastorat. Et dans ses explications, elle affirme se concentrer à aider les jeunes à bien gérer leur sexualité. Mais il y a lieu de croire à une Église catholique qui veut imposer l’état de virginité de la jeune fille avant de contracter le mariage, pratique tolérée pourtant par nos ancêtres il y a 100 ans.

    Face aux contestations qui fusent de partout dans les organisations ou associations de la jeunesse, l’Église catholique burundaise s’entête opiniâtrement. Le refus est catégorique : plus jamais de célébration de mariage dont la fille est enceinte ! Comme pour tâter le pouls, l’Église catholique burundaise va plus loin encore dans ses exigences (qui lui sont familières d’ailleurs) et annonce la mesure de ne plus célébrer la messe des mariés qui ne présentent pas les papiers attestant leur état sérologique. Implicitement, elle vient de refuser le mariage au couple séropositif.

    Malgré les contestations des associations des PVVIH dont la principale dénommée RBP+ (Réseau burundais des personnes vivant avec le VIH/SIDA), l’Église catholique campe fermement sur sa position. Ces associations des PVVIH sont aujourd’hui inquiétées par cette exclusion prônée par les hommes de Dieu surtout en matière d’amour, oubliant que les PVVIH restent des humains sensibles qui ont le devoir social de se marier surtout lorsqu’elles en éprouvent le besoin. L’Église catholique qui est restée statique dans sa législation ignore même à présent les progrès de la médecine qui protège l’enfant contre le VIH/SIDA à la naissance même s’il est issu des parents séropositifs. Cette inquiétude des PVVIH devient accablante chez les couples qui ignorent leur sérologie et qui, une fois dépistés, se révèle positive. Dans ce cas, l’Église catholique leur déconseillera le mariage et elle aura alors contribué à l’éclatement de la société burundaise qui ne manquait pas de facteurs de distanciation dans sa nature profondément divisée.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    20 avril 2006, par frequencevih

    La protection des enfants contre le VIH/SIDA, une priorité du Gouvernement burundais

    D’aucuns se demandent pourquoi le Burundi s’embarque si tardivement dans la lutte contre le VIH/SIDA et se trouve si profondément ébloui tel un oiseau ténébreux au contact de la lumière.

    Les politiciens burundais, par esprit du moindre effort, ne manquent pas de réponses teintées d’humour même en face des malades sur leurs lits mortuaires : la crise d’octobre 1993 est la principale cause de cette passivité de l’État face à ce danger, disent-ils. D’après une enquête récemment menée dans 15 des 17 provinces du Burundi, il y a plus de 842,077 enfants orphelins dont 250,000 le sont à cause du SIDA et parmi ceux-ci 30,000 enfants vivent avec le VIH/SIDA. C’est cette réalité qui crève les yeux, de peur de compromettre l’avenir du pays, qui amène le gouvernement à s’investir davantage dans la lutte contre ce mal social pour protéger les catégories les plus vulnérables dont les enfants. Parmi les stratégies à envisager, le pouvoir en place veut :

    - impulser un nouvel élan dans la maîtrise de la pandémie

    - améliorer les stratégies de lutte initialement arrêtées et bâties.

    Ainsi, la lutte se fonde dorénavant sur la prévention, la prise en charge, l’allègement de l’impact et le renforcement des capacités. Dans cette perspective, tous les enfants infectés ou affectés bénéficieront désormais d’une prise en charge leur permettant de survivre dans leurs familles d’accueil.

    Aussi, une lutte préventive s’avère indispensable avant la naissance. Soulignons également que le gouvernement s’engage à mettre en place une législation spéciale qui protège les enfants vivant avec le VIH/SIDA dans leurs biens familiaux. Cette campagne de lutte contre le VIH/SIDA tout en mettant un accent particulier sur les enfants infectés est une opportunité qui amène la jeunesse à nourrir l’espoir que désormais la pandémie du SIDA, ses risques et son impact deviennent une préoccupation quotidienne du gouvernement, de la communauté, des familles et de tous les partenaires sociaux. C’est pourquoi le gouvernement s’est fixé le pari d’arriver à :

    - une réduction de 25% des nouvelles infections

    - 80% du taux de couverture de la prévention de la transmission du VIH/SIDAde la mère à l’enfant

    - assurer un traitement médical adapté aux enfants infectés et des services d’aide et de soutien aux orphelins et enfants affectés par le VIH/SIDA

    Cette campagne aura été donc une occasion de s’unir dans un nouvel engagement de solidarité pour faire face au défi et à la menace qu’engendre la pandémie du sida pour tous les enfants au Burundi.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    19 avril 2006, par frequencevih

    Le traitement et la protection des enfants contre le VIH/SIDA : une préoccupation de l’État burundais.

    Le sida est devenu, du jour au lendemain un mal et un fléau social qui frappent au plein coeur des familles conjugales. Depuis les années 1980, les victimes se comptent chaque année par milliers. Les effectifs d’orphelins infectés ou non gonflent démesurément. Certains, au risque de crever de faim, s’adonnent aux métiers sales qui aggravent les probabilités de contamination. Face à ce danger sans cesse croissant, le Gouvernement burundais est resté sensible au gravissime fléau en voie de priver le pays de ses fils et filles. C’est avec grande joie que la jeunesse burundaise vient d’accueillir le plan d’action national de la campagne « les enfants et le sida » pour la période 2006-2010.

    Cette campagne vise à mettre les enfants au centre des considérations relatives au traitement, à la protection, à la prévention et à l’ assistance médicale durant la grossesse. Elle permettra d’ici l’horizon 2010 de placer les enfants au centre des programmes nationaux articulés autour de quatre priorités telles que :

    - prévenir les transmissions du vih de la mère à l’enfant

    - procurer un traitement pédiatrique

    - prévenir l’infection chez les adolescents et les jeunes

    - protéger et soutenir les enfants touches par le vih/sida.

    Cette campagne servira également de tribune pour placer les enfants au centre de toute activité de plaidoyer, dans l’intérêt de la jeunesse. Il importe de signaler que les conséquences du sida sur les enfants étaient sciemment ignorées dans toute largesse du gouvernement burundais. Cette campagne vient à point nommé surtout qu’elle répond à l’appel international lance en vue de réserver une attention particulière à l’enfant infecté à savoir « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA ». Cet acte combien salutaire pourra sans conteste alléger la souffrance des enfants orphelins ou vivant avec le VIH/SIDA puisqu’ils vont désormais bénéficier de la gratuité du traitement contre les infections du vih/sida. Chez les enfants, l’espoir de vivre encore renaît mais pourvu que ça dure. Le Ministère à la présidence chargé de la lutte contre le sida est donc interpellé à s’y investir beaucoup plus... pour que cette gracieuse et charitable action ne s’estompe aussitôt commencée.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    19 mars 2006, par frequencevih

    La vulnérabilité chez les femmes burundaises.

    Selon l’enquête nationale de séroprévalence, faite en 2002, le taux dans la population en général est de 3,2% pour les personnes de 12-14 ans, de 3,6% pour les 15-17 ans et de 3,9% pour ceux de 18 ans et plus.La séroprévalence est de 9,4% en zone urbaine, 10,5% en zone semi-urbaine et 2,5% en zone rurale.Il ressort de cette étude une plus grande vulnérabilité de la femme par rapport au VIH/SIDA.La séroprévalence globale chez la femme est de 3,8% alors qu’elle est de 2,6% chez l’homme. Parmi la population touchée par le VIH/sida, les femmes constituent la catégorie la plus vulnérable des vulnérables. Les taux de séroprévalence par strates en fonction du sexe en disent long.On recense 13% chez les femmes en zone urbaine alors que le taux est de 5,5% chez les hommes. En zone semi-urbaine, le taux est de 13,7% chez les femmes alors qu’il est de 6,8% chez les hommes.Ces différences remarquables s’expliquent par la transmission du VIH par violences et viols faits aux femmes suite au contexte de guerre. Il ne se passe aucune journée qu’on n’annonce dans des journaux des cas de viols de petites filles ou de vieilles mamans, commis par des soi-disant élus du peuple. Ces gens sortis fraîchement de la forêt, à qui on a inculqué l’esprit de désobéissance civile, violent l’interdit sans aucun scrupule et ne s’inquiètent de rien puisqu’ils sont protégés par les leurs au pouvoir. Nous observons manifestement un manque de rigueur dans la lutte contre ces violences.Les femmes sont interpellées pour des actions concrètes et musclées pour ramener le Gouvernement à prendre des mesures en vue de réprimer ces comportements.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    29 janvier 2006, par frequencevih

    Le viol, un crime banal sans châtiment (Renouveau n°6661 du 13/01/2006)

    En dépit de l’arrêt des tueries suite à l’accession du Mouvement rebelle (CNDD-FDD) au pouvoir, les viols sont de plus en plus nombreux au Burundi, touchant des milliers de femmes et de fillettes considérées comme des objets à prendre. Paradoxalement, ces violeurs sont rarement punis car la majorité sont des anciens militaires ou même en activité ainsi que des administratifs issus de ce mouvement. Les associations de droits de l’homme s’insurgent. Au plus fort de la guerre civile qui a éclaté en 1993, les femmes ont été l’objet de toutes les agressions. Elles ont été contraintes de se regrouper dans des camps des déplacés, privées de leurs droits par manque de responsabilité de l’État, elles se livrent au vagabondage sexuel, s’exposant ainsi au VIH/SIDA. A l’Est du Burundi, dans la province RUYIGI, frontalière avec la Tanzanie, 129 femmes testées séropositives sur les 300 personnes qui ont fait le dépistage du VIH ont été victimes d’un viol en 2005. Un chiffre effrayant, significatif de l’ampleur prise par les viols dans le pays. Mais les chiffres ne disent pas tout. Le phénomène est difficile à mesurer et les statistiques très incomplètes. A la police nationale, on avoue qu’il est difficile de rassembler ces données, les commissariats de l’intérieur du pays n’incluent pas souvent les violences sexuelles dans les rapports de sécurité. Même difficultés signalées par des responsables des associations et de ligues de droits de l’homme. Selon le centre SERIKA, appuyé par MSF-Belgique, plus de 1340 cas de viol ont été recensés de janvier à Novembre 2005. Ce chiffre est pourtant loin de refléter la réalité. Cependant, l’ampleur du problème n’est pas toujours connue. Dès lors que l’on n’est pas encore frappé, on a tendance à minimiser le danger. Certains burundais, y compris les femmes qui ne comptent pas encore de victimes parmi leurs proches, mettent ainsi les viols sur le compte de tenues qui en laissant voir les parties du corps inciteraient les violeurs à passer à l’acte. Il faut que le crime de viol surtout sexuel soit puni sévèrement afin de s’en défaire définitivement.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    23 janvier 2006, par frequencevih

    Discrimination des PVVIH dans les soins de santé.

    Des représentants des PVVIH de la province Gitega ( centre du Burundi) déplorent une attitude affichée par certains prestataires des soins médicaux, particulièrement le personnel soignant qui considère encore les personnes infectées du sida comme des malades de trop.

    Ce comportement compromet ainsi une prise en charge médicale et psychosociale, a-t-on appris lors des témoignages faits par les PVVIH qui participaient à une formation sur leurs droits et devoirs. Organisée par le centre d’Entraide et de développement (CED-Caritas) en collaboration avec l’unité sectorielle de lutte contre le sida du Ministère de la santé Publique. Cette formation de 5 jours a pour objectif de sensibiliser les représentants des PVVIH sur le comportement adéquat à adopter pour éviter la propagation du virus. La prise en charge médicale est assurée mais reste encore freinée dans certaines structures sanitaires par une attitude de méfiance affichée par certains prestataires de soins vis-à-vis des malades du sida.

    Par ailleurs, certains personnels soignants n’ont pas le bagage suffisant pour assurer des prestations de qualité. On déplore également la rupture des stocks des médicaments contre les infections opportunistes habituellement fournis par le CED-Caritas. Également des inquiétudes risquent d’être réalités pour des ruptures des ARV au niveau national car la commande de ceux-ci a tardé suite aux négligences du personnel désigné à suivre le réapprovisionnement de ce stock.

    Malgré les cas de défaillance observés ici et là, des efforts appréciables sont consentis par nombre d’associations et structures sanitaires au niveau de la prise en charge des PVVIH. C’est grâce aux soins médicaux offerts régulièrement que nombre de PVVIH se réjouissent d’avoir vécu plusieurs années avec le virus sans développer la maladie.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    8 janvier 2006, par frequencevih

    ...Les larmes de plaisir

    Le bougre se croyait très fort, "spécialiste", la jeune fille émettait des cris de plus en plus aigus... Mais la surprise du monsieur fut grande lorsqu’il sentit des larmes mouiller sa poitrine. Alors, il vit que la jeune fille était en train de pleurer, non par de larmes de plaisir, mais des larmes de douleur.

    Avec lui, c’était pour la première fois qu’une jeune fille pleurait de douleur, intrigué, il voulait savoir pourquoi et, par bribes , les paroles sortirent, simples, cruelles. "Ma mère est très malade, et elle est à l’hôpital Prince Régent depuis plus de 6 mois. Elle a beaucoup maigri, on ne sait pas ce qu’elle a, les médecins ne la soignent plus, j’ai deux frères de 10 et 8 ans, ils vendent des cacahuètes, je ne connais pas mon père, ma mère n’en parle jamais. Le père de mes frères était Zaïrois, il est mort l’année passée après une longue maladie, c’était un chauffeur. Depuis, nous avons déménagé chaque mois, chassés pour cause de non paiement de loyer. Avant de tomber malade, ma mère vendait des tomates au marché. Maman dit qu’elle vient du Nord du pays, ma grand-mère est paraît-il très riche, elle a beaucoup de plantations de caféiers. J’ai demandé à ma mère pourquoi on n’irait pas vivre chez elle, mais ma mère m’a dit que ses parents ne la reconnaissent plus, car c’est une fille-mère. Elle les a déshonorés. Maintenant, je dois me débrouiller seule pour élever mes frères, payer le loyer de cette chambrette et les frais d’hospitalisation de ma mère. Allez-y, monsieur, ne pensez pas à moi, je suis habituée.Prenez votre plaisir, ne regardez pas mes larmes. Je pleure chaque fois que je fais ça, excusez-moi, je ne vais plus pleurer, je vais me contenir."

    Alors, le bougre qui se croyait maître dans l’art de faire pleurer de plaisir les filles, se leva, honteux, sur le lit en bois, la petite fermait les yeux, soumise, offerte. Le monsieur déposa un billet de 500 Fbu (0,50 euro) sur la poitrine de 14 ans, sortit et remonta l’avenue d’où il est venu.

    (signé KATIHABWA S.)

    Toute femme, quelle que soit sa situation sociale, sa foi, la couleur de sa peau, sa culture ou son âge, est exposée au risque d’être violentée ; le plus souvent par les hommes de son entourage familial. Le bougre connaissait bien la famille de la jeune fille, au lieu d’avoir pitié d’elle, il a eu l’instinct sauvage de satisfaire prioritairement ses plaisirs sexuels. Ce genre de violence a toujours ou presque été largement occultée, voire niée, mais on remarque l’accroissement statistique important de cas de viols faits aux femmes démunies ou aux jeunes filles devenues orphelines à cause du sida qui sont contraintes d’avaler cette pilule amère car elles ne savent plus à quel saint se vouer.

    Les radios privées tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur le phénomène de détournement des mineurs et les cas de viols.Dans le journal du 31/12/2005, il est fait état d’un monsieur que les militaires ont attrapé avec une mineure mais eu égard à ses fonctions, il aurait été relâché. On peut se demander pourquoi la loi si prompte et si lourde pour l’économiquement faible devient indulgente proportionnellement à l’épaisseur du portefeuille de celui qui l’enfreint.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    29 décembre 2005, par frequencevih

    L’année 2005 a connu un bilan positif dans la lutte contre le VIH/SIDA au Burundi.

    Lors de l’Assemblée Générale du Conseil National de Lutte contre le SIDA (CNLS) ,son président et homme fort burundais ,Pierre NKURUNZIZA, s’est déclaré satisfait du bilan de la réalisation du CNLS. Il a par ailleurs émis le souhait que l’exercice 2006 soit consacré réellement à la consolidation des structures décentralisées en vue d’une prise en mains totale et effective de la lutte contre ce fléau.

    Il est à noter que sur l’axe de la prévention, le CNLS fait état de 55.957 cas dépistés dont 874 femmes enceintes et 688 nouveaux -nés des mères séropositives qui ont été soumis au traitement prophylactique ARV. Aussi, les statistiques montrent que 5.227 PVVIH ont bénéficié au cours de cette année des antirétroviraux dans le souci d’une prise en charge médicale et psychosociale qui devrait normalement être élargie gratuitement à tous les PVVIH .Il serait aussi superflu de passer sous silence cet acte on ne peut plus gracieux de prise en charge de 24.630 cas d’infections opportunistes. Dans la foulée des réalisations, un plan opérationnel pour l’accélération de l’accès aux soins des PVVIH a été lancé au mois de mars. A cela s’ajoute la prise en charge psychosociale de 20.714 cas de PVVIH dans les structures associatives. Au niveau de l’axe du renforcement des capacités institutionnelles, le CNLS affirme que 165 nouveaux sous-projets ont été financés par le projet Multisectoriel de lutte contre le sida et d’appui aux orphelins ce qui a porté le nombre de sous-projets en cours d’exécution à 255. Aussi, dans le cadre de la réhabilitation de 5 provinces sanitaires par le FED ,un site de traitement aux ARV et de prévention de transmission mère-enfant sera bientôt ouvert en janvier 2006 en province de RUTANA à l’ Est du pays où dans l’urgence, un séminaire de formation des 60 infirmiers sur la prise en charge globale des PVVIH et la prise en charge des infections opportunistes.

    Bien que le Gouvernement burundais et les ONG ayant comme mission la lutte contre le VIH/SIDA ont sensiblement appuyé les PVVIH , l’espoir de congédier ce mal est loin de se pointer à l’horizon, si on considère les effectifs sans cesse croissant des PVVIH et l’inconscience de la population face aux dangers multiples en présence qui, malheureusement, se livre gratuitement aux diverses formes des violences sexuelles.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    27 décembre 2005, par frequencevih

    Les hôpitaux de Bujumbura emprisonnent encore une fois les malades qui ne parviennent pas à payer les factures de soin et d’hospitalisation.

    Il y a plus de 12 ans que le Burundi vit au rythme de la Kalashnikov. Actuellement, il y a un semblant de paix et de sécurité après des élections où le citoyen a voté par peur et dans le but de sauver sa tête.

    La misère et la maladie ont élu domicile chez les gens et beaucoup d’entre eux doivent leur survie à l’aide humanitaire. Des âmes charitables existent encore et s’organisent pour sauver la vie des gens malheureux. Le Réseau Burundais des PVVIH (RBP+) avait organisé une opération dans les hôpitaux avec un kit alimentaire destiné à leurs membres pour célébrer Noël dans la gaieté. Le Conseil National de lutte contre le SIDA (CNLS) devrait financer cette initiative. Malheureusement, nous avons appris avec surprise à la dernière minute que le financement n’aurait pas lieu. Le Réseau est indigné quand plus de 60% des malades hospitalisés sont des malades de sida. Au moment où les hôpitaux sont surpeuplés, nos malades pleurent sur leur triste sort n’ayant plus assez à se mettre sous la dent ou payer les factures des soins. Malheureux est celui qui meurt à l’hôpital sans le sou.

    Le surpeuplement dans ces établissements pose de sérieux problèmes. Le personnel soignant se plaint d’une surcharge de travail alors qu’il n’est pas rémunéré en conséquence. Des grèves s’observent pour revendiquer une augmentation de salaire. D’autre part, on emprisonne des malades pour les contraindre à payer leur facture. L’hôpital est devenu une prison pour le pauvre. La réputation des établissements reste tout de même entachée par l’image que s’en fait le malade qui ne peut quitter sans payer pour la totalité des actes médicaux qu’on lui a administrés. Nous savons que tous les secteurs du pays ont connu des crises économiques. Mais ce n’est pas en emprisonnant les malades et les cadavres qu’on résoudra la crise économique au Burundi. Il n’y a rien de plus cruel que d’exiger d’un cadavre qu’il honore ses factures avant de regagner sa dernière demeure.

    CODE D’ETHIQUE ET DE DEONTOLOGIE DU SYNDICALISTE ENSEIGNANT SUR LA LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA AU BURUNDI. ( tiré dans le quotidien Le Renouveau du 30/11/2005 n°6629)

    A côté des autres obligations classiques auxquelles le leader syndicaliste enseignant est confronté, à savoir sa noble tâche d’éduquer la jeunesse pour un avenir meilleur, la problématique du VIH/SIDA l’engage aussi et de plus en plus. C’est dans ce cadre que les syndicats des enseignants sous les auspices de l’UNESCO et de l’ONUSIDA ont élaboré conjointement un code d’éthique et de déontologie du syndicaliste de l’enseignement engagé dans la lutte contre le sida qu’ils sont entrain de diffuser. La présence des personnes infectées et/ou affectées par le sida dans les milieux scolaires entraîne de nouvelles interactions sociales. Ces personnes sont souvent victimes de discrimination et de stigmatisation ,ce qui exige que l’enseignant soit à la fois formateur, éducateur, et surtout assistant social, rôles pour lesquels il n’est pas nécessairement préparé. En effet, le stess, la maladie, l’absentéisme et le décès liés au VIH ont un impact grave sur les écoliers, les élèves et les enseignants à tel point que le système éducatif est profondément touché. Ce code d’éthique et de déontologie est le résultat d’une large concertation entre délégués syndicaux réunis en atelier qui se sont déroulés dans 5 régions du pays. Il comporte 25 articles qui se retrouvent dans 5 chapitres : le premier traite des principes fondamentaux qui régissent le syndicaliste enseignant engagé dans la lutte contre le VIH, sa définition, ses instruments de base, ses missions , ses incompatibilités et interdictions. Le deuxième parle du fonctionnement et de la gestion d’un syndicat engagé dans la lutte contre le sida. Le troisième concerne la collaboration avec les autres partenaires, le quatrième est axé sur les sanctions et le cinquième sur les dispositions finales. Mais la prévention et la prise en charge sociale ne suffisent pas pour lutter efficacement cette pandémie du sida car il faut aussi une prise en charge médicale des personnes infectées pour alléger l’impact du fléau sur les budgets familiaux. C’est pour cela qu’il est prévu la mise sur pied d’une caisse de solidarité thérapeutique des enseignants. Il reste à préciser la faisabilité et sa gestion.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    8 décembre 2005, par frequencevih

    La problématique des violences au Burundi.

    Lors d’un séminaire organisé ce 06 décembre 2005 par la Ministre Françoise de la Solidarité et des Droits de la personne humaine et celui de la Justice, la première a lancé la campagne de 16 jours d’activisme contre les violences sexuelles faites aux femmes (du 25 Novembre au 10 décembre 2005).

    Ayant constaté que le phénomène des violences sexuelles est une réalité qui crève les yeux, le Burundi a pris le ferme engagement de combattre la recrudescence de ce crime qui semble être banal même aux yeux des hommes de la loi. Malheureusement, beaucoup d’embûches parsèment ce long processus qui se veut d’abord psychologique avant toute entreprise de répression. Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugués des intervenants en matière de lutte contre ce fléau, les données recueillies témoignent que les violences sexuelles au Burundi ne cessent d’augmenter chaque année. A titre d’illustration, sur 983 cas en 2003 et 1.664 cas en 2004, 17% sont des enfants de moins de 10 ans. Il s’agit d’une urgence qui menace la population auquel il faut trouver des solutions sinon c’est la voie ouverte de la propagation du VIH.

    Il a été prouvé que parmi les violeurs figurent des personnes infectées du VIH/SIDA. C’est l’exemple des témoignages bouleversants faits d’abord par un garçon de ménage qui a été violé par son patron porteur du VIH. Après avoir porté plainte, la victime a été jetée en prison et aujourd’hui elle vient d’être dépistée séropositive. Ensuite, par une jeune écolière de 4ème année primaire de l’Ecole primaire de GASHIKANWA à NGOZI, une des provinces du nord du pays, qui a été prise de force par un militaire, ancien rebelle du CNDD-FDD (mouvement des rebelles qui vient de gagner les élections au Burundi). Ce militaire, actuellement enrôlé dans la police nationale était chargé de sécuriser l’école. L’enfant a été violée et comme le malheur ne vient jamais seul, elle est tombée enceinte et après dépistage, on trouve qu’elle a eu le virus VIH. Comme la quasi-totalité des victimes de violences sexuelles ne parvient pas à obtenir le traitement préventif, imaginez l’immense souffrance que cette enfant va supporter durant tout le reste de sa vie. C’est cruel. La victime qui vient d’être déshonorée dans ce qu’elle a de plus intime, estime qu’elle a déjà assez souffert sans en faire une autre publicité au risque de devenir la risée de la société. Elle est perplexe et se croit vomie par la société.

    Le centre SERUKA qui se charge de la prise en charge des victimes de viols sexuels dénonce la complicité des autorités tant administratives que judiciaires à la base qui, au lieu d’arrêter les malfaiteurs, se rangent des fois du coté des criminels pour couvrir de tels actes abominables et dégradants moyennant une somme d’argent à leur être versée. C’est cette complicité ignominieuse qui amène la Ligue des droits de l’homme « ITEKA » à s’insurger contre un tel comportement irresponsable de l’autorité burundaise, fut-elle à la base et d’appeler les victimes à s’adresser plutôt à la police. Cette ligue, comme toute personne qui a encore de la moralité, déplorent le fait que, même en flagrant délit, les auteurs se retrouvent en liberté après quelques jours de détention et reviennent narguer les victimes en toute impunité.

    L’autorité burundaise manifeste timidement la volonté de lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes. Mais tant que les barrières psychologiques ne seront pas brisées, cet acte continuera à se commettre dans l’impunité totale et, de cette façon, le VIH/sida atteindra rapidement des proportions effrayantes en très peu de temps. Il y a un projet de loi portant procédure spéciale de répression et peines applicables aux crimes flagrants de viols qui est là depuis une année sans être présenté pour analyse au gouvernement et au parlement.

    Pierre

    Réseau Fréquence VIH


  • > Nouvelles du Burundi
    6 décembre 2005, par frequencevih

    Le BURUNDI célèbre la Journée Mondiale de Lutte cointre le Sida.

    Ce 1er Décembre 2005, la Journée Mondiale de Lutte contre le Sida est célébrée dans toutes les provinces du pays. Tout l’appareil exécutif au plus haut sommet s’y était investi. Les ministres étaient déployés dans toutes les provinces tandis que le couple présidentiel s’était partagé la tâche puisque l’homme était dans une province du centre du pays (MURAMVYA) et la femme à l’Est (RUTANA).

    Au regard de cet attachement ministériel à la célébration de cette journée, on pourrait supposer que la pandémie du VIH reste une préoccupation du gouvernement burundais. Malheureusement à vouloir contenter tout le monde, on ne satisfait personne. Nous (les PVVIH), avons déploré que le gouvernement n’a pas fait suffisamment son devoir en matière de sensibilisation et la prise en charge des pvvih. Ces dernières n’ont même pas été conviées à cette fête. Nous nous sommes contentés d’une messe prévue et chantée ce samedi le 03/12/2005 à la cathédrale Régina Mundi. On nous a refusé la parole alors que depuis 5 ans, le Réseau Burundais des personnes vivant avec le vih (RBP+) avait obtenu un meilleur respect de ses membres. Cette attitude du gouvernement nous a choqués. Nous l’avons ressenti comme une discrimination insupportable.Cela faisait tant d’années que les PVVIH étaient associées à la préparation de cette journée car elle est la leur.Un message de circonstance était chaque fois lancé en direction du gouvernement. A mon avis, ce gouvernement a eu peur d’être pointé du doigt des manquements dont il est coupable durant l’année qui s’écoule. Nous recommandons à ce gouvernement qu’au lieu de rester au seul niveau des discours envoûtants, il devrait plutôt s’engager à :

    1° multiplier les équipes de sensibilisation jusqu’aux sous collines de recensement pour que toute la population sache réellement ce que c’est le sida et les différentes voies d’infection en vue de s’en prévenir. Élargir les programmes de prévention et de traitement et servir ceux qui en ont le plus besoin.

    2° augmenter le nombre de centres de dépistage dans toutes les communes

    3° créer des centres d’accueil pour les orphelins du sida

    4° apporter les centres de distribution des ARV à la population

    5° créer des activités génératrices de revenu pour occuper le pvvih

    6° encourager le personnel médical à dse spécialiser par des séminaires formation à la lutte contre le vih.

    7° éliminer les stigmatisations et discriminations fondées sur le statut vih, réel ou supposé

    C’est uniquement dans cette logique que le gouvernement burundais aura contribué efficacement à la lutte contre la pandémie du vih/sida. Au cas contraire, il aura beau échafauder des plans de lutte contre ce fléau, la propagation de ce virus continuera son chemin en se moquant des discours fleuves prononcés à son encontre.

    Pierre.


    • > Nouvelles du Burundi
      11 janvier 2010, par manu

      Merci de nous avoir fait partager cet article et bonne continuation pour la suite.

      Par Jeux


  • > Nouvelles du Burundi
    2 décembre 2005, par frequencevih

    Le Secrétaire Exécutif du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) rassure les PVVIH.

    Ce 28 Novembre 2005, dans un débat télévisé, le Secrétaire Exécutif du CNLS, Dr WAKANA se montre plus satisfait des réalisations faites par sa boîte et rappelle de 5 ans ses principales préocupations notamment :

    1° arrêter la pandémie du Sida 2° aider les infectés 3° soutenir les associations qui font de la lutte contre ce fléau leur cheval de bataille

    Aujourd’hui, rien n’est plus comme avant, puisque les centres de dépistages multipliés jusqu’à 127, apparemment répartis dans plusieurs zones géographiques, se sont attelés prioritairement à lever d’abord les barrières psychologiques qui faisaient de cette maladie un tabou et ensuite ont procédé au dépistage volontaire.

    Dorénavant, le dépistage volontaire est donc une réalité et on compte cette année plus de 56.000 cas dépistés. Seulement, le manque de Médecins formés en matière de lutte contre le VIH/SIDA et de matériel performant est un défi auquel font face les PVVIH. Aussi, les PVVIH qui nécessitent un traitement ARV n’accèdent pas facilement aux soins. Les longues distances qui séparent la résidence du malade et le centre de traitement découragent carrément les PVVIH qui préfèrent s’éteindre lentement à leur domiciles sans se rendre à l’hôpital. Le seuil de pauvreté qui mine notre société est un autre facteur favorisant le manque d’accès aux ARV surtout lorsqu’il s’agit de la population dont le revenu reste de loin inférieur à 10$ par an et par tête d’habitant.

    Pour l’année 2006, le CNLS espère atteindre un nombre de 30.000 PVVIH sous traitement ARV et projette de doubler cet effectif l’année suivante. Bien que plus confiant, le Secrétaire Exécutif du CNLS déplore que beaucoup de PVVIH restent à présent inaccessibles aux soins de santé et fustige le comportement de certains Médecins, malgré le serment"d’Hypocrate" prêté, qui refusent de servir les ARV aux malades arguant que c’est un lourd fardeau à leur confier qui nécessite normalement un certain encouragement financier. Le personnel soignant à tous les niveaux exige une motivation autant qu’il est impliqué dans le traitement des PVVIH.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    28 novembre 2005, par frequencevih

    Le Gouvernement burundais signe la Charte d’Engagement sur le VIH/SIDA.

    Au cours d’un Atelier sur la sensibilisation des décideurs politiques en matière du VIH/SIDA organisé par le Ministère à la Présidence chargé de la lutte contre le SIDA en collaboration avec le Conseil National de lutte contre le SIDA en date du 21/11/2005, le Gouvernement burundais s’engage résolument à combattre la pandémie du SIDA.

    L’intégration du volet VIH/SIDA dans la planification des différents secteurs de développement socio économique au sein de tous les Ministères est un fait probant qui ressort de la volonté manifeste émanant du haut de l’autorité de l’Etat. Le présent atelier a été aussi une occasion de constater que l’absence de politiques adéquates en matière de lutte contre le VIH/SIDA conduit à la dérive et annihile tous les efforts consentis dans les secteurs de développement. Le taux de séroprévalence augmente considérablement et le pays sombre inexorablement dans un cercle vicieux caractérisé par la décroissance de la production et la prosternation des PVVIH, ce qui risque de générer un conflit entre l’employeur et le travailleur vivant avec le VIH/SIDA.

    Au regard de cette situation, le suivi biologique des personnes infectées s’impose et une loi protégeant les droits des PVVIH devrait être amendée en tenant compte des avantages qu’en tireraient ces dernières. C’est dans ce cadre qu’une Charte d’Engagement sur le VIH/SIDA a été signée par les membres du Gouvernement qui réaffirment leur volonté de lutter contre le VIH en ces termes : « Forts de la détermination de notre pays à respecter les objectifs de la Déclaration d’ Engagement, nous, membres du Gouvernement, nous promettons de respecter et réaliser la promesse à la population burundaise et à la communauté internationale de lutter contre le VIH/SIDA. C’est pourquoi par la signature de cette Charte d’Engagement, chaque Ministre inscrit dans la politique et les activités de son Ministère la lutte contre le SIDA comme une priorité. »

    Mais tant qu’il n’y aura pas de politique commune en la matière, des actions isolées entreprises au sein des Ministères ne pourront jamais alléger la souffrance de la majorité des PVVIH et les moyens financiers s’y rapportant ne cesseront de gonfler les poches des planificateurs des programmes de lutte contre le SIDA , tant des Ministères que des ONG.

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    22 novembre 2005, par frequencevih

    Mariage précoce ou viol légalisé ?

    Une mère a marié sa fille de 14 ans à un quinquagénaire en échange d’un million de francs burundais (plus ou moins 950 euros).

    Ce scandale se passe dans un quartier sud de la capitale BUJUMBURA. Le mari violeur a offert des cadeaux à sa belle-mère avant de prendre la jeune fille qui devient sa 4ème femme aux côtés de ses 3 vieilles rivales. Celles-ci ont crié scandale le jour des noces et alerté l’Administration locale. Une d’elles aurait révélé sa séropositivité à une organisation locale de défense des droits des femmes et des enfants en vue d’éviter le pire mais c’était déjà trop tard. L’enfant venait de passer deux nuits chez le kidnappeur. La responsable de cette organisation a porté plainte contre le violeur et la mère complice. La dégradation de nos moeurs dépasse le seuil du tolérable. La perte de certaines valeurs sociales, jadis caractérisées par le respect de l’être humain, principalement l’enfant, s’observe régulièrement au Burundi et c’est déplorable. Quelle sanction faudra-t-il réserver à ces délinquants si par malheur l’enfant devient infecté par le VIH ?? On aura tout vu sur cette terre des hommes !

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    16 novembre 2005, par frequencevih

    L’actualité de cette fin d’année est riche et variée en rapport avec le VIH au Burundi. Tous les acteurs dans le domaine de lutte contre le sida au Burundi se préparent à présenter les bilans des activités réalisées tout le long de cette année qui pointe déjà à l’horizon.

    Le Conseil National de lutte contre le sida présidé par Mr Pierre NKURUNZIZA , Président de la République, vient de tenir sa réunion ordinaire ce lundi 14/11/2005. Il était question d’évaluer les points forts et les problèmes rencontrés pour jeter ainsi les bases d’une nouvelle riposte contre le VIH/SIDA. Mais la composition de ce Conseil n’inspire pas confiance aux PVVIH Ces dernières y sont très peu représentées. On s’imagine comment on pourra arriver à convaincre et influencer une décision qui avantagera les PVVIH si on est représenté à moins de 1% dans ce conseil.

    Les Parlementaires ne sont pas eux aussi en reste pour le combat contre le VIH. Réunis en session ordinaire de ce dernier trimestre 2005, ils n’ont pas oublié dans leur agenda, la question VIH. Des descentes conjointes des membres du Gouvernement et du Parlement vont être effectuées pour échanger avec les nouveaux élus de la base et les sensibiliser à la lutte contre le sida. Ceci prouve que la problématique VIH est incluse dans les priorités du Gouvernement et c’est un signe qu’il y a la volonté de tous de contribuer au riposte VIH. Des hommes d’Eglise sortent de leur inaction auparavant décriée. Un pasteur d’une Eglise protestante s’exprime sur l’usage du préservatif dans le quotidien burundais d’informations -le Renouveau- du 10/11/2005. "Dans certaines circonstances, il faut tolérer le préservatif. C’est lorsqu’un couple marié est infecté par le vih, il ne doit pas se séparer ou se priver des relations conjugales.... Les victimes du sida ne sont pas les grands pêcheurs, certains parmi eux sont des ssaints et d’autres sont victimes de l’irresponsabilité des autres."

    D’autres intervenants sont les entreprises privées. La plupart de ces entreprises commencent à adhérer à l’esprit de solidarité. Elles interviennent dans la libération des indigents retenus dans différents hôpitaux pour n’avoir pas pu payer leurs factures car le pays n’est plus en mesure de faire soigner les malades. Dans un pays profondément déchiré par la guerre civile, traumatisé par des violences inouïes, et des maladies de toute sorte (le sida en première position), la population locale et la communauté internationale en agissant de concert pourront donner ainsi un espoir d’un lendemain meilleur. Parmi ces acteurs, il ne faut pas ignorer le rôle des PVVIH. Celles-ci ne seront acceptées et intégrées que si elles font de la lutte contre le sida leur combat personnel et deviennent des acteurs plutôt que des victimes. On doit chaque fois se rappeler du dicton : "Tout ce que vous faites pour moi sans moi,vous le faites contre moi". Le Burundi est actuellement classé Bon Elève par l’ONUSIDA grâce à l’effort concerté de tous ces acteurs, principalement les plus concernés, les PVVIH regroupées en Réseau Burundais des PVVIH (RBP+). Il est vrai que beaucoup de nos camarades sont morts sans avoir bénéficié des ARV. Ce n’est qu’au début de l’année en cours que 5.227 PVVIH ont eu accès gratuit à ces médicaments grâce au gouvernement et au Fonds de Solidarité Thérapeutique International. L’arrivée de ces médicaments a nettement amélioré la situation de nos malades mais il n’y a pas de garantie de la pérennité de cette action. Si nous n’arrivons pas à faire des efforts pour nous prendre en charge, il faut savoir que ces aides extérieures ne sont pas intarissables.

    En attendant, nous vivons tant bien que mal !

    Pierre


  • > Nouvelles du Burundi
    14 novembre 2005, par frequencevih

    Autre texte de Pierre portant sur le projet de loi visant à "protéger" les séro+, en suivant ce lien


  • > Nouvelles du Burundi
    11 novembre 2005, par frequencevih

    Présence indésirable des forces onusiennes au Burundi :

    Une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies vient d’effectuer une mission d’évaluation des forces de maintien de la paix au Burundi après plus d’une année de vacances douces. Sur pression de la société civile, ladite délégation a accepté, sur demande du gouvernement, un désengagement progressif de ces forces. C’est un terme diplomatiquement choisi à bon escient pour voiler la face des représentants d’une Institution internationale pour le rôle négatif qu’ils ont joué durant leur séjour dans notre pays.

    Au moment où le monde entier se mobilise pour combattre le sida, ces unités déployées par les Nations Unies au Burundi (ONUB) ne cessent de contribuer à la détérioration de nos moeurs et à la propagation du VIH. A voir comment ces soldats de l’ONUB s’affichent un peu partout dans le pays à la recherche de jeunes filles surtout mineures, on peut se demander si réellement la mission de l’ONU au Burundi n’a pas échoué. C’est scandaleux dans les rues de Bujumbura à la tombée de la nuit, où des demoiselles avec des mauvaises tenues s’entassent et sont interpellées pour prendre de grands airs avec ces soldats qui les laissent plus tard après avoir profité de leurs charmes. On dit que les rapports sexuels se négocient avec ou sans préservatifs du simple au double suivant l’un ou l’autre choix. Ces soldats, à majorité venus d’Afrique du sud où le taux de prévalence est considérablement élevé au niveau Afrique, brandissent l’immunité onusienne et ne sont soumis à aucune réglementation burundaise pour se permettre du n’importe quoi dans un pays indépendant. Pendant cette période qu’ils viennent de passer au pays, des enfants sont nés des unions clandestines, des cas de décès ont été observés suite aux violences sexuelles commises par groupe de militaires ; cinq ou six militaires se relaient sur une seule fille jusqu’à sa mort. Les autorités locales laissent faire et ne peuvent rien faire. Elles ont besoin d’asseoir leur pouvoir qui restera toujours fragile car le fardeau de génocide qu’elles portent sur leurs dos ne s’effacera pas par simple mea culpa !

    Il était grand temps pour les autorités de l’ONU de mettre fin à cette pagaille.

    Pierre


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